Critique – Je compte sur vous

Cinq ans après son premier long métrage, Tête de Turc, Pascal Elbé revient avec Je Compte sur Vous qui sort en salle le 30 décembre. Place à la critique !

Aujourd’hui on a tous – ou presque, il paraît qu’il y a encore des techno-réfractaires – un téléphone portable. On a également tous rêvé un jour de gagner au loto. Je compte sur vous, c’est presque cela.
Je compte sur vous est une fiction inspirée des arnaques commises par Gilbert Chikli, le père de l’arnaque dite au « faux président ». C’est ainsi que son escroquerie a été baptisée.

Un homme, un téléphone portable, du bagout et jackpot !

Je compte sur vous raconte comment un homme, avec pour toute arme un simple téléphone portable, a pu dérober plusieurs millions d’euros, berner une quarantaine d’établissements bancaires et de sociétés. L’escroquerie est simple. Gilbert Perez (Vincent Elbaz) se fait passer pour le dirigeant de l’entreprise ciblée et après quelques appels téléphoniques, obtient de la directrice d’une agence bancaire, la remise en espèces de 358.000 € dans les toilettes d’un café. Incroyable, non ? Et pourtant, ça marche. Qu’il endosse le costard du Président, ou la panoplie de l’agent secret de la DGSE, qu’il s’adresse à un simple employé ou au plus haut gradé de l’entreprise ciblée, Gilbert Perez parvient toujours à se faire remettre des fonds que ce soit dans des lieux improbables ou virtuellement par simple virement sur un compte bancaire.
Manipulateur et drogué à l’adrénaline, Gilbert Perez trompe non seulement ses victimes avec brio mais également ses proches, notamment sa femme (Julie Gayet) et son fils (Léo Elbé) qu’il adore. Et c’est là tout l’intérêt de Je compte sur vous.

affiche du film je compte sur vous

 

Le cerveau, l’arme la plus dangereuse du monde

Comme le dit à juste titre Pascal Elbé, les arnaques de Gilbert Chikli ne suffisaient pas à elles seules à faire un film. Il était indispensable d’aller voir du côté de la sociopathie ou de la psychopathie. Tirer le portrait d’un manipulateur attiré non pas par l’argent mais par l’adrénaline et la jouissance que procure le pouvoir qu’un individu exerce sur un autre, choisir sa victime, l’isoler, la valoriser pour mieux lui retourner le cerveau et parvenir à ses fins, voici ce qui est intéressant à observer et à analyser. Je compte sur vous, c’est également la démonstration qu’un être, tout manipulateur qu’il soit, peut causer sa propre perte parce que totalement drogué à l’adrénaline. Jusqu’au-boutiste Gilbert Perez ira jusqu’à perdre tous ceux qu’il aime au risque de ne plus être crédible à leurs yeux. Sans jamais tomber dans la complaisance, encore moins dans l’admiration, Je compte sur vous s’intéresse à ceux qui se noient dans leur mensonge et la manipulation.

Je compte sur vous, entre comédie et drame

Finalement Je compte sur vous oscille entre comédie  et drame. Il y a quelques scènes plutôt drôlatiques, d’autres plus dramatiques, notamment celles mettant en avant la froideur et l’emprise que la mère de Gilbert Perez (jouée par Nicole Calfan) exerce sur son frère, Maxime Perez (joué par l’humoriste Ludovik). Zabou Breitman incarne à merveille l’inspecteur Moretti entre autorité et féminité, sans oublier Julie Gayet qui crève l’écran, mi-froide, mi-chaude, femme à forte personnalité qui n’est pas juste celle qui souffre du comportement de son manipulateur de mari.
Pour finir, une petite anecdote. Saviez-vous que la comédienne a fait changer le titre du film qui devait initialement s’intituler « Merci pour votre collaboration« ? Il faisait trop penser au livre d’une certaine Valérie

Allez, c’est pas le tout,  j’ai quelques coups de fil à passer. Bonne toile !
Et pour voir la bande annonce, c’est ici.

Critique - Je compte sur vous
Je compte sur vous, fiction inspirée des arnaques commises par Gilbert Chikli, le père de l'arnaque dite au "faux président" ou comment il a détourné des millions d’euros avec un simple téléphone jusqu'à tout perdre.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et son
On aime bien
  • Le jeu d'acteur, surtout des actrices Zabou, Julie Gayet, Anne Charrier
  • Les dialogues qui sont au début plutôt drôles
  • L'histoire qui se situe entre comédie et drame
On aime moins
  • Les nombreux gros plans sur la belle gueule de Vincent Elbaz
2.9L'avis
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