Critique – AMY

Asif Kapadia réalise un documentaire émouvant sur la regrettée Amy Winehouse. A travers ce portrait, il offre un recueil de témoignages riches et touchants sur une artiste torturée et seule malgré son talent et un succès fulgurant.

Le 23 juillet 2011, Amy Winehouse décédait d’une overdose dans son domicile à Camden Town et l’annonce faisait l’effet d’une traînée de poudre. Asif Kapadia est presque immédiatement contacté afin de réaliser le documentaire sur Amy mais il juge qu’un tel projet ne pourra être considéré qu’une fois une période de deuil respectée.

image affiche amy

Un parcours simple

Amy Winehouse était issue d’une famille plutôt banale, néanmoins avec des soucis comme presque toujours et il est intéressant de découvrir dans quel environnement elle a grandi. Le recueil de témoignages par son entourage pourrait paraître intrusif mais il n’en est que plus intime et émouvant, même s’il est difficile de garder une neutralité face à son ex-époux Blake qui l’a attirée vers la déchéance ou son père Mitchel qui ne voyait en elle que le potentiel financier.

Le témoignage des proches d’Amy nous procure plus d’empathie. C’est un bel adieu qu’Asif Kapadia permet aux amis de la chanteuse un peu comme un exutoire dont ils avaient besoin pour faire le deuil. Il est difficile pour le réalisateur de ne pas prendre parti dans une telle situation et pourtant il délivre un film retournant, naturel et sobre.

Le rapport d’Amy à la musique

Amy Winehouse était une jeune fille fragile mais déterminée. La musique occupait une grande place dans sa vie et cette importance est subliment représentée dans le film à travers les vidéos qu’elle tenait comme une sorte de journal intime, à tel point que l’on a l’impression de suivre sa vie à travers son regard.

C’est cette complicité qui crée un lien émotionnel tout au long du film. Même sans connaître le parcours d’Amy ou sa musique, on s’attache à ce personnage qui ne demande qu’à laisser s’exprimer sa fibre musicale. D’ailleurs c’est la musique qui lui a permis de s’accrocher, elle avait un rapport pur et fort à la musique comme peu d’artistes l’éprouvent et elle n’a jamais vraiment cherché la célébrité mais plutôt l’épanouissement dans ses chansons.

Toute l’essence du jazz, de la soul respire à travers sa musique et la puissance qu’elle insuffle dans ses chansons avec sa voix sublime et forte n’en transmet que plus d’émotions. On ressent un attachement presque vital quand elle compose, à travers les images d’archives du film choisies avec un bel intérêt.

Grande admiratrice de Tony Bennett, elle travaille avec lui pour le bonheur des deux puisqu’il estime beaucoup ses compositions et son comportement musical très terre-à-terre. Leur rencontre pour l’enregistrement du duo est un des moments les plus émouvants de la carrière d’Amy dans le film puisque l’on suit également la retransmission de sa récompense au Grammy Awards en 2008, remise par Tony Bennett devant une Amy sous le choc de ce succès présenté par une de ses plus grandes idoles.

Une fin tragique

Malheureusement très fragile psychologiquement, Amy s’enfonce dans la toxicomanie avec son compagnon de l’époque Blake Fielder et c’est un chemin qu’elle ne quittera jamais plus, causant sa perte le 23 juillet 2011 suite à une overdose.

Tout l’acharnement médiatique autour de sa faiblesse prouve que la société a besoin de cet abattage public, pourtant tout sauf drôle. Les railleries fusent sur les plateaux télé, dans les tabloïds elle devient la junkie bankable et tout ses gestes sont aussitôt relayés si bien que les rares tentatives de prise de conscience qu’elle éprouve sont inutiles. Avec une vie si compliquée et une pression immense de l’industrie musicale, Amy Winehouse est aussi vite détruite par le show-business qu’elle avait été admirée.

Malgré un détachement nécessaire de la part d’Asif Kapadia, ce film est tout de même orienté sur la souffrance d’Amy et c’est exactement pour cela qu’il deviendra si cher à l’héritage qu’elle laisse sur l’histoire musicale. Fan ou non, AMY vous remuera certainement car au final elle restait une jeune fille au talent qui n’avait d’égal que sa souffrance.

Une autre critique du film AMY par Paris Match.

Critique - AMY
La question de l'intrusion ne se pose pas vraiment dans ce documentaire très émouvant sur le parcours de la chanteuse Amy Winehouse. Sa vie était en effet un feuilleton relayé par les médias mais ce film parvient à en retranscrire les moments touchants plus que la descente aux enfers.
Scenario
Mise en scène
Images et son
On aime bien
  • Le choix de musiques
  • Les témoignages de l'entourage d'Amy
  • Les photos présentées d'Amy
On aime moins
  • Les sous-titres pendant les chansons
3.8L'avis
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