Critique – Les fils de l’homme

Critique du film Les fils de l’homme d’Alfonso Cuaron

Année 2027 : depuis 18 ans, aucune naissance humaine n’a eu lieu. Theo (Clive Owen) s’est résigné à vivre dans cette société  sans avenir, jusqu’au jour où son ex-compagne Julian (Julianne Moore) lui demande de protéger l’ultime espoir du genre humain : une jeune femme enceinte. Dans une course effrénée contre la montre, Theo aidé par son ami Jasper (Michael Caine), va tout tenter pour sauver le miracle que la Terre entière attendait.

Ce pitch des fils de l’homme ressemble au désastreux Babylone A.D., une anticipation improbable. Cependant, j’ai été séduit autant par l’histoire que par la manière de filmer d’Alfonso Cuaron, qui faisait déjà montre d’une certaine maitrise technique qui profitera à son film Gravity.

fils de l'homme coverAnnée 2027 : une anticipation sombre et inhumaine

Derrière une histoire simple, les fils de l’homme aborde différentes thématiques de fin de monde, la nostalgie, la peur et la violence qu’elle engendre et le retour en force des religions, un thème majeur par l’omniprésence de celles ci. Les 20 premières minutes présentent au spectateur un monde froid, sombre et inhumain, le film se déroule dans une Angleterre rude, dictatoriale et limite xénophobe. La présence de personnel militaire et un affichage massif poussant à la délation appuient cette ambiance.

Le passé tout comme l’actualité sont découverts par un flash d’information ou une conversation, ces saynètes volées sont agréables et nous incitent à chercher les événements qui ont amené ce futur chaotique. Elles s’imbriquent bien dans l’histoire du monde et de Theo. En effet, les fils de l’homme se veut être une histoire simple, presque intime. La première partie présente un Londres en plein déclin, la suite nous fait découvrir ce qu’il se passe en dehors.

Alfonso Cuaron a fait des fils de l’homme un croisement de références multiples, ainsi nous avons évidement les camps de réfugiés qui nous rappellent les camps de la mort nazis et les victimes de la seconde guerre mondiale (dont la musique, Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima) mais aussi d’autres conflits avec lors d’une scène une mère à genoux tenant son fils et pleurant face au ciel (une photo célèbre lors d’un conflit dans les Balkans).

 fils de l'homme clive owen chiwetel ejiofor

L’aspect technique

Les fils de l’homme se présente comme un film d’anticipation, certains bâtiments ont été relookés façon bloc de béton, les designers ont tenté quelque chose avec des véhicules mais souder l’avant d’un Scenic avec l’arrière d’une Modus ne semble pas moderniser un monde. L’idée de l’apport simple et subtil permet de mettre les fils de l’homme au dessus d’un certain nombre de films à grand budget, cependant, on peut trouver ces apports un peu trop simple.

L’originalité principale des fils de l’homme concerne les trois grands plans séquences. Deux durent environ 3 minutes et le dernier 7 minutes, et sont à mon sens tout à fait maîtrisés, crédibles et intenses. Le film est rythmé par des scènes longues et peu de gros plans, l’action est continue mais jamais arrêtée. Le parti pris du visuel n’est pas de distraire le spectateur mais de l’approcher du réel afin qu’il se sente impliqué. La caméra prend plusieurs points de vue des personnages, ce qui a pour effet d’accentuer l’implication du spectateur.

 

Les fils de l’homme, c’est avant tout des acteurs

Le rôle de Clive Owen lui donne le visage d’un espoir pour l’humanité, il montre une complexité à l’écran qui n’est pas dévoilée lors du film. Michael Caine (Trilogie Batman) dans un rôle de pure composition, il est Jasper, et casse totalement l’image qu’il s’est bâti avec d’autres rôles, du moins au début du film. L’acteur Chiwetel Ejiofor (12 years slave) joue le rôle d’un activiste ami de l’ex-femme de Theo.

fils de l'homme michael caine

Les rôles féminins sont excellents. Julianne Moore joue une activiste et une ex-femme crédible, son rôle donne l’impression d’être un prétexte pour lancer le film mais l’actrice lui donne de la consistance. Claire Hope-Ashitey campe la fameuse femme enceinte, un petit bout de femme courageuse avec un caractère affirmé en apparence et une fragilité touchante car elle va donner la vie.

Pour l’histoire et son traitement, les fils de l’homme est un bon film, on part d’un contexte géopolitique traité comme un road-movie sur la fin, d’un point de vue technique, les prises de risque du réalisateur sont intéressantes (plan séquence, un futur proche de notre réalité). Par contre, à force d’expérimentations et de références, le fils de l’homme risque de perdre son identité. J’ai estimé malgré celà que Cuaron a réussi son pari car son film m’a vraiment transporté.

Voici la bande annonce en VF et enVO

Les fils de l’homme décortiqué par Wikipédia

D’autres avis sur ce Les fils de l’homme:

premiere.fr

filmosphere

telerama

Critique - Les fils de l'homme
Alfonso Cuaron expose son Angleterre en plein déclin, il en profite pour apporter de nombreuses touches personnelles au film. La surenchère de références est à double tranchant.
Acteurs
Image et Son
Scénario
Mise en Scène
On aime
  • Les plans séquence
  • L'Angleterre en déclin
  • Michael Caine dans un rôle à contre courant
On aime moins
  • Le manque d'explication sur l'univers
  • une surenchère de références à double tranchant
4.2Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)
    • http://avisdupublic.net Camille LATOUCHE

      Y a pas à dire, Michael Caine avec des tifs, ça arrache !