Critique – Split

Avec Split, entrez dans la tête de Kevin, l’homme aux 23 personnalités. Notre avis sur le nouveau M. Night Shyamalan.

Split, c’est l’histoire de Kevin (James McAvoy, Dr Frankenstein, X-Men Apocalypse) qui n’est pas tout seul dans sa tête. C’est même la surpopulation là-haut puisqu’il a déclaré 23 personnalités très différentes : hommes, femmes et enfants. Pour veiller sur lui, il y a le Docteur Karen Fletcher (Betty Buckley), grande spécialiste des troubles de la personnalité multiple. Apparemment l’homme s’en sortait plutôt pas mal puisqu’il avait même trouvé un emploi stable. Mais il semble faire une petite rechute. Sur un parking, il kidnappe 3 adolescentes qu’il enferme dans un mystérieux sous-sol. Et lors de ses séances de thérapie, il annonce qu’une 24ème personnalité est sur le point de faire son apparition. Le corps de Kevin peut-il encore abriter quelqu’un d’autre ?

Libre dans sa tête ?

Le dernier Shyamalan, c’est toujours un événement et on s’attend à tout plein de sens cachés et de révélations qui vont nous faire crier « Nooooon, pas possible ! » à la fin. La bande-annonce me faisait déjà à moitié sursauter et je n’était que moyennement rassurée en prenant place sur mon fauteuil.affiche split

Mais je rassure tout de suite les âmes sensibles qui se méfient à la vue d’un « Interdit aux moins de 12 ans ». Split n’est pas un film d’horreur mais plutôt un thriller vaguement horrifique. L’angoisse saisit dès le début, où Kevin / Dennis kidnappe 3 jeunes filles avec une froideur chirurgicale. L’endroit où elles sont enfermées est un labyrinthe bas de plafond sans fenêtres, qui rappelle un peu le décor de 10, Cloverfield Lane. Une petite musique stressante sur tout ça et le réalisateur n’a même pas besoin de recourir au jump scare – ou si peu.

Dans cet endroit lugubre, les filles, Marcia (Jessica Sula, Skins, Lucifer), Claire (Haley-Lu Richardson, The Last Survivors) et Casey (Anya Taylor-Joy, Morgane) découvrent bientôt que leur ravisseur est chaque jour différent : un psychopathe, une femme stricte ou un petit garçon de 9 ans. A la captivité des jeunes filles répond celle des personnalités de Kevin, prisonnières d’un corps dans lequel chacune veut « être dans la lumière ».

Numéro de transformiste

James Mcavoy, je dois dire, porte aussi bien la jupe midi que le jogging fluo et la chemise en flanelle. Oui, il est aussi crédible en Barry, qu’en Dennis ou en Patricia. Au delà de la violence suggérée et des travers des 23 êtres qui habitent son corps, ce qui m’a subjuguée dans Split c’est le jeu précis de l’acteur et sa capacité à se transformer avec rien ou presque. J’ai cherché quel autre acteur aurait pu jouer ce rôle. Oui, qui d’autre que McAvoy, acteur britannique efficace mais néanmoins discret, pouvait faire ça ? Peut-être Edward Norton pour son petit côté Hulk ?… Difficile à dire tant il est parfait. Son visage fermé et son sourire tremblant glacent le sang. Avec Split, James McAvoy aurait-il trouvé le rôle de sa vie (et un Oscar l’an prochain) ?anya taylor-joy dans Split

L’autre héroïne du film, Casey Cook, jouée par la jeune Anya Taylor-Joy, aurait pu ne pas exister face à un tel personnage (et un tel acteur). Mais Casey est une ado mystérieuse, qui surprend le spectateur autant que Kevin. Nous découvrons son histoire très particulière au gré de flashbacks bien placés. Nous progressons pas à pas dans l’histoire du kidnappeur et de sa victime, qui vont se rencontrer dans un final inattendu (mais pas l’inattendu auquel on s’attendait. Vous me suivez ?).

La bête humaine

Le monde animal et l’animalité de l’homme sont des thèmes très présents dans Split. La personnalité qui émerge dans le corps et surtout la tête de Kevin est surnommée « La Bête », alors que les autres ont des prénoms. On dépasse l’humain et on est presque dans le surnaturel. On pense à la Bête du Gévaudan, une créature nimbée de mystère, tueuse d’hommes et d’autant plus terrifiante que personne ne parvient à la voir.

La jeune Casey est fille de chasseur et si elle a quelques notions de survie en forêt, elle est ici la « proie » de Kevin. Elle conseille a l’une de ses colocataires de fortune de s’uriner dessus pour échapper aux mains de Denis le psychopathe. Une technique utilisée sans doute face à des animaux sauvages. Split est interprétable de mille façons et le réalisateur aime jouer avec les symboles. Je suis même tentée par un second visionnage, juste pour voir si un des détails ne m’aurait pas échappé. Bref, Split c’est un excellent thriller, puissant, haletant et très subtil

Pour d’autres articles, je vous conseille celui de Slate, qui propose non pas une critique de Split mais une véritable interprétation.

Critique - Split
Un thriller bien mené et superbement joué.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • James McAvoy jsute bluffant
  • Anna Taylor-Joy pas mal non plus
  • L'intrigue haletante
On aime moins
  • Euuuuhhhhhh
4.5L'avis
Note des lecteurs: (2 Votes)