Critique – Truman

Notre critique de Truman, un film sur la mort et l’amitié qui croule sous les nominations et récompenses.

Ne vous fiez pas à l’affiche de Truman, qui pourrait laisser croire qu’il s’agit là d’une comédie banale quelque part entre Marley et moi ou Beethoven. Le sujet est délicat. Comment ne pas tomber dans le pathos et la mièvrerie avec l’histoire d’un homme gravement malade qui fait ses adieux et dresse un bilan de son existence ? Le réalisateur Cesc Gay parvient à construire un drame juste qui oscille entre larmes et rires, avec, dans les rôles principaux, Ricardo Darin, la star du cinéma argentin, et Javier Camara, qu’il avait déjà dirigés dans Les hommes, de quoi parlent-ils ? en 2012. Voyons comment il a évité de tomber dans les pièges du tire-larmes.

Adios amigos

Julian (Ricardo Darin) est comédien et vit seul à Madrid. Divorcé et père d’un fils de 21 ans, il continue, malgré un cancer qui selon ses propres termes « a décidé de faire du tourisme dans tout son corps », de jouer chaque soir dans Les Liaisons dangereuses. Il reçoit la visite de son meilleur ami, Tomas, expatrié au Canada. Les deux potes vont passer ensemble 4 jours, évoquer les vieux souvenirs et tenter de trouver une famille d’adoption pour Truman, l’imposant chien de Julian.

truman le film

La force de Truman, c’est sa franchise et sa transparence. Le personnage principal ne s’apitoie pas sur son sort et parle de son destin sans abuser de périphrases. Son meilleur ami affiche une bienveillance teintée de stoïcisme qui force l’admiration. Et la musique est à l’image de l’ensemble, simple et peu envahissante. J’ai apprécié que les sentiments soient justes et que le réalisateur ne cherche pas à nous émouvoir par tous les moyens. Si les protagonistes sont admirables, ils ne restent pas moins simplement humains. Les émotions sont d’autant plus grandes qu’elles sont abordées avec sobriété et tout le talent du duo d’acteurs, Ricardo Darin et sa voix légèrement rauque en tête.

Un grand voyage

Au-delà du thème de la maladie et de la mort, Truman est une histoire captivante qui s’ouvre sur un paysage enneigé et une maison endormie, dans laquelle un homme se prépare pour une mission à laquelle on ne s’attend pas. Une introduction « à suspense » qui laisse place à un film rythmé, dans lequel l’adoption du chien paraît secondaire – bien que donnant son titre au film. C’est peut-être la seule chose qui m’a laissée perplexe. La place de l’animal n’est pas celle d’une tête d’affiche et la relation entre le molosse et son maître n’apparaît qu’en pointillés, et la recherche d’une famille adoptive a une issue assez prévisible.

L’emploi du temps des deux amis est ponctué de rencontres, de rendez-vous et de belles surprises. Entre maladresses, pudeur et enthousiasme, Julian accomplit ses dernières missions. La visite qu’il rend à son fils illustre parfaitement l’esprit du film. Dans les silences un peu gênés, les rires et les étreintes – qui valent plus que tous les mots du monde – c’est l’humain que l’on voit, l’être imparfait, héroïque et mortel. Truman est une parenthèse qui s’achève à l’aéroport, lieu symbolique des chemins qui se croisent et se séparent.

Pour un autre article sur Truman, je vous conseille celui de à voir à lire.

Critique - Truman
Une comédie dramatique humaine et juste.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Le superbe duo Darin / Camara
  • Un film très humain
On aime moins
  • La place de Truman dans l'histoire
4.0L'avis
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