Critique – Absolutely Anything

Critique d’Absolutely Anything, ou lorsque les Monty Python confient tout pouvoir à Simon Pegg pour nous faire rire. Quel avis pour cette nouvelle comédie, réalisée par Terry Jones ?

Il existe une poignée d’artistes dont le nom parle à tous, et dont l’évocation résonne comme une promesse. Lorsque l’on dit « Monty Python », on visualise déjà les scènes cultes de films comme Sacré Graal. Alors, si cette troupe embarque dans son nouveau délire Simon Pegg, créateur de la fameuse Trilogie Cornetto (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le dernier pub avant la fin du monde), on peut s’attendre à tout. Avec Absolutely Anything, Terry Jones tient-il sa promesse ?

Un scénario absolument décalé

Dans le principe, Absolutely Anything se place dans la veine d’un Bruce Tout-Puissant, c’est-à-dire une comédie qui part à fond dans le côté décalé avec un personnage affublé de pouvoirs illimités. Terry Jones explique pourtant s’être inspiré de l’œuvre L’homme qui pouvait accomplir des miracles de H.G. Wells. Pour son film, l’idée de départ est la suivante : si, du jour au lendemain, vous vous retrouviez avec absolument tous les pouvoirs, à quelle fin les utiliseriez-vous ? Il s’agit ici de la mise à l’épreuve de Neil Clarke, un terrien un peu loser, choisit au hasard par un groupe d’extraterrestres garant de l’Univers. Seulement, à la différence du personnage de Jim Carrey dans Brice Tout-Puissant qui est guidé par Dieu – Morgan Freeman – Neil Clarke ignore complètement l’origine de ses nouveaux dons, et ne se doute pas qu’il a seulement quelques jours pour prouver la valeur de la Terre et de son peuple, sous peine que celle-ci soit détruite. Grisé par ces incroyables facultés, Neil Clarke va absolument tout faire… de travers.

Affiche film absolutely anything

Un casting absolument britannique

Si Absolutely Anything ne brille pas par l’originalité du scénario, on apprécie tout de même qu’il soit revisité à la crème anglaise. En plus de se dérouler à Londres, le film se compose d’un casting presque 100% britannique (à l’exception d’un acteur américain, mais dont le personnage l’est aussi). La bande des quatre extraterrestres et de leur agent exécuteur planqué derrière la Lune est doublée par les membres des Monty Python, soit John Cleese, Michael Palin, Terry Gilliam, Eric Idle, et Terry Jones lui-même. Neil Clarke et sa charmante voisine du dessous Catherine, eux, sont interprétés par Simon Pegg et Kate Beckinsale, ici très loin de son rôle de vampire dans la saga Underworld. Pour l’anecdote, il faut savoir qu’à l’origine, Terry Jones avait imaginé Benedict Cumberbatch (The Imitation Game, Sherlock) et Gemma Arterton (Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières) pour former le duo. On ne regrette pas le changement pour Simon Pegg, définitivement convaincu et convaincant dans son rôle de piètre professeur et invétéré célibataire vivant avec Dennis, son chien. C’est d’ailleurs Robin Williams qui se cache derrière le doublage de Dennis, un adorable toutou gaffeur et friand de biscuits, qui sera d’ailleurs son dernier rôle au cinéma avant sa triste disparition l’an dernier.

L’humour absolument omniprésent

Qui dit comédie dit blagues et gaffes à tout va. Parmi les acteurs de comédie les plus populaires du moment, Simon Pegg se trouve sans doute dans le peloton de tête, et il le confirme dans Absolutely Anything. Ce qui est drôle avec son personnage de Neil Clarke, c’est qu’en plus d’être extrêmement maladroit, il est aussi foncièrement proche de la réalité, aussi surprenant que cela puisse être. Pas de fausse générosité (comme le gag de faire gagner tout le monde au Loto dans Bruce Tout-Puissant), ici, Neil Clarke veut avoir des abdos, être apprécié de son patron, le principal du collège (joué par Eddie Izzard, aperçu dans la série Hannibal), cuisiner un bon repas pour sa voisine et faire parler son chien.

Absolutely Anything Simon Pegg

Partager son petit déjeuner avec son chien ? Neil Clarke l’a fait.

Le moins que l’on puisse remarquer, c’est que le manque d’ambition de Neil lui fait enchaîner des situations toutes plus grotesques les unes que les autres – notre préférée ? Celle où il ranime les morts de la Terre entière en zombie !- au grand dam des Aliens inquisiteurs. Si dans l’ensemble, on rit du début à la fin du film, il reste tout de même quelques gags franchement dispensables qui alourdissent nettement l’ambiance du film (celui des crottes de chien par exemple, qui ne sera pas décrit ici). Heureusement, le style déluré très anglais dans l’écriture des dialogues relève le niveau et le film n’est pas indigeste pour autant.

Un concept absolument survolé ?

Le souci majeur avec Absolutely Anything, ce n’est pas son scénario, mais plutôt l’exploitation qu’en a fait Terry Jones, réalisateur mais également co-scénariste du film. Pendant une heure, on observe le personnage de Simon Pegg enchaîner gaffes et bévues avec ces pouvoirs, mais sans réelle progression. Le climax du film est tout de même censé être le passage où Neil est retenu en otage par Grant, un ex de Catherine jaloux et convaincu qu’elle entretient une relation avec Neil. Seulement Grant lui demande d’exaucer des souhaits tous aussi loufoques les uns que les autres, comme modifier la couleur des uniformes des policiers londonien d’un rose fuchsia des plus ridicules. Absolutely Anything ne se prend donc clairement pas au sérieux, mais ce n’est pas là le problème. A enchaîner autant de situations humoristiques, on a l’impression que le film commence à tourner en rond. Pourtant, c’est peut être aussi ça, le sens du film.

Monty Python Absolutely Anything

« Quelle planète allons-nous annihiler aujourd’hui ?’

Attention! En cliquant ici, cela révélera une partie de l'intrigue (spoiler).
Subtilement, Absolutely Anything suggère qu’avoir de grands pouvoirs ne signifie pas forcément que ceux-ci sont utilisés à bon escient. Mais peut-être est-ce ici une idée extrapolée. Le film de Terry Jones est sans doute simplement une comédie d’été sympathique avec plein de gags pour passer un bon moment, ce qui reste une honnête fin en soi.

Pour une autre critique d’Absolutely Anything, voici l’avis de chez Critikat.

Critique - Absolutely Anything
Absolutely Anything propose un bon divertissement à l’anglaise et au casting quatre étoiles. On regrette que le délire se limite aux nombreux gags de Simon Pegg.
Mise en scène
Scénario
Acteurs
Image et son
On aime bien
  • Le casting
  • L'humour à la british
On aime moins
  • La sensation de tourner en rond
3.3L'avis
Note des lecteurs: (3 Votes)