Critique – Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E

Voilà une adaptation au cinéma comme on aimerait en voir tous les jours. Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E est une réussite presque en tous points et démontre le parfait exemple d’un dépoussiérage de franchise en bonne et due forme.

Ils sont nombreux les échecs de reboot ou les tentative de mise au goût du jour des séries : K2000, Chapeau melon et bottes de cuir, Sex and the City, Miami Vice – Deux flics à Miami, Charlie et ses drôles de dames… La liste est longue et, alors qu’elle ne contient que peu de réalisation de bonne facture, Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E arrive à sortir du lot en montrant qu’une bonne adaptation est possible. En voici les raisons dans cette critique.

Guy Ritchie, un réalisateur innovant

Ce nom vous peut être quelque chose. En effet Guy Ritchie, avant de signer Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E, nous proposera les deux adaptations au cinéma de Sherlock Holmes ainsi que Snatch, Arnaques, Crimes et Botanique. Le cinéaste semble continuer sur la voix de l’adaptation puisque son prochain film sera Le Roi Arthur et ce milieu semble lui réussir.

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La  raison première de ce succès est sa capacité à comprendre et ressentir le milieu, l’ambiance qui faisait la réussite de la première version, pour les transposer et les mettre au goût du jour. L’exemple le plus récent est bien sur celui de Sherlock Holmes où il mélange avec succès à la fois l’ambiance sombre de Londres de l’époque, le caractère excentrique de Holmes et sa relation avec Watson, tout en construisant le mystère et l’ingéniosité de son personnage principal et de son ennemi, Moriarty.

Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E reprend ici les mêmes idées. Ce film est tiré d’une série américaine en noir et blanc diffusé sur NBC entre 1964 et 1968, qui mettait en scène deux agents spéciaux : un américain, l’autre soviétique. Ils combattaient un ennemi : le T.H.R.U.S.H, assez retors pour obliger une union partielle et temporaire des deux belligérants de la guerre froide.

Dans cette version au cinéma, Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E se déroule entre Berlin et Rome sous fond de guerre froide et de course à l’armement nucléaire. Le contexte historique est présent mais n’encombre pas l’esprit du spectateur. Nous comprenons l’enjeu, assez pour nous mettre dans l’ambiance, sans pour autant nous attarder sur la gravité de la situation. C’est avant tout une base scénaristique et non un reportage sur la guerre. Le scénario dispose, comme tout bon film d’espionnage, de rebondissements et des scènes classiques du genre. Sans être trop légère la trame saura capter notre attention jusqu’à la fin du film.

En plus de la transposition de l’empreinte historique et scénique, c’est dans la mise en scène que le réalisateur appliquera sa touche personnelle. Les plans sont travaillés avec la trame sonore (effets de lumière, recherche d’angles de caméra), les fondus d’images nous rappellent ceux des années 60-70 et la musique est vraiment bien intégrée. Sans non plus chercher à tout prix le réalisme de l’époque, Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E assume pleinement la situation d’entre deux : le film d’espionnage – la comédie.

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Un mélange de style, maîtrisé

Si cette adaptation est basée sur le film d’espionnage, elle n’en garde pas moins des airs de comédie. L’effet vient d’abord du mélange de genre et de pays : USA vs Union Soviétique, différentes méthodes de travail et d’approche ou de culture. Mais c’est aussi par ses acteurs : Henry Cavill, que l’on connaît bien sûr pour son rôle de Superman, qui fait face / équipe avec Armie Hammer que l’on a surtout découvert dans The Lone Ranger. Avec eux, Alicia Vikander qui m’a bluffé dans Ex Machina, Elizabeth Debicki et enfin Hugh Grant.

Le duo Cavill – Hammer fonctionne très bien avec deux bémols à mon goût si l’on est pointilleux : l’accent russe du personnage d’Armie Hammer, « Illya Kuryakin », qui n’est pas des plus réalistes. Et le style trop anglais de « Napoleon Solo » joué par Henry Cavill. Sa carrure rappelle très clairement celle d’un américain, mais son attitude nous fait clairement plus penser aux anciens James Bond avec Pierce Brosnan ou Roger Moore qu’’à un espion américain. Mais c’est bien ici pour contester furtivement la réussite du couple d’espion. Toujours à se tirer dans les pattes l’un de l’autre, les situations comiques s’enchaînent sans devenir omniprésentes.

Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E montre qu’il est possible de bien adapter une série à succès passée. Sans vouloir faire un simple copier-coller des gags et des personnages, c’est une réelle compréhension de l’ambiance et de l’importance du caractère des personnages et de la relation entre eux que Guy Ritchie a accompli ici : un mélange en entre humour et film d’espionnage comme on aimerait en voir plus.

Si vous voulez en savoir plus sur Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E, je vous propose les liens suivants :
http://www.rottentomatoes.com/m/the_man_from_uncle/
http://www.imdb.com/title/tt1638355/

Critique - Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E
Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E est une réussite.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et son
On aime bien
  • Le style des années 60-70 retranscrit
  • L'humour et l'action bien dosés
On aime moins
  • L’excès qui peut rompre avec le réalisme
3.8L'avis
Note des lecteurs: (3 Votes)