Critique – Magic Mike XXL

Channing Tatum revient dans Magic Mike XXL de Gregory Jacobs. Une critique tout en paillettes et tablettes de chocolat.

Trois ans après le premier volet, réalisé par Soderbergh, l’australien Gregory Jacobs fait monter la température en pleine canicule avec Magic Mike XXL, ou la dernière tournée des Kings de Tampa, avant le raccrochage définitif du string. Steven Soderbergh a laissé la chaise de réalisateur à Gregory Jacobs (dont c’est le troisième long métrage) et endosse le rôle de producteur exécutif. Les acteurs présents en 2012 reprennent du service pour l’ultime défi de leur carrière de showmen. Changement de style, même casting – ou presque – et bande-annonce promettant de belles choreographies : que nous réserve ce Magic Mike version 2015 ? Va-t-on sortir de la salle avec le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux ?

Le dernier Strip-tease

Je me suis posée la question lorsque j’ai vu la bande-annonce de Magic Mike XXL pour la première fois. Pourquoi une suite ? Pas de suspense insoutenable à la fin du premier opus, pas de bouleversement dans le monde du cinéma lors de sa sortie. Le film avait tout de même le mérite d’aborder le strip-tease masculin avec humour et subtilité. Donc, pourquoi ne pas retrouver Channing Tatum (Foxcatcher, 22 Jump Street) et ses potes dans un film aussi plaisant que le précédent, sans envisager une révolution cinématographique pour autant ?Affiche Magic Mike xxl

Exit Dallas (Matthew McConaughey) et le Kid, les « Kings » de Tampa ne sont plus que 4. Mike Lane est devenu designer de meubles, sa petite amie l’a quitté mais il a quand même gardé sa légendaire casquette. Lorsque ses anciens collègues le rappellent, il ne résiste pas longtemps à l’appel de la scène. D’autant qu’il s’agit de la dernière virée du groupe avant de mettre fin à leur carrière. Ils doivent se rendre à la fameuse convention de Myrtle Beach, qui accueille les meilleurs strip-teaseurs du pays, pour sortir une dernière fois leurs habits de lumière. En chemin, ils retrouvent de vieilles connaissances et Mike rencontre la jeune et belle Zoé (Amber Heard).

Un moment de détente

Contrairement au film de Soderbergh, Magic Mike XXL n’explore pas les états d’âme de messieurs les danseurs. Outre l’affiche et le titre racoleur, on reste plus en surface et on observe les Kings se remettre en route dans ce qui semble tenir plus du prétexte que de la véritable intrigue. On pourrait deviner la fin dès les premières minutes. Et les dialogues sont hésitants, essayent de faire mouche mais sont trop souvent à côté de la plaque. Il faut patienter pour que ça se déride un peu avec une scène très bien réalisée, où Joe Manganiello – a.k.a. Big Dick richie – improvise un numéro sexy pour la vendeuse bougonne d’une station service. Un grand bol de fraîcheur et, il faut bien le dire, un régal pour les yeux.

Dans l’ensemble, Magic Mike XXL c’est de « l’entertainment » pur jus. Musique à fond, histoire ultra-simple et ambiance de vacances. Pas de prise de tête, on embarque dans le van avec les garçons, on les suit dans les bars, sur la plage et on se délecte des numéros de danse et de strip-tease. Le personnage de Zoé apporte une touche de fraîcheur et reste à distances des stéréotypes. Elle est drôle, pince-sans-rire et très « roots ». C’est la grosse surprise de Magic Mike XXL. La relation qu’elle entretient avec le protagoniste défie les attentes des spectateurs – dans le bon sens. Leurs échanges sont très réjouissants et agréables à suivre.

Le raffinement : pour quoi faire ?

Le réalisateur mise beaucoup sur le physique de rêve de son casting et tente de faire passer des messages positifs sur l’acceptation de son corps par le micro de Jada Pinkett Smith. Ces derniers temps, les réseaux sociaux parlent beaucoup de « body image », de confiance en soi et de complexes à bannir et Magic Mike XXL s’applique à placer ça et là des réflexions encourageant toutes les femmes à se trouver belles. Mais les beaux discours ont un côté paradoxalement anti-féministe, la gent féminine étant souvent représentée comme une bande de dindes gloussantes et cherchant le compliment. C’est finalement quand le réalisateur ne cherche pas à en faire trop que le film fonctionne le mieux. Sinon, malgré la légèreté et l’humour bon enfant, on tombe facilement dans la vulgarité et le grotesque. Les passages où les danseurs aspergent les spectatrices hurlantes de sauce chocolat et autre crème chantilly sont loin d’être élégantes.

Au final, Gregory Jacobs signe un film agréable à suivre et très divertissant. Si le scénario est mince comme un fil, on ne se prend pas la  tête et c’est suffisant pour une soirée d’été. Le film a été qualifié de « ridiculement divertissant », et c’est très bien résumé.

Pour un autre article sur Magic Mike XXL, c’est par ici.

Critique - Magic Mike XXL
On ne s'ennuie pas, on se détend et on oublie la délicatesse et le raffinement.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Image et son
On aime bien
  • Le film est bien rythmé
  • Les scènes entre Channing Tatum et Amber Heard
On aime moins
  • Le scénario ne vole pas haut
  • On frise parfois le ridiculo-vulgaire
2.6L'avis
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