Critique – The Walk : Rêver plus Haut

The Walk : Rêver plus haut, Le dernier Robert Zemekis, nous emmène sur les plus hauts toits de New York. Critique en équilibre.

En 1974, le Français Philippe Petit, funambule auto-proclamé, se lance dans une aventure aussi folle que dangereuse : tendre un fil entre les tours du  World Trade Center à New York et marcher dessus, tout simplement. Robert Zemeckis s’empare de cette histoire, intitulée The Walk : Rêver plus Haut, avec Joseph Gordon-Levitt dans le rôle principal. Un biopic vintage où la performance est plus célèbre que l’homme lui-même.

La marche de l’artiste

The Walk s’inspire du livre de Philippe Petit To Reach The Clouds (Atteindre les Nuages). C’est la seconde fois que l’ouvrage est adapté au cinéma, après le documentaire Le Funambule, réalisé en 2009 par James Marsh et ayant obtenu l’Oscar du meilleur documentaire. Le film de Zemeckis revient sur cette prouesse hors du commun et totalement illégale dont la genèse est à chercher en France où le jeune Philippe (Joseph Gordon-Levitt, Don Jon) est fasciné par le cirque et les acrobates. Très vite, il montre des aptitudes pour le jonglage et le funambulisme, au grand dam de son père qui le jette dehors, parce que les saltimbanques au comportement ordalique, très peu pour lui.

Affiche du film The Walk - Rêver plus haut

The sky is the limit

Il s’installe à Paris où il gagne sa vie comme artiste de rue. Il rencontre la ravissante Annie (Charlotte Le Bon), une étudiante en art, et Jean-Louis (Clément Sibony), un photographe, qui vont devenir les complices de son « coup » de fou furieux : marcher sur un fil entre les Twin Towers, à New York, qui sont alors en construction.

The Walk : un visuel en demi-teinte

L’histoire débute avec le protagoniste qui nous raconte sa propre histoire depuis la Statue de la Liberté en image de synthèse. Avec le coucher de soleil rose et bleu, on se croirait dans un clip de la fin des années 90′ et la perruque de Joseph Gordon-Levitt fait peur à voir. Le discours du personnage sonne très faux, il s’emballe pour décrire le moindre détail, même insignifiant, et ses interventions durant le film sont accessoires, voire inutiles. On a droit à des phrases comme « Je portais une caisse en métal et Annie une valise en tissu », comme si le visuel ne suffisait pas. La partie narrative de The Walk n’est pas le point fort du film. La photographie n’est pas là pour arranger les choses. Les effets visuels désuets et stéréotypés sont partout. On a connu Robert Zemeckis, réalisateur de films cultes comme Seul au Monde ou Retour vers le Futur, beaucoup plus inspiré.

Comme la première partie du film se déroule à Paris, il y a de l’accordéon et tout le monde porte un béret. Et comme ce sont les années 70, il semblerait que les Français comme les Américains soient des hippies. L’univers est plus celui d’une comédie musicale, ou d’un film pour enfants. Pour en prendre plein les yeux, il faut attendre la traversée en elle-même, qui donne à The Walk la dimension qu’il mérite. Les plans vertigineux, les changement de points de vue et le minuscule protagoniste entouré du ciel brumeux vont vous faire agripper votre siège, surtout si vous avez choisi la 3D. Et on ne peut s’empêcher de repenser aux événements du 11 Septembre en voyant les Tours Jumelles debout et toutes neuves. La tension et les émotions qui en découlent donnent de l’épaisseur à un scénario qui n’avait pas grand-chose à raconter jusque-là.

Un casting peu convaincant

La traversée est un événement impressionnant mais assez court et tout ce qui gravite autour aurait pu être plus dense. Toute la préparation manque de piquant et de personnages bien écrits. Les seconds rôles sont ternes, le couple formé par Gordon-Levitt et Charlotte Le Bon ne fonctionne pas, Clément Sibony ne croit pas un mot de ce qu’il raconte, César Domboy ne sait pas jouer la peur du vide (on dirait plutôt qu’il mime une crise de d’épilepsie) et au milieu de tout cela, Ben Kingsley (Renaissances) est trop intense et son doublage pas très heureux. Rarement casting aura été aussi mal choisi et mal doublé. The Walk est une performance extraordinaire qui ne trouve pas d’écho dans le film de Zemeckis. A voir pour la traversée sur le fil et seulement pour ça.

Pour une autre critique de The Walk, c’est sur critikat.

Critique - The Walk : Rêver plus Haut
Un film qui tient debout de justesse grâce à quelques images impressionnantes qui vous donneront le vertige.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Image et son
On aime bien
  • Les plans impressionnants de la "traversée" entre les tours
On aime moins
  • Les images de synthèse
  • Le jeu des acteurs : au secours !
2.2L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)
  • Chill Evilox

    je ne suis pas surpris, ce film ne m’inspirai pas plus que ça. Comment tenir le spectateur 1h30 pour voir un mec traversé le WTC à la fin. Merci pour ta critique 😉

    • Marilyne breant

      Merci pour ton comm’ 🙂 c’est vrai qu’un petit documentaire aurait été plus approprié pour la performance