Critique – Summer

Généralement, l’été annonce le temps des vacances, mais également celui de l’amour. Summer, c’est exactement cela. Des vacances en Lituanie et une histoire d’amour passionnée entre deux jeunes filles. Alors, et puisque nous sommes en plein milieu de l’été, Summer le marquera-t-il ?

Summer est le second long métrage d’Alanté Kavaïté, réalisatrice originaire de Lituanie. C’est parce qu’elle aime travailler avec les adolescents et les filmer, qu’elle apprécie leur capacité à recevoir et à exprimer les choses, qu’Alanté Kavaïté a eu l’idée de réaliser Summer. Elle a été captivée par leur spontanéité, leur liberté et leur candeur. Alanté Kavaïté a écrit Summer avec comme guide cette idée qu’il suffit parfois d’une rencontre et d’un regard bienveillant pour que les choses deviennent plus simples. Elle a eu envie que ce regard-là provienne d’une autre fille.

Critique - Affiche du film Summer d'Alanté Kavaïté

Summer, un été sensuel

Sangaïlé, une jeune fille de 17 ans, passe l’été avec ses parents dans leur villa au bord d’un lac de Lituanie. Comme chaque année, Sangaïlé se rend au show de voltige aérienne. Elle y fait la connaissance d’Austé, une fille de son âge, aussi extravertie que Sangaïlé est timide et mal dans sa peau. Une amitié va s’épanouir dans la sensualité de l’été…
Summer est une histoire d’éveil sentimental entre deux jeunes adolescentes. L’une, Sangaïlé est issue d’un milieu bourgeois, elle est réservée, rêve de pouvoir s’envoyer en l’air en pilotant un avion mais souffre du vertige. L’autre, Austé provient d’un milieu très modeste, est exubérante, pleine de vie, entreprenante et bien dans sa peau. C’est donc dans le jeu des contrastes que peu à peu ces jeunes filles vont évoluer. Austé va amener Sangaïlé à vaincre ses peurs et son mal-être pour prendre en main son destin, l’amener à accomplir ses rêves et lui faire découvrir l’amour entre filles. Au fil de leurs rencontres, les émotions et les sentiments s’épanouissent dans une sensualité absolue. Bien que Summer soit le premier film lituanien à traiter de l’homosexualité, ce n’était pas la motivation première de la réalisatrice. C’est bien l’adolescence, avec ses pulsions d’autodestruction qui apparaissent comme des étapes nécessaires, comme des béquilles pour mieux s’en sortir, le sujet d’Alanté Kavaïté.

Summer, un été visuel

Si le scénario est court et simple, trop court, trop simple, c’est surtout visuellement que Summer vaut le détour. Alanté Kavaïté a voulu que Summer soit sensoriel, qu’il touche plus aux émotions qu’à la narration. Les émotions c’est le propre de l’adolescence dit-elle. Alors pour les restituer au mieux, Alanté Kavaïté a travaillé la plastique du film. Et il faut bien le reconnaître, Summer est très réussi esthétiquement. Tous les plans, qu’ils soient serrés ou larges, fixes ou aériens, sont visuellement chiadés. Ce film n’est qu’esthétique pour le rendre plus sensuel.

Quant aux actrices, mention spéciale pour Julija Steponaitytė, l’interprète de Sangaïlé qui n’a joué que dans un court métrage et ne veut pas être actrice. Elle est aux Beaux-Arts. Espérons qu’elle changera d’avis parce qu’elle joue merveilleusement bien.
Enfin, parce que sans la musique, un film aussi esthétique soit-il ne serait pas ce qu’il est, autre mention spéciale à Jean-Benoît Dunckel, membre du célèbre groupe Air qui, grâce à ses compositions musicales, nous hypnotise et nous fait planer tout le film durant.

Si ce n’est pas pour son scénario que Summer marquera l’été 2015, c’est bien pour son esthétique et sa sensualité. Sortie en salle le 29 juillet prochain.

La bande annonce de Summer ici.

Critique - Summer
Summer second long métrage d'Alanté Kavaïté, traite de l'adolescence, de son mal-être, de la découverte de soi et de l'amour.
Mise en scène
Acteurs
Image et son
Scénario
On aime bien
  • L'esthétique et la sensualité du film
  • Le jeu des actrices
  • La musique de Jean-Benoît Dunckel
On aime moins
  • Le scénario, tellement court qu'on se demande s'il y en a un parfois
2.9L'avis
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