Critique – Angélique

Critique – Angélique

Sorti en décembre dernier, adaptation du célèbre roman, et remake de l’inoubliable film avec Michelle Mercier, Angélique est une véritable leçon de cinéma. Nanar intersidéral, plus mauvais film de l’année, ou comment gâcher plus de 15 millions d’euros en presque 2h d’un drame de cape et d’épée… en le transformant en une comédie féroce tant tout est raté. Barres de rire garanties…

Angélique, rappelons-le, c’est l’histoire d’une jeune femme de petite noblesse, aussi belle que rebelle, victime d’un mariage arrangé par son père avec le comte Joffrey de Perac, ténébreux et richissime, soupçonné de friser l’hérésie par ses expériences scientifiques. Mais le roi de France, jaloux de sa richesse, fait emprisonner le comte, et la belle Angélique éplorée fera tout pour sauver son mari.affiche-angelique

Scénario classique de cape et d’épée qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais qui évoque d’innombrables chevauchées, des duels sous tension, des robes à crinoline et des décolletés outrageux. Et avec ce film commis par Ariel Zeitoun (réalisateur de Yamakasi), nous ne sommes en effet pas déçus : chevaux, duels et châteaux sont au rendez-vous.

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Le reste non. A commencer par le casting. Oubliée la sensualité de Michelle Mercier, Nora Arnezeder (Fiston) incarne désormais Angélique. Et là première surprise, Angélique n’est ni belle, ni vraiment rebelle. Peut-on d’ailleurs parler d’incarnation tant le personnage est surjoué, les dialogues récités poussivement ? Les colères d’une héroïne en avance sur son époque se transforment en trépignations comiques, ses émois auprès d’un comte dont elle ne voulait pas sont des moments d’une vulgarité dont nous aurions pu nous passer. Et si Gérard Lanvin (Les Lyonnais) sauve à lui tout seul le casting du naufrage tant il s’implique dans son rôle avec une justesse étonnante, le reste des acteurs forme un ensemble aussi déroutant qu’amusant. Que viennent faire Tomer Sisley (Largo Winch) et sa perruque nuque longue bouclée, Mathieu Kassovitz (Munich) en jeune premier transi d’amour (et de ridicule), et Olivier Gourmet (Mesrine) dans ce fiasco ? Le mystère subsiste…

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Rassurons-nous, la partie technique n’est pas en reste pour mettre en valeur tout le comique du film. Les perruques improbables, les raccords images douteux (ont-ils à certains moments véritablement inséré des images d’archives ??), l’éclairage plus que mauvais font douloureusement penser à un amateurisme indigne du budget pharaonique du film.

Au final, Angélique restera forcément dans les mémoires comme un solide nanar plutôt arrogant (la suite est annoncée dès ce premier film, et ne verra probablement jamais le jour, le film n’ayant qu’à peine dépassé les 100 000 entrées), qui permet d’enchaîner fou rire sur fou rire.

Dommage, nous espérions plutôt une épopée épique. 

Critique - Angélique
J'hésite entre 5 étoiles pour la performance en tant que nanar, et 0 étoiles pour l'injure au genre du film. Angélique marquera toutefois mon esprit car j'ai beaucoup ri.
Acteurs
Scénario et mise en scène
Image
Son
On aime
  • La BO
  • Gérard Lanvin en survivant du naufrage
On aime moins
  • L'image
  • Le reste du casting
0.5Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)
    • http://www.avisdupublic.net Camille LATOUCHE

      Ca sent le naveton franco-français.