Critique – Pixels

Critique de Pixels, ou comment Adam Sandler et sa bande sauvent la Terre d’attaques aliens ayant pris la forme de hits des bornes d’arcade. High score ou game over ?

Retour en 1982 avec l’ouverture des premières salles d’arcade accueillant de jeunes joueurs à l’enthousiasme aussi débordant que leurs pots remplis de pièces. A l’ouverture de Pixels, on fait la connaissance de Will Cooper et Sam Brenner. Ce dernier se révèle si doué qu’il accède au championnat du monde de borne d’arcade. C’est là qu’il fait la connaissance de Ludlow, un surdoué quelque peu solitaire, et Eddie « Le Carboniseur », trop fort pour être honnête. Trente ans plus tard, Sam, réparateur multimédia, est appelé par son ami Cooper, devenu Président des Etats-Unis, pour l’aider à résoudre une crise inédite : une base aérienne militaire a été attaquée par Galaga 1982

Un film vidéo-humoristique

A vos manettes, Adam Sandler ramène quelques potes pour s’amuser. Habitué au genre de la comédie avec des films comme les deux Copains pour toujours ou encore l’improbable Rien que pour vos cheveux, le comédien/humoriste remet le couvert avec un nouveau film « rond comme un ballon, jaune comme un citron » : Pixels ! Avec son ami Kevin James, il s’est entouré d’autres acteurs comme Josh Gad, Michelle Monaghan, qui joue la touche féminine du casting, mais aussi de têtes plus connues comme Peter Dinklage (Game of Thrones, X-Men : Days of Future Past), ou même Sean Bean qui fait une brève apparition (non, il ne meurt pas !). Mais les véritables stars du film ne sont pas forcément celles dont les noms s’étalent au générique.

Affiche film Pixels

« Les geeks sauvent le monde », voici ce qu’aurait pu être le sous-titre de Pixels. Aussi ridicule que cela laisse à entendre, ce film ne l’est pourtant pas pour le moins du monde. Pixels est une comédie de science-fiction potache, mais pas grotesque, qui met en lumière certains héros vidéoludiques aujourd’hui oubliés. Non, pas Pac-Man ni Donkey Kong, évidement, mais plutôt des personnages comme Centipede ou Q-Bert, appartenant à l’ère de ce que l’on nomme maintenant le retrogaming. Pixels offre un bon divertissement joyeusement chaotique, et visuellement impeccable. On connaît le charme de revoir ces jeux à gros pixels, mais les modèles gigantesques transposés à l’écran sont superbes. On apprécie particulièrement que le sujet des jeux vidéo soit pris au sérieux, même si la mise en scène a un côté burlesque. Les personnages de Sam et sa bande sont des joueurs, certes, mais leur passion n’est pas décrédibilisée. Au contraire, ils possèdent certaines connaissances que d’autres n’ont pas, ce qui leur donne l’avantage face à leurs ennemis pixélisés. On a ainsi l’une des scènes les plus incongrues du film lorsque la bande de gamers entraîne un commando d’élite de l’armée à reconnaître les cycles d’action des jeux comme Galaga ou Space Invaders. Ici, et c’est toute la subtilité –oui, subtilité, vraiment !- dans Pixels, c’est la variété de ressorts humoristiques employés. Du jeu de mot vaseux au running gag, c’est surtout le décalage de la situation d’une invasion extra-terrestre traitée avec des personnages de jeux vidéo qui crée le rire. Une bonne méthode pour rappeler que non, les jeux vidéo ne sont ni futiles, ni stupides. Ils peuvent aussi menacer de détruire notre planète !

Un casting all-star

Si le scénario de Pixels ne brille pas par sa profondeur philosophique, on apprécie l’audace de Chris Columbus de l’assumer pleinement, jusqu’à la mise en scène. En effet, il s’agit bien ici du réalisateur de Madame Doubtfire et des deux premiers opus de la saga Harry Potter. L’originalité de Pixels réside dans son découpage en niveaux, comme dans un jeu vidéo, où les personnages doivent tour à tour affronter les vraies vedettes du film : les personnages cultes de borne d’arcade. Sans code de triche, voici l’ordre dans lequel on affronte ces ennemis : Galaga 1982, Arkanoid, Centiped, Pac-Man et Donkey Kong. Ouvrez-bien les yeux, on aperçoit également d’autres icônes comme Space Invaders, Tetris, Frogger, Asteroid, bref, du cubique en 2D bien rétro ! Choisi pour l’affiche, Pac-Man s’offre le beau rôle dans l’une des meilleures scènes du film, où la bande des Arcaders (le nom de l’équipe de Sam Brenner) poursuivent l’immense boule jaune dans New-York à bord de Mini Cooper grimées en fantômes Blinky, Pinky, Inky et Clyde. Pour l’anecdote, un tel rassemblement d’icônes de l’Histoire du jeu vidéo n’aurait pas été possible sans l’aval de sociétés comme Nintendo, Sony, Konami ou encore Bandai.

Centiped Pixels

Contre Centiped, au grand mob, les grands remèdes !

Une autre réflexion qu’offre Pixels, c’est la neutralité de son point de vue quant à l’évolution du jeu vidéo. L’équipe des Arcader est coachée par le Lieutenant-Colonel Violet Van Patten, qui emmène avec elle son fils Matty, âgé de treize-quatorze ans. Une scène réunit Sam et Matty face à un jeu moderne – rgihs – jeu que Sam juge violent et dénué d’intérêt à cause de l’absence de logique des ennemis ; Matty lui répond que l’intérêt est justement d’aller plus loin que de comprendre un simple pattern, et qu’il faut réfléchir en humain qui chercherait à survivre. A la fin du film, c’est ainsi que Sam réussit à vaincre le boss final, en réfléchissant comme un joueur actuel et non avec une méthode de retrogamer. Le point soulevé ici est que rétro ou actuel, il n’y a pas de meilleurs jeux vidéo que d’autres, le problème est simplement générationnel. On entend trop parler des méfaits du casual gaming sur téléphone, comme quoi ce ne serait pas de vrais jeux. Pixels répond à cela que Galaga est aussi un jeu téléchargeable sur smartphone. Comme quoi la frontière n’est pas si nette, et que le plus important reste le plaisir de jouer.

Quelques bugs à l’horizon

Malgré ses nombreuses qualités, Pixels présente néanmoins certains défauts qu’il faut également souligner. Globalement, si le parti-pris est louable, ce film risque ne pas plaire à tout le monde. Si on enlève cette part de la population qui pense toujours que les jeux vidéo sont des médias stupides et violents, il reste des gens qui peuvent ne pas adhérer à l’humour, ou d’autres qui peuvent regretter l’image des joueurs présentés dans le film. Dans Pixels, la bande des Arcaders est composée d’un loser au boulot minable (Sam), d’un Président obèse et maladroit étant la risée de la population (Cooper), d’un asocial regardant ses séries sur VHS (Ludlow), et d’un taulard malhonnête (Eddie). Si la caricature des personnages fait partie de l’ambiance grotesque du film, pas sûr que Pixels aide à redorer le blason des geeks, qui sont aujourd’hui une communauté bien plus variée. Deuxième défaut et non pas des moindres : la musique. Quand on pense « borne d’arcade » et « jeux rétro », on pense aux musiques 8-bit. Malgré la qualité des chansons phares des années 80 choisies pour orchestrer le film, notamment « We Will Rock You » de Queen, on regrette de ne pas avoir de passage entier avec ces sons si caractéristiques des jeux d’arcade, ou même simplement des remix de morceaux célèbres façon 8-bit. Un vrai manque-à-gagner qui aurait pu être la cerise sur le gâteau. Dommage.

Casting Pixels

Violet, Sam et les Arcaders, prêts à en découdre

Pour d’autres informations sur Pixels, La horde du geek vous propose un petit index des classiques d’arcade présent dans le film. Voici également la critique de chez Des bits et des Pixels pour un autre avis sur le film.

Critique - Pixels
Pixels rend ses lettres de noblesse aux jeux rétro des années 1980 grâce à un humour omniprésent qui rappelle la convivialité des bornes d’arcade. Et en plus, c’est beau !
Mise en scène
Scénario
Acteurs
Image et son
On aime bien
  • Le scénario en déroulement par niveaux
  • Le rendu impeccable des pixels des jeux rétros
  • Les blagues à foison
On aime moins
  • La bande-son aurait mérité un arrangement 8-bit
  • La caricature du geek
3.5L'avis
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