Critique – Corniche Kennedy

On fait le grand saut avec notre critique de Corniche Kennedy, le dernier film de Dominique Cabrera.

Corniche kennedy, c’est d’abord un roman, celui de Maylis de Kerangal, qui est décidément très populaire en ce moment (fin 2016 son superbe Réparer les Vivants était porté à l’écran). A la réalisation, c’est Dominique Cabrera, qui a posé ses valises à Marseille pour se mettre dans l’ambiance. Car c’est dans la cité phocéenne que nous allons découvrir l’histoire de Suzanne (Lola Creton, Premier Amour), une lycéenne de bonne famille fascinée par les jeunes des quartiers populaires. Un film d’apprentissage sur fond d’enquête policière où la mer turquoise et le soleil de plomb ne sont pas toujours synonyme de paradis. N’ayant pas lu le roman de Maylis de Kerangal, ma critique de Corniche Kennedy porte uniquement sur le film lui-même et non sur son adaptation.

Le grand plongeoir

Suzanne a 17 ans. Depuis la villa très chic de ses parents, elle observe une bande de jeunes qui se jettent dans la mer depuis la Corniche Kennedy. Toujours plus haut, toujours plus de risques. La jeune fille voudrait être avec eux et sentir toute cette vie qui les anime. Elle les approche. C’est d’abord violent. Et puis, peu à peu, elle est adoptée par le groupe.

affiche corniche kennedy

Elle qui  plongeait dans la piscine du Cercle des Nageurs de Marseille, escalade des rochers et des falaises et n’a plus envie de passer son bac. Et puis il y a Marco (Kamel Kadri, qui a également écrit les paroles de certaines chansons de la BO) et Mehdi (Alain Demaria) , le brun et le blond entre lesquels elle est incapable de choisir. C’est la vie au jour le jour, merveilleuse, jusqu’à ce que la Police s’en mêle.

Baptême de l’eau

Corniche Kennedy est un vrai film d’apprentissage. Avec en plus, un baptême, un rituel de passage qu’est celui du grand plongeon depuis la Corniche. A partir de là, Suzanne fait officiellement partie d’une nouvelle communauté. C’est une année charnière : celle du bac, après laquelle on choisit sa voie. Les images des sauts et de Marseille en général sont superbes. On sent tout l’amour de la réalisatrice pour cette grande ville cosmopolite ouverte sur la mer.les jeunes de corniche kennedy

Comme la jeune lycéenne, le spectateur est lui aussi happé par les sauts vertigineux et la soif de liberté de cette bande de jeunes. Un saut dans le vide, c’est un symbole, celui de se jeter dans l’inconnu. C’est aussi se dépasser et se renouveler. Pour les nouveaux amis de Suzanne, qui sont sortis du système scolaire – et entrés, pour certains, dans le grand banditisme – c’est un saut dans l’inconnu, dans l’avenir et un grand moment de gloire.

Casting sauvage

Dominique Cabrera s’est entouré de comédiens amateurs  – à quelques exceptions près. Les compagnons de plongeon de Lola Creton sont des jeunes de Marseille qui savaient plonger mais pas jouer. Cependant lorsque l’on regarde Corniche Kennedy, on est simplement transporté par leur sincérité et on ne devine rien. D’ailleurs, on croit plus en leurs personnages qu’en celui de Suzanne qui met un peu trop d’énergie à vouloir sortir d’un destin et d’un avenir plutôt joli qui lui tend les bras.

Film social, Corniche Kennedy propose aussi, en toile de fond, une enquête policière menée la capitaine Awa (Aïssa Maiga). La petite bande de potes évolue sans cesse à la frontière de l’illégalité et est bien entendu très surveillée par les forces de l’ordre. Ces amis sont en marge de tout : de la société dans laquelle il ne trouvent pas de repère et du crime organisé qu’ils effleurent à peine mais qui, au contraire, peut leur proposer une place. C’est la partie un peu raplapla du film. Les interventions de la police dans la vie du groupe sont solidement installées dans le scénario mais l’enquête est bancale et casse la beauté sauvage du film.

Pour une autre critique de Corniche Kennedy, c’est sur Critique film.

Critique - Corniche Kennedy
Un film qui donne le vertige mais parfois retombe à plat.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Les jeunes comédiens au jeu très inspiré
  • Les magnifiques images de Marseille et Cassis
  • Le vertige des plongeons
On aime moins
  • L'enquête policière
  • J'ai du mal à comprendre l'héroïne
3.3L'avis
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