Critique – Under the skin

Under the skin : des frissons à fleur de peau !

Under the skin est le tout dernier petit bijou de la science-fiction réalisé par Jonathan Glazer. Il nous raconte l’histoire d’un alien qui arrive sur terre. Sous une apparence humaine, ce dernier a pour but de séduire les hommes et de les faire étrangement disparaître…

affiche de Under the skin

Under the skin : une innovation dans le domaine de la science-fiction.

Under the skin est l’adaptation du roman : « Sous la peau » de Michel Faber. Contrairement au roman, le film ne donne aucun renseignement sur l’identité précise du personnage principal qu’incarne Scarlett Johansson (Lucy, Her). On ne connaît ni son prénom, ni son âge, ni son réel but… ? Tout se joue sur l’opinion du spectateur, et de la vision qu’à ce dernier sur le personnage. Après tout, Scarlett Johansson pourrait très bien interpréter le rôle d’un robot. C’est en se rapprochant un peu plus près du roman que l’on comprend que Laura, une extraterrestre, est venue en Ecosse pour se venger des Humains. Pour ce faire, elle charme plusieurs hommes au volant de son camion, puis les tue et les réduit à l’état de simple « enveloppe » : futur camouflage d’autres ovnis. Plutôt troublant et singulier comme trame, n’est-ce pas ? C’est surement là-dessus que s’amuse Jonathan Glazer.

Malheureusement, Under the skin est le genre de film dans lequel très peu de choses se déroulent. La mise en scène est très bien réalisée et le jeu de Scarlett Johansson est épatant ; cependant, le scénario reste vide. En effet, les scènes de charme sont répétitives et exactement identiques, un poil lassantes. A la limite du soporifique, le spectateur peut avoir l’impression d’être lui-même charmé par la belle Scarlett. Under the skin dure 1h48, et se déroule donc dans un rythme très lent. Un point si négatif ? Pas forcément. Même si l’atmosphère devient vite pesante au bout d’une heure, chaque détail comporte son importance. A la fin d’Under the skin, plusieurs questions restent en suspens et beaucoup de scènes peuvent être à analyser, lors d’un deuxième visionnage par exemple.

Under the skin : une mise en scène qui frôle la perfection !

Ce film de science-fiction reste assez atypique en son genre. Sensations de néant et de vide, dialogues quasi inexistants (principale signature de Refn): toute perception passe à travers les mouvements de caméra, l’image et le son.

Dans son camion, la silencieuse Scarlett Johansson est souvent filmée en contre-plongée, les reflets des lampadaires sur son visage parfait, là aussi à la façon de Refn et rappelant étrangement Drive. Beaucoup de plans poitrines ainsi que des plans fixes sont faits sur l’actrice ; insistant ainsi sur son regard et ses expressions faciales.

Dans Under the skin la couleur dominante est sans hésiter le noir, renforçant le côté sombre de l’histoire. Toutes les scènes se déroulent principalement dans la pénombre, où de faibles sources de lumière persistent, tel que le rouge. Beaucoup d’entre elles sont également tournées à la tombée du jour ou en pleine nuit, lorsque Scarlett Johansson est au volant de son camion, prête à charmer. Les scènes les plus perturbantes sont d’ailleurs celles de « l’acte sexuel », pour deux raisons évidentes. Premièrement, il n’y a aucune pudeur : les acteurs jouent totalement nus, et la mise à mort se déroule dans un profond désir. Ensuite, celles-ci sont filmées dans une pièce totalement noire, sans délimitations visibles, provoquant une sensation d’oppression et d’étouffement chez le spectateur. Tout ceci se déroulant dans le plus parfait des silences, ou presque… Gare à la crise d’angoisse!

l'enveloppe d'un corps dans Under the skin

une « enveloppe » humaine

Une musique, « Death » du compositeur Mica Levi, revient sans cesse tout au long d’Under the skin comme une sorte de rituel durant ces « actes sexuels ». A peine audible au début, puis de plus en plus intense et stridente, elle vient renforcer l’angoisse que nous suggère les scènes dans le noir. Aussi, « Death » rend ainsi les mises à mort des hommes encore plus poétiques qu’elles ne le sont déjà. Le son d’Under the skin joue un tout aussi grand rôle que celui de Scarlett Johansson, puisqu’il peut nous aider à saisir la véritable identité de celle-ci. En effet grâce au bruitage, nous accédons – nous spectateurs – aux perceptions de Laura. Tous les bruits de rue tels que les klaxons, sont à peine audibles, comme un bruit de fond quasi permanent, presque gênant. Ce qui rappelle aussi cette sensation d’oppression. Cette perception assez floue de l’environnement peut ainsi nous amener à nous questionner sur la nature du personnage. Aussi, on retrouve un bruit répétitif, comme des bruits de grosse caisse sur une batterie : serait- ce le rythme cardiaque de l’extraterrestre ? En tout cas, avec Under the Skin, celui du spectateur pourrait sans doute bientôt s’accélérer…

Scarlett Johansson, une veuve noire plutôt sexy dans Under the skin.

Inutile de préciser à quel point le jeu de Scarlett Johansson est époustouflant dans Under the skin ! Dans le rôle d’ovni, elle ne laisse passer aucune émotion, comme si un mur bloquait toute faiblesse dans son jeu. Stoïque, froide et suscitant la peur, elle remplit à merveille son rôle de dominatrice au près des hommes.

La belle use de son charme surnaturel pour appâter ceux-ci, et les faire succomber dans leurs vices premiers : leurs pulsions sexuelles. Comme il est dit plutôt, le corps de l’actrice nous est intégralement dévoilé à la caméra. De quoi en faire chavirer plus d’un. Mais pour une fois, les rôles sont inversés : la femme s’attaque aux hommes. Ici, Scarlett Johansson peut être assimilée à une sirène qui charme les marins, ou à une mante religieuse qui dévore son « amant » pendant la relation sexuelle, tout comme la veuve noire. Avec sa petite pointe de rouge sur le dos, cette dernière est tout à fait assimilable aux sous-vêtements noirs et au rouge à lèvre couleur sang que porte Scarlett Johansson. Et ses cheveux d’un ton corbeau ne font qu’amplifier cette belle comparaison.

Scarlett Johansson dans Under the skin

Tout au long d’Under the skin, on peut voir que le personnage de Scarlett Johansson évolue. Au début, cette dernière n’éprouve aucune émotion, ni douleur. Puis on observe qu’au fur et à mesure, aussi étrange que cela soit-il, l’alien s’humanise. Elle ressent de toutes nouvelles sensations : le vertige, la peur, mais aussi le désir et la fatigue. Beaucoup de plans fixes insistent sur cette transformation : notamment ceux du miroir. A certains moments, Glazer passe de longues minutes à filmer le personnage qui se découvre, qui touche son tout nouveau corps, comme une petite fille.

En somme, l’innovation dans la mise en scène, vient renforcer la singularité du film. Et même si Under the skin a eu plus de succès auprès de la presse qu’auprès des spectateurs, il reste un film « à voir », un incontournable dans le genre du surréalisme. Du grand Art !

 Voici une autre critique d’Under the skin.

Critique - Under the skin
Malgré un scénario assez bateau, Under the skin s'inscrit dans le monde du cinéma avec une mise en scène virtuose!
scénario
mise en scène
acteurs
image et son
On aime
  • Scarlett Johansson
  • La couleur dominante qui est le noir
  • Une musique très angoissante
On aime moins
  • Un scénario vide et trop répétitif
  • Rythme trop lent qui peut gêner
3.7Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)