Critique – Moi Daniel Blake

Notre avis sur Moi Daniel Blake , Palme D’Or au dernier Festival de Cannes. L’enfer, oui,ce sont les autres. Et c’est surtout l’administration.

A 80 ans, Ken Loach a encore beaucoup de choses à dire. Et avec Moi Daniel Blake, nous allons voir qu’il a toujours son esprit militant et rebelle. Habitué du Festival de Cannes  – il possède le record du mombre de films sélectionnés, il obtient avec son dernier film la Palme d’or pour la seconde fois de sa carrière après Le Vent se lève en 2006. Moi Daniel Blake, c’est un parcours du combattant dans les méandres ubuesques de l’administration et du Pôle Emploi britannique. Un thème cher au coeur du réalisateur.

Chômeur ou invalide ?

Daniel Blake (Dave Johns) a la soixantaine. Ce charpentier de Newcastle a fait une attaque et ses médecins ne l’autorisent pas à reprendre le travail. Pourtant à la suite d’un entretien avec une professionnelle de la santé, il se voit refuser sa pension d’invalidité. Sans ressources, il se rend au job center pour s’y enregistrer en tant que demandeur d’emploi. C’est là qu’il rencontre Katie (Hayley Squires), une jeune mère de famille contrainte d’accepter un logement à 450 km de chez elle afin de ne plus vivre en foyer. Malmenés par l’administration, Dan et katie vont s’entraider et se battre pour garder leur dignité.

moi daniel blake cover

L’absurdité du système est déjà là. Avant les premières images. D’emblée, le réalisateur nous place du côté du personnage principal qui semble avoir un robot face à lui, tant les réponses de la femme sont mécaniques. On ne la voit d’ailleurs jamais, ajoutant encore à son côté froid et inhumain. Si Daniel répond sans fioritures, c’est à l’image du film tout entier, qui ne s’encombre pas de métaphores et de beaux atours pour parler d’un triste réalité. Voici donc l’univers de Moi Daniel Blake, l’histoire d’un homme ordinaire qui va portant affronter de terribles démons .

Hyperréalisme

La caméra de Ken Loach est toujours la même, à la fois directe, brutale et empathique. Dans la grisaille du décor, les personnages se débattent face à une violence qui ne dit pas son nom. La mise en scène est brutale et rugueuse, la narration un peu prévisible. Mais Loach n’a rien perdu de sa superbe. Il montre du doigt, il crie à l’injustice et oui, prend parti. Je n’ai pas vu la démagogie et la facilité larmoyante dans Moi Daniel Blake. J’y ai vu de la colère, un constat alarmant , un film qui va faire pleurer de rage (ou alors, vous n’avez pas de coeur) et réagir. Car L’histoire de Daniel Blake va longtemps rester graver dans les esprits, bien après le générique de fin. C’est presqu’un documentaire qu’on a l’impression d’avoir vu , dans lequel la réalité dépasse bien des fictions. Ce que Ken Loach et son scénariste, Paul Laverty nous disent, c’est qu’être au chômage c’est entrer dans un monde cruel ou l’humiliation n’a d’égale que la cruauté.

Pour porter cette hsitoire, deux acteurs principaux exceptionnels, Hayley Squires et Dave Johns – loin de son registre habituel puisqu’il est  comédien de Stand Up. Le reste du casting ne démérite pas, qu’il s’agisse de comédiens amateurs ou professionnels. Moi Daniel Blake : une phrase qui sonne déjà comme un hymne. Et Dan s’impose comme la figure de proue d’un combat contre une réalité qui a perdu les pédales.

Pour lire un autre article, c’est par ici : Cinemateaser.

Critique - Moi Daniel Blake
Un film brutal et très humain. Du Ken Loach pur et dur.
Acteurs
Mise en scène
scénario
Image et son
On aime bien
  • Les acteurs
  • le militantisme intact de Loach
On aime moins
  • la fin prévisible
3.7L'avis
Note des lecteurs: (0 Vote)