Critique – Cake

Notre critique de Cake, avec Jennifer Aniston

Avec Cake, de Daniel Barnz (La Belle et la Bête, Phoebe in Wonderland), Jennifer Aniston quitte son registre de prédilection qu’est la comédie romantique pour un drame indépendant à petit budget. Oui, à Hollywood, 7 millions de dollars, c’est une broutille. Le réalisateur, grand fan de son actrice qu’il admire principalement pour ses performances dramatiques, lui offre un rôle en or, qui lui a d’ailleurs valu une nomination aux Golden Globes cette année. Pourtant, on parle peu de ce film au titre concis, ne laissant rien deviner de l’intrigue ou du personnage principal. De quoi parle Cake, avec son A retourné dans le générique ? Et surtout, Jennifer Aniston va-t-elle nous surprendre dans le rôle de cette femme torturée ?

Cake : Film indé, femme indé

Los Angeles. Claire Bennett (Jennifer Aniston, Comment tuer son boss 2) garde de lourdes séquelles d’un accident dont nous ignorons au début la nature. Sa peau est boursoufflée de cicatrices et elle souffre de douleurs chroniques. Pour soulager son corps, elle se bourre de médicaments, et pour soulager son esprit, elle participe chaque semaine à un groupe de parole dirigé par Annette (Felicity Huffman). Mais ce jour-là, c’est un peu spécial, car une des femmes du groupe, Nina (Anna Kendrick, The Voices), une jeune maman qui ne rêvait que de faire un gâteau à son fils, s’est suicidée de façon spectaculaire, en se jetant du haut d’un échangeur. Si tout le monde est triste et semble affecté par cette disparition, Claire en a une approche bien différente. Fidèle à elle-même, cette femme solitaire réagit avec beaucoup de cynisme, lui valant d’être renvoyée du groupe. affiche du film cakePour jouer Claire Bennett, Jennifer Aniston est tout en tenues informes et incolores, cheveux plats et rictus de douleur, aux antipodes des femmes au look impeccable qu’elle incarne d’habitude. Elle semble avancer comme un bulldozer dans cette vie qui ne lui a pas fait de cadeau et que nous découvrons très (trop ?) progressivement. Elle vit seule, a la répartie acerbe voire cruelle, et son métier d’avocate lui confère assurance et aplomb dans ses échanges avec les autres. A l’exception de Silvana (Adriana Barraza), son aide à domicile, elle reste loin des humains en général. Cake donne à Jennifer Aniston un vrai rôle dramatique, et elle nous livre une performance bluffante, nous rappelant l’époque de The Good Girl et faisant taire ceux qui qui clament haut et fort qu’elle ne sait jouer que Rachel dans Friends. Une nomination aux Golden Globes ? C’est mérité. J’aurais bien vu une nomination aux Oscars également. Attention, je ne veux pas retirer la statuette des mains de Julianne Moore, mais je pense que Mlle Aniston avait sa place dans la liste.

Du Cake fait maison

Pour un film indépendant, Cake se défend bien côté casting, puisqu’aux côtés des acteurs et actrices déjà mentionnés, on retrouve Sam Worthington (Sabotage), Mamie Gummer, William H. Macy ou encore Lucy Punch (Bad Teacher). Il y a du beau monde dans le dernier long métrage de Barnz et une belle lumière d’été baigne Los Angeles, pourtant théâtre de bien des tragédies. Le suicide de Nina n’est pas le sujet du film. C’est le point de départ, la porte d’entrée dans l’histoire de Claire, à la découverte des blessures derrière les cicatrices. Hantée par le suicide de son amie, elle doit trouver sa façon de survivre dans un univers devenu inhumain. Elle est passé d’avocate de renom à femme assistée qui peut à peine se tenir droite. Beaucoup de sujets sont abordés ici : la douleur chronique, la rééducation physique et psychologique, la dépendance, les pulsions suicidaires… Mais la réalisation manque de poigne. Cake, c’est une bataille contre des démons enfouis sous des couches de dureté et de sarcasmes, menée de façon trop fluctuante pour tenir le spectateur en place. Trop de scènes où Claire rêve de Nina et où on peut prédire la fin du rêve, trop de moments où le scénario hésite et nous laisse perplexe. Dans cette vague irrégulière où le film joue à cache-cache avec le suspense et les images faciles, on a tout de même droit à une touchante amitié  – je crois que l’on peut dire ça – entre Claire et Silvana, et de l’émotion subtilement distillée tout au long de ce Cake pas trop sucré ni trop mièvre mais pas assez nourrissant pour nous rassasier.

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Critique - Cake
Une actrice en or, mais un scénario qui hésite et se perd. Le Cake manque un peu de cuisson.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et Son
On aime bien
  • Jennifer Aniston, parfaite
  • La relation entre Claire et Silvana
On aime moins
  • Les hésitations du scénario
2.6Note Finale
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