Critique – Les premiers les derniers

Après avoir gagné deux prix à la Berlinale (le prix Europa Cinemas Labels et le prix Œcuménique), Bouli Lanners revient dans ses contrées belges pour la promotion de son nouveau film. Critique de ce long métrage déjà promis à un bel avenir.

Avec des réalisations centrées sur des personnages en marge de la société, Bouli Lanners est parvenu à conquérir son public belge et étranger. En 1999, son court métrage Travellinckx suit, sous la forme d’un road-movie, Didier, un artiste au chômage. Fort de ce premier succès, Bouli Lanners se lance dans des longs métrages, tous récompensés. Ultranova (2005) est primé au festival de Berlin tandis que Eldorado (2008) et Les géants (2011) remportent différents prix à Cannes. Parallèlement à sa carrière de réalisateur, Bouli Lanners a également donné la réplique pour des films belges comme Je suis mort mais j’ai des amis des frères Malandrin (2015), Tous les chats sont gris de Savina Dellicour (2014) ou encore des comédies françaises telles que Astérix et Obélix : Au service de sa majesté de Laurent Tirard (2012).

Affiche film

La question de l’échéance

Les premiers les derniers présente Cochise (Albert Dupontel) et Gilou (Bouli Lanners), deux inséparables chasseurs de prime à la recherche d’un téléphone portable au contenu sensible pour son propriétaire. Durant leur enquête, ils font la rencontre d’Esther et Willy, un couple en cavale pour qui la fin du monde est proche. Ces deux duos, Bouli Lanners les insère dans un western apocalyptique : un ciel sombre, un aérotrain et des bâtiments laissés à l’abandon où Cochise et Gilou se frottent au gang du coin. Ces différents paysages laissent présager que les protagonistes sont les derniers hommes sur terre. Cependant, si le film commence dans un monde à l’agonie où la solitude et le doute sont présents, ce n’est que pour y apporter une vision optimiste et pleine d’espoir.

Les premiers les derniers aborde la question de l’échéance en opérant un parallélisme entre l’extinction de la planète ressentie par le couple en cavale et les derniers jours de Gilou, atteint d’une pathologie. Cette échéance empêche de vivre, mais, petit à petit, les êtres s’ouvrent les uns aux autres et l’humanité retrouve le sourire. De son côté, Gilou, passé près de la mort, ne se concentre plus sur sa propre personne et s’étonne du travail laborieux que s’inflige le propriétaire de l’hôtel avec les plantes. Pour ce dernier, la réponse est simple : « Vivre, ce n’est pas seulement respirer ». Cette réplique, pleine de sens, marque la première éclaircie du film. En effet, vivre, c’est beaucoup plus que respirer. Vivre, c’est aimer. Vivre, c’est s’étonner. Vivre, c’est agir et continuer d’avancer même lorsque les médias nous relatent des atrocités.

De vraies gueules de cinéma

Dans ce film, Bouli Lanners arbore une tendresse infinie pour des personnages qui bouleversent durablement. Le personnage de Gilou est interprété par le réalisateur lui-même. Il est accompagné d’Albert Dupontel pour jouer son associé, Cochise. Il y a aussi Aurore Broutin et David Murgia qui incarnent le couple Esther et Willy. Les deux acteurs jouent magnifiquement l’innocence et la déficience mentale de leur personnage. Le film est ensuite sublimé par Suzanne Clément, Michael Lonsdale et Max von Sydow présent au casting de Star Wars, épisode VII: Le réveil de la force (2015).

Au final, que ce soit par les images ou par le casting, Bouli Lanners signe une œuvre maîtresse que je vous conseille de voir de toute urgence. Si je ne vous ai pas encore convaincu, lisez ces autres critiques:

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Critique – Les premiers les derniers
Avec Les premiers les derniers, Bouli Lanners signe son œuvre maîtresse
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Les décors
  • Le casting
On aime moins
  • Rien
3.8L'avis
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