Critique – Félix et Meira

Félix et Meira, un amour impossible

Félix et Meira est le troisième long métrage du réalisateur québecois Maxime Giroux, après Demain en 2008 et Jo pour Jonathan en 2010. Si Félix et Meira sort en France cette semaine, il est sorti fin 2014 au Canada et a remporté – tenez-vous bien – le prix du Meilleur Film Canadien de l’année au dernier Festival de Toronto, devant le grand favori de la compétition : Mommy, de Xavier Dolan. Depuis, on ne compte plus les récompenses décernées au film mais aussi à ses acteurs et à son réalisateur. Mais quel est donc ce film qu’on n’attendait pas ? Félix et Meira (Martin Dubreuil et Hadas Yaron) vivent à Montréal, dans le quartier de Mile End. Il passe ses journées à dilapider l’héritage de son père récemment décédé, elle est une jeune mère au foyer juive hassidique. Rien ne les destinait à se rencontrer et encore moins à tomber amoureux. Culture, mode de vie et état civil : tout semble les opposer. Mais Félix et Meira ont un point commun : ils ne se sentent pas à leur place et ne rentrent pas dans les cases que la vie leur a attribué.

Félix et Meira, coup de foudre (ou presque) à Montréal

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai regardé Félix et Meira. Je n’avais pas vu les deux autres films de Maxime Giroux, faute de sortie en France. J’avais donc hâte de découvrir donc sa troisième œuvre toute couronnée de lauriers. Maxime Giroux a choisi le Mile End à Montréal pour décor de Félix et Meira, c’est là où il vit, là où il côtoie sans vraiment la connaître l’une des communautés juive hassidique les plus importantes du pays.

Affiche Felix et MeiraC’est guidé par sa curiosité que le réalisateur va travailler sur son sujet et s’intéresser, sans a priori et tout en finesse, à ce monde très fermé. Félix et Meira, c’est une histoire d’amour et une immersion dans une communauté que l’on connaît peu, ou pas. Le titre est simple et ne laisse que peu de mystère quant au sujet : un homme et une femme… Mais c’est aussi un choc des cultures que Félix semble ignorer au début. En effet, il aborde la jeune femme de manière innocente et spontanée, comme on drague une fille dans un café, oubliant qu’une frontière invisible mais bien réelle les sépare. L’histoire de Félix et Meira n’est pas écrite d’avance. La jeune femme en effet se dérobe et rien ne semble indiquer que le coup de foudre de Félix soit réciproque. Maxime Giroux ne filme pas une comédie romantique classique, s’éloigne des codes et leur tort le cou. Félix et Meira c’est une histoire d’amour difficile à mettre en place et à construire, sans musique entraînante ou explosion de bonheur.

Félix et Meira, et ils vécurent heureux ?

Lui, c’est un éternel adolescent, sans attache et sans responsabilité; elle, c’est une jeune femme devenue épouse et mère très tôt qui n’a justement pas vécu de véritable adolescence. Lorsque son mari, Shulem (Luzer Twersky) la contrarie, elle tombe au sol et « fait la morte », c’est un jeu d’enfant mais c’est aussi très symbolique puisqu’elle lui dit : « je suis peut-être déjà morte dans cette vie ». Au milieu de tout cela, la rencontre entre Félix et Meira, c’est un bon timing : il est paumé, elle veut s’enfuir. Ensemble, ils vivent et découvrent des choses simples et belles, comme une caresse sur les cheveux, les lumières de Time Square, une danse dans un bar latino. Mais c’est aussi le conte de fée qui se heurte amèrement à la réalité. Maxime Giroux ne juge jamais Félix et Meira, ni leurs décisions. Sa caméra les suit en douceur, de Montréal à Venise en passant par New-York. Félix et Meira, c’est une belle histoire de silences, d’impressions ténues et pourtant très fortes, un film tout en douceur sur la difficulté de gagner sa liberté. Martin Dubreuil, Hadas Yaron et Luzer Twersky portent cette histoire avec naturel et intelligence.

Pour en savoir plus sur Félix et Meira, c’est par ici, et sur Maxime Giroux, c’est par .

Critique - Félix et Meira
Un très beau film sur l'amour et la liberté, servi par un trio d'acteurs épatants.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et Son
On aime bien
  • La réalisation sobre et délicate
  • Les trois acteurs principaux
  • Le côté "anti conte de fées"
On aime moins
  • Certaines scènes un peu contemplatives
3.6Note Finale
Note des lecteurs: (1 Vote)