Critique-The Double

Critique The Double: un thriller à l’ambiance kafkaïenne

Richard Ayoade nous plonge au cœur de The Double, un beau thriller vacillant entre délires et réalité.

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Simon vit dans un monde où tout lui échappe. Ignoré et complètement inexistant aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle, sa timidité et son gros manque de confiance en lui n’arrange malheureusement pas la situation. Puis arrive soudain dans sa vie, un nouveau collègue : James. Il se présente comme la copie conforme de Simon -tel son jumeau-, mais pourtant s’avère être tout son contraire : charmeur, beau parleur et orgueilleux. Une belle amitié se lie entre les deux jeunes garçons, jusqu’à ce que James s’accapare la vie de Simon…

The Double nous égare du début à la fin dans un monde glauque où règnent angoisse et incertitude. A l’instar d’Enemy, The Double nous embarque de la même manière que celui-ci dans une suite d’évènements sans queue ni tête. Présenté par une mise en scène assez singulière où les journées passent et se ressemblent, The Double a la particularité -plutôt paradoxale- de nous fasciner par cette routine quotidienne. The Double arrive également à receler cette part énigmatique du scénario jusqu’à la fin. Ainsi, The Double pourrait être résumé comme une sorte de rêve loufoque aux allures cauchemardesques.

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Si je parle de cauchemars, c’est bien pour cette sensation pesante que dégage The Double. Effectivement, un contraste -entre couleurs vives et le noir- s’instaure et s’accapare la mise en scène avec beaucoup de finesse, la rendant ainsi ésotérique et très angoissante. La manipulation des bandes sons accompagnant ce contraste, ne font que renforcer ne serait-ce qu’un peu plus cette sensation d’oppression et cette part de mystère. Tout ceci semble rattaché à un décor bloqué en mode « rétro année cinquante » venant intensifier cette ambiance kafkaïenne. En bref, la réalisation de The Double parvient à nous projeter dans un monde désorienté où tout repère temporel s’évapore. Elle possède également cette faculté de nous faire perdre aisément le fil conducteur du scénario – à la manière de David Lynch-.

Dans son costume un poil trop grand, Jesse Eisenberg (Insaisissables) se dédouble pour deux rôles complètement opposés. De nature assez penaude, Jesse Eisenberg rentre alors sans trop de difficultés dans le rôle discret et effacé de Simon. Mais lorsqu’il passe de l’autre côté du miroir et qu’il s’approprie le rôle de James, Jesse Eisenberg commence tout juste à nous surprendre. Son jeu se détache aisément d’un personnage à l’autre. En effet, du rôle de déprimé sans personnalité au sournois baratineur de première, Jesse Eisenberg bascule entre ses deux personnages avec un talent très rigoureux. En tant que spectateur, il parvient même à nous faire omettre radicalement qu’il s’agit d’un même et unique acteur.

En somme, The Double s’affirme comme un thriller dérangeant mais très réussi. Sous son air dramatique, il se démarque de par sa réalisation subtile et cette ambiance pesante qui nous suit tout au long du film. Sans oublier bien évidemment, la prestation sans fausse note de Jesse Eisenberg.

Ici et ici, deux autres critiques du film The Double.

Critique-The Double
The Double, un thriller haletant et singulier de par son ambiance kafkaïenne.
Scénario
Mise en scène
Acteurs
Image et son
On aime
  • Jesse Eisenberg
  • Le contraste des couleurs
  • Les bandes sons
On aime moins
  • L'ambiguité du scénario qui peut déranger
4.0Note Finale
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