Critique – Joy

Dans notre critique de Joy, le nouveau David O. Russell, Jennifer Lawrence joue de la serpillère comme personne.

Le power couple préféré du tout-Hollywood – j’ai nommé Bradley Cooper et Jennifer Lawrence – se retrouve sous la caméra de David O. Russell pour parler business et nettoyage des sols. Joy est inspiré du véritable parcours semé d’embûches de Joy Mangano, mère de famille divorcée qui invente dans les années 90′ le « Miracle Mop », une serpillère révolutionnaire. Le film sort le 30 décembre : a-t-on gardé le meilleur pour la fin de l’année ?

Joy et le balai magique

Enfant, la petite Joy (Jennifer Lawrence) déborde d’imagination : elle dessine, découpe et fait des origamis de toute beauté. Autour d’elle, c’est du grand n’importe quoi : un père (Robert de Niro, Le Nouveau Stagiaire) qui s’en va et qui revient, une mère (Virginia Madsen) qui a renoncé à quitter sa chambre et une demi-sœur qui ne l’aime pas. Seule sa grand-mère l’écoute et la soutient.

Joy le film

Adulte, elle s’occupe de tout, c’est une Cendrillon doublée d’un plombier et accessoirement d’un comptable. Elle a abandonné ses études pour aider ses parents qui semblent partir à la dérive sans elle. Un jour, elle se coupe avec des morceaux de verres en essorant une serpillère . Elle décide alors de développer une idée : une serpillère que l’on pourrait essorer d’un seul geste, sans se salir les mains. Cerise sur le gâteau : elle pourrait se laver en machine. Bref, toutes les conditions sont réunies pour séduire la ménagère américaine et assurer l’avenir professionnel de la jeune femme. Mais le monde des affaires grouille de requins et Joy ne semble pas préparée à les affronter. Le sujet – émouvoir le public avec un balai en coton – n’est pas simple mais le personnage est fascinant : une femme qui va réussir envers et contre tous, à commencer par sa propre famille. Le réalisateur a-t-il été trop ambitieux ?

Une brillante actrice

Je n’aime pas les films de David O. Russell. Jetez-moi la première pierre. Si Fighter trouvait grâce à mes yeux, Happiness Therapy est bavard et American Bluff raplapla. Ce qui brille à chaque fois, ce sont ses acteurs. Avec Joy, le miracle se produit à nouveau. Son actrice principale est comme un astre qui traverse le film, éclipsant le scénario et le balai magique. La caméra la suit et la met toujours en valeur, qu’elle soit jeune fille sage ou businesswoman qui montre les dents. Mais le film ne parvient pas à mettre en lumière le parcours de cette femme entrepreneur qui a dû se battre pour réussir. On navigue entre sa vie de famille, ses souvenirs et sa carrière, on papillonne sans se poser et on ressort de la salle en ayant vu une petite histoire de serpillère, qui n’est ni une comédie (malgré sa nomination dans la catégorie aux Golden Globes), ni un drame, ni un biopic. C’est plein d’idées – comme toujours- mais rien n’est abouti. Les scènes qui pourraient être bien barrées sont stoppées dans leur élan. On espère une tension ou un rebondissement qui ne vient jamais. Les personnages parlent, crient et remuent sans arrêt. Mais il ne faut pas confondre consistance et gesticulations.

On se sent un peu comme la mère de Joy, qui passé ses journées allongée dans son lit à regarder des feuilletons à l’eau de rose. On somnole légèrement devant des images agréables qui nous bercent, on écoute la chouette B.O qui nous emplit de nostalgie. Mais on n’a pas vu de grand film, on a écouté distraitement un récit. Les acteurs semblent faire leur job comme s’ils savaient qu’aucun d’entre eux ne trouverait le rôle de sa vie dans Joy.

Pour un autre article sur Joy, c’est sur Mondociné.

Critique - Joy
De belles idées, une belle actrice. Un film à côté de la plaque.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Image et son
On aime bien
  • Jennifer Lawrence (évidemment)
  • La B.O
  • pas mal d'idées....
On aime moins
  • ...jamais exploitées
  • Un tantinet soporifique
  • Ne propose pas de véritable intrigue
2.8L'avis
Note des lecteurs: (2 Votes)
  • Alex_TGND

    Allez hop, dans la liste des films à voir. Merci pour ton avis. 🙂