Critique – Hotel Transylvanie 2

Juste à l’heure pour Halloween, Dracula et sa bande reviennent dans cette critique du second opus d’Hotel Transylvanie, toujours réalisé par Genndy Tartakovsky.

Remontons le temps jusqu’en février 2013 alors que sortait sur grand écran le film d’animation Hotel Transylvanie. Dracula, le fameux vampire, se fait un sang d’encre alors qu’un humain arpente les couloirs de son hôtel. Avec un immense succès au box-office, le revoilà deux ans plus tard pour de nouvelles mésaventures, plus hilarantes qu’horripilantes.

Cauchemar à l’hôtel

Mavis, la fille de Dracula, est enfin mariée avec Jonathan, l’humain benêt élu du son cœur. A la naissance de leur petit Dennis, « papi Drac » se voit ravi d’avoir un nouveau petit vampire dans la famille. Seulement, Dennis n’a rien d’un monstre et ses canines tardent à pousser. Pire, Mavis ne se sent plus à sa place à l’hôtel et souhaite déménager avec sa famille dans la Californie natale de Jonathan. Dracula redouble alors de monstrueuses astuces pour garder les siens auprès de lui.

Hotel Transylvanie affiche

Les monstres ont toujours autant la côte ! Après les heures de gloire des films de la Hammer dans les années 1950 et 1960 – où le regretté Christopher Lee avait brillé en comte Dracula – ils renaissent aujourd’hui avec de nombreuses réadaptations, en film (Dracula Untold) et même en série (Penny Dreadful). Dans Hotel Transylvanie, ces monstres cultes sont tous là. Dracula, Wayne le Loup-Garou, Murray la Momie, le Monstre de Frankestein, Blobby le Blob et Griffin l’homme-invisible. Les personnages les plus plaisants du film, ce sont eux, les autres étant largement en retrait. La parentalité n’a pas réussi au couple de Mavis et Jonathan. Mavis est devenue une mère surprotectrice et a perdu tout l’éclat de son personnage; quant à Jonathan si son côté benêt collait bien dans le premier film, il n’évolue pas d’un cheveu et a juste l’air d’un crétin irresponsable vis-à-vis de son fils Dennis. Heureusement que la majeure partie du film se concentre autour de Dracula et de sa relation avec son petit-fils parce qu’il n’y a vraisemblablement pas grand chose à tirer de Mavis et Jonathan, pourtant charmants dans le premier opus. Dommage.

Une réalisation d’enfer

Avec Hotel Transylvanie, c’est dans un tout autre genre que s’illustrent les monstres légendaires de la bande à Drac : le film d’animation, et ça leur va bien. Côté qualité d’animation, d’ailleurs, Hotel Transylvanie 2 n’a rien à envier aux films d’autres studios. L’animation est superbe, et c’est bien ce qu’il fallait pour pouvoir suivre les personnages dans leur délire. En effet, le point fort des films Hotel Transylvanie, c’est avant tout l’humour, et ce second opus reste dans la veine de l’original. Pas étonnant lorsqu’on sait que Adam Sandler (vu dernièrement dans Pixels) a co-écrit le scénario du film, en plus d’incarner le voix de Dracula dans la version originale. Entre situations rocambolesques et blagues à deux francs, heureusement pour Wayne le Loup-Garou et Murray la Momie que le ridicule ne tue pas – qu’importe, ils sont immortels ! De nombreux passages mettent d’ailleurs en scène ces personnages cultes et intemporels dans des situations cocasses et modernes, créant un effet de contraste inattendu – exemple avec le monstre de Frankenstein enlevant sa tête pour un selfie avec des passantes. Une bonne idée qui évite au film de rentrer dans la mauvaise parodie de monstres.

Dracula, monstre sacré du cinéma et papi gâteau

Dracula, monstre sacré du cinéma et papi gâteau

Dans l’ensemble, le film est très bien réalisé, les gags vont vite et le public ne s’ennuie pas. Derrière la caméra, on retrouve Genndy Tartakovsky, ayant déjà réalisé le premier Hotel Transylvanie. Les animés décalés et nerveux, ça le connaît, puisque c’est lui qui avait réalisé le fameux Laboratoire de Dexter pour la chaine Nickélodéon, ainsi que la série Star Wars : Clone Wars. Un joli CV. Très conventionnel dans sa construction, Hotel Transylvanie 2 se démarque de ses concurrents Disney et autre Pixar par un rythme d’enfer dans sa mise en scène. Après une courte introduction pour introduire l’histoire du petit Dennis et de son retard de canines, le film démarre vraiment lorsque Dracula profite d’avoir l’entière responsabilité de son petit-fils pour  lui montrer comment devenir un monstre, un vrai de vrai. Notre scène coup de cœur : le camp de colonies de vacances pour joyeux petits vampires où Dracula jette Dennis dans le vide pour lui apprendre à voler.

La seconde partie du film se rapproche plus de l’ambiance du premier opus, car elle se déroule au sein même de l’hôtel et qu’elle reprend le principe de base du premier film. Une fois encore, il faut se cacher des humains, mais ici, c’est toute la famille de Jonathan que Dracula tente de cacher à son père Vlad, un vampire très « old school » largement moins ouvert d’esprit que son fils. C’est d’ailleurs avec les personnage de Vlad et de son fils Dracula que se cache le message. Oui, qui dit film destiné aux enfants dit message à faire passer au jeune public. Pour Hotel Transylvanie 2, l’idée transmise serait plutôt celle d’accepter les différences de tous, idée appuyée par le couple mixte humain/monstre que forment Mavis et Jonathan. Heureusement, Hotel Transylvanie 2 ne tombe pas dans le mièvre et n’insiste pas lourdement sur cette morale, préférant conclure le film par une fête haute en couleur. Avec son humour délirant et sa mise en scène à 100km/h, Hotel Transylvanie 2 est d’ailleurs aussi plaisant pour les adultes que pour les plus petits. On vous recommande ce film si, pendant cette dernière semaine de vacances scolaires, vos enfants vous réclament un autre joyeux conte d’Halloween que ceux racontés par Tim Burton.

Un autre avis sur Hotel Transylvanie 2 ? Ici la critique de chez A voir à lire.

Critique - Hotel Transylvanie 2
Plus craquant que flippant, ce film d’animation réécrit les monstres cultes façon moderne. Un joyeux conte à voir en famille pour Halloween.
Mise en scène
Scénario
Personnages
Image et son
On aime bien
  • L’humour, déjanté à souhait
  • L’animation soignée
On aime moins
  • Le personnage de Jonathan, quasi-dispensable
3.4L'avis
Note des lecteurs: (3 Votes)
  • Titre : Hotel Transylvanie 2
  • Année de sortie : 2015
  • Style : Animation, fantastique
  • Réalisateur : Genndy Tartakovsky
  • Synopsis : Dracula et sa bande de monstres déjantés sont de retour ! À l’hôtel Transylvanie, beaucoup de choses ont évolué : Dracula a enfin accepté de dégeler son cœur et d’ouvrir la porte aux humains. Mais il se fait du souci pour son petit-fils, Dennis : mi-humain mi-monstre, ce gamin est bien trop adorable à son goût, et il risque de faire un piètre vampire ! Alors, quand les parents du petit, Mavis et Johnny, s’absentent, Drac fait appel à ses amis Frank, Murray, Wayne et Griffin pour apprendre à Dennis à devenir un monstre, un vrai. Personne ne s’attendait à ce que Vlad, le père de Drac – un vampire très grincheux et très vieille école – choisisse ce moment pour débarquer à l’hôtel. Et quand il découvre que son arrière-petit-fils a du sang humain, rien ne va plus…
  • Acteurs principaux : En VO : Adam Sandler, Andy Samberg, Selena Gomez ; en VF : Kad Mérad, Alex Goude, Virginie Efira
  • Durée : 1h29