Critique – Kubo et l’Armure Magique

Kubo et l’Armure Magique est le dernier né du studio américain Laika, à qui l’on doit notamment Coraline et L’Etrange Pouvoir de Norman. Que vaut donc cette nouvelle production ? Notre avis.

Un bijou technique

Laika s’est taillé une réputation dans le milieu de l’animation grâce à la technique de prédilection du studio : le stop-motion (également désigné sous le terme « animation en volume » en français). Kubo et l’Armure Magique utilise également cette technique, et à bien des égards s’affirme comme le chef d’œuvre du genre. La fluidité des mouvements est impressionnante, les décors magnifiques et ouverts, et certains éléments sont assez grandioses (le squelette géant ou le bateau, dont la maquette réelle mesure près de 4 mètres sur 4 mètres 50). Le détail de l’animation elle-même est également bluffant, ce qu’illustrent bien deux chiffres éloquents : le personnage de Kubo seul possède plus de 20 000 visages et plus de 10 000 bouches différentes. Il s’agit là d’un véritable travail d’orfèvre.

Affiche du film Kubo et l'Armure Magique

A cette prouesse technique s’ajoute une direction artistique fabuleuse, Kubo et l’Armure Magique étant un réel régal pour les yeux : le design et les couleurs sont tout simplement à tomber. La musique n’est d’ailleurs pas en reste, et les accords de shamisen charment les oreilles. Elle tient d’ailleurs une part importante dans l’histoire, et trouve donc une légitimité qui la met d’autant plus en valeur. Signalons au passage que la chanson-titre, reprise de While My Guitar Gently Weeps par Regina Spektor, est tout simplement fabuleuse.

Kubo et l’Armure Magique, un conte fantastique japonais

Kubo et l’Armure Magique prend place dans un Japon médiéval fantastique (période Edo), et s’articule autour d’une histoire à la fois simple et touchante. Le jeune Kubo, qui gagne sa vie en racontant des histoires (le pouvoir de l’imagination à l’honneur), doit aider sa mère frappée de démence en gagnant de quoi subsister. Mais il lui est interdit de sortir la nuit, car ses tantes maléfiques cherchent à le retrouver. Désobéir à cette injonction le propulsera dans une quête pour trouver la fameuse armure magique du titre, alors qu’il sera accompagné de deux personnages originaux : Singe et Scarabée, respectivement doublés par Charlize Theron et Matthew McConaughey.

Scarabée, Singe et Kubo

Si l’histoire reste simple (il s’agit d’une quête initiatique familiale), elle fonctionne plutôt bien, enchaînant les péripéties avec rythme et saupoudrant l’ensemble d’humour sans jamais trop en faire. Rien d’inoubliable, mais le travail est bien fait et les enfants, cible principale du film, devraient être ravis. On regrettera toutefois le dernier acte ; la fin amène en effet quelques déceptions, tant dans la forme que dans le fond : la transformation de l’antagoniste colle moyennement et amène un combat bien moins satisfaisant que ce que l’on pouvait attendre. Certaines révélations paraissent évacuées un peu trop vite, tandis que la quête de l’armure elle-même se trouve quelque peu remise en question par la tournure que prennent les événements (il y a d’ailleurs là une évidente faute de traduction, le titre original étant Kubo and the Two Strings, en référence aux cordes du shamisen magique du héros). Mais ne boudons pas notre plaisir : en dépit de cette dernière touche décevante, Kubo et l’Armure Magique reste un film d’animation absolument magnifique et très agréable à regarder.

Un autre avis ? C’est du côté de Télérama.fr.

Critique - Kubo et l'Armure Magique
Kubo et l'Armure Magique est une véritable prouesse technique et artistique. Le film est tout simplement magnifique. Dommage que la fin ne soit pas à la hauteur, mais cela ne devrait pas empêcher de se ruer vers le dernier-né du studio Laika.
Scénario
Doublage
Mise en scène
Images et son
On aime bien
  • Le stop-motion au sommet
  • Une direction artistique sublime
  • La musique
On aime moins
  • Un scénario peut-être un peu trop simple
  • La fin, décevante
3.5L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)