Critique – Poltergeist

Critique du film Poltergeist, réalisé par Gil Kenan, avec Sam Rockwell. Esprit frappeur pour une réussite frappante.

Bien des questions se sont posées lors de l’annonce du remake de Poltergeist. De plus, certaines parties qui ont pu toucher de près ou de loin ce film ont parfois reçu quelques quolibets pour le moins bruyant. Dans cet article nous essayons de donner notre avis uniquement sur le film Poltergeist.

On prend les mêmes…

Poltergeist, c’est l’histoire des Bowen, qui emménagent dans leur nouvelle maison de banlieue. Alors que la vie de cette famille connaît des hauts et des bas, ni plus ni moins que dans n’importe quelle autre, des phénomènes étranges attirent l’attention des deux plus jeunes enfants, Maddie (Kennedi Clements) et Griffin (Kyle Catlett). Bientôt, il ne fait plus aucun doute qu’une présence particulièrement maléfique hante les lieux, et cherche à rentrer en contact avec les nouveaux habitants. Un soir, alors que les parents, Eric (Sam Rockwell, vu dans Girls Only) et Amy (Rosemarie DeWitt), laissent la garde des enfant à Kendra (Saxon Sharbino), leur adolescente, un drame survient : Maddie disparaît sans laisser de traces. Seule explication : elle a été enlevé par un poltergeist…

image affiche poltergeist

Et on recommence presque comme avant.

Dès le début de Poltergeist, on comprend la motivation de ce remake. Tout d’abord, les personnages et la situation sont remis au goût du jour. Terminé la petite banlieue tranquille, au profit d’un quartier tout aussi américain (ces fameuses maisons, toutes identiques) mais moins charmantes. La crise est passée par là, et elle a eu ses effets. Ainsi le chômage frappe Eric, tandis que Amy galère afin de vivre de son art. On est désormais bien loin de l’idylle eighties, et le résultat est bon, rajoutant une modernité bienvenue. Quand aux rapports avec les enfants, ils servent principalement de ressort comique, juste assez pour servir l’envie du réalisateur : mettre le point de vue de l’enfant au centre de Poltergeist. Gil Kenan, loin d’être un inconnu (Monster House et le tristement méconnu La Cité de L’ombre), a visiblement retenu la partie Spielberg du Poltergeist qui sert de base à ce remake.

Spielberg, ou Hooper ?

Car on doit le dire haut et fort : cette nouvelle version de Poltergeist est très fidèle au film co-signé par Hooper… et Steven Spielberg. L’original avait cette étrange dichotomie, ce changement de ton permanent, ce déséquilibre parfois handicapant, du fait de l’énorme clash entre Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) et Steven Spielberg (E.T.). On a essayé de réduire l’histoire, mais vous serez d’accord pour dire que, quand un réalisateur quitte un film avant d’avoir terminé son tournage, c’est bien que deux ou trois soucis ont dû se poser. Gil Kenan, pour son Poltergeist, choisit donc le traitement de Spielberg, bien plus tout public que celui de Hooper, mais aussi plus porté sur l’ambiance que sur l’effet.

La deuxième dimension.

Poltergeist surprend de par son ambiance travaillée. Notamment grâce au design d’une certaine dimension que vous aurez plaisir à découvrir, qui se permet même d’être plus convaincante que dans l’original. Le film se permet d’aller plus loin dans la description, du fait des nouvelles technologies bien plus permissives, sans pour autant faire dans le n’importe quoi. Mais là où Poltergeist surprend, c’est dans la gestion du rythme, peut-être même meilleure que dans le Poltergeist original, miné par des conflits internes irrémédiablement impactés sur le résultat final. Ici, le scénario fait un meilleur bloc, un tout sans aucun doute plus cohérent, ce qui donne finalement deux personnalités bien différentes. C’est ici, d’ailleurs, que la réponse aux détracteurs un peu trop bruyants doit être faite : si un remake se justifie, de par l’envie de revisiter l’original afin d’en élaguer les soucis de production, c’est bien Poltergeist.

Le règne du sursaut.

Malheureusement, le tableau n’est pas tout à fait idyllique, car Poltergeist souffre des défauts de son époque. Soyons clairs, le cinéma d’horreur a été victime de deux croquemitaines : Scream, et James Wan. Le premier a apporté le cynisme : montrer des jeunes ados se pignoler devant des classiques du film d’horreur est un coup bas, qui sera toujours reproché au surcoté Wes Craven. Quand à James Wan, le succès de ses films d’horreur ont fait que le genre, aujourd’hui, se résume à un concours de sursaut, sans aucun travail sur l’ambiance. Un peu de silence, et bouh ! Le niveau zéro du cinéma de genre, les bas-fonds insondables de ce qu’on peut imaginer de plus mauvais, et force est de constater que ce phénomène a contaminé tout le cinéma d’épouvante, à part quelques rares exceptions (It Follows, pour rester sur les films de 2015). Poltergeist en est lui aussi victime, avec quelques « jump scare » moyennement surprenants, car calqués sur les passages obligés, depuis que les fans de Wan ont fait de ce dernier le nouveau Pape du genre. Dommage, même si ça ne plombe pas non plus le film.

Un remake réussi !

Au final, Poltergeist surprend en étant bien loin de la catastrophe annoncée par certains, trop occupés à vouer un culte (parfois ridicule) pour ne pas voir que le cinéma continue de vivre, et de fort belle manière. Sans être non plus le film de l’année (merci Captain Obvious), Poltergeist réussit à divertir assez pour être reconnu parmi la liste, en constante évolution, des remakes réussis. Et sans aucun doute, Poltergeist est le film d’horreur de cet été 2015. Envers et contre tous !

Les bonus de Poltergeist.

Retrouvez le site officiel de Poltergeist, en Français.
Une petite interview de Gil Kenan, le réalisateur de Poltergeist, est à voir sur Allociné.

Critique - Poltergeist
Poltergeist surprend par sa qualité, confirmant le talent de Gil Kenan, surveillé depuis son Monster House. A découvrir !
Scénario
Mise en scène
Acteurs
Image et son
On aime
  • Bonne mise à jour.
  • Casting nickel.
  • L'autre dimension.
On aime moins
  • Les sursauts à la James Wan.
  • Manque de tension.
3.0L'avis
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