Critique – Until Dawn

SuperMassive Games est de retour dans le monde du jeu vidéo avec leur première grosse production, Until Dawn. Un jeu inspiré par la nouvelle tendance vidéo-ludique, le film-interactif.

Grandement à la mode ces derniers temps, les films-interactifs comme Farenheit, Heavy Rain, Life is Strange, ou The Walking Dead se multiplient au fil des mois. Until Dawn est donc le nouveau né de cette mode. Initialement prévu pour être un FPS sur Playstation 3, Until Dawn change complètement de direction après que l’équipe de SuperMassive Games ait rencontré le patron de Quantic Dream. Il décide de suivre les conseils de David Cage et de créer un jeu avec les codes du monde du cinéma notamment celui des slasher movies et tout ça pour la dernière console de Sony, la Playstation 4.

Affiche du jeu Until Dawn

Le contexte

Pour remettre un peu dans le contexte du jeu, vous incarnez 8 jeunes étudiants avides de sexe et de sensations fortes. Ils se rejoignent tous dans un chalet situé sur le mont de Blackwood Pines, pour rendre hommage à leurs amies disparues en ce même lieu il y a tout juste un an. Malheureusement un tueur traîne dans les parages…

La vie de nos 8 héros est donc entre nos mains. Ou plutôt entre nos choix, puisqu’ici, ce sont nos actions qui feront en sorte que nos personnages restent en vie ou non durant l’aventure. Vous pouvez donc finir le jeu avec les 8 personnages vivants ou, au contraire, les avoir tous perdus. Tout est possible et c’est ce qui rend le concept intéressant.

Le gameplay

En dehors des choix, le gameplay se rapproche fortement des premiers Resident Evil ou encore d’Obscure. C’est à dire que l’on déplace nos personnages avec le joystick de gauche et qu’on bouge notre lampe torche avec celui de droite. Il faut savoir que la lampe torche est aussi contrôlable en bougeant la manette. Les contrôles sont donc plutôt bien sentis et les phases d’explorations sont plus qu’agréables, notamment grâce aux nombreux plans fixes ou travelling mettant en avant toute la beauté des décors enneigés.

Dans ces phases d’explorations, vous pouvez trouver de nombreux objets à collecter qui étofferont l’intrigue, notamment des indices sur le passé de ce lieu ou sur les deux amies disparues.

Mais pas que, puisqu’il permet aussi de trouver des totems. Ces totems servent à aiguiller le joueur grâce à de brefs flash-fowards qui vous montreront un avenir possible.
L’idée est bonne mais, malheureusement, ça peut gâcher le plaisir de découverte. Certains totems influencent beaucoup trop le choix des joueurs.

until dawn ash

Le jeu d’acteur

Le jeu est très proche d’un long métrage, et pour l’être encore plus, Until Dawn, à l’image d’un Heavy Rain, est aidé par un casting de comédiens plus ou moins connus comme Hayden Panettiere (Heroes), Peter Stormare (Fargo) et Rami Malek (State of Grace). Ce qui permet d’avoir un véritable jeu d’acteur, puisque le tout est fait par motion capture. Le jeu d’acteur est donc réussi. Surtout grâce aux expressions faciales assez étonnantes, même si parfois elles paraissent beaucoup trop prononcées. Malheureusement, tout n’est pas réussi, puisque certaines animations paraissent très raides comme les sauts. Mais dans l’ensemble ce n’est pas très gênant.

Qui dit jeu d’acteur, dit aussi doublage. Pour ce qui est du doublage anglais, c’est un quasi sans faute, et c’est normal, puisque le lypsing est fait directement avec le motion capture. Par contre pour ce qui est de la version française, même si elle reste appréciable, elle est moins glorieuse, surtout dans les premières minutes.

Le scénario

Le scénario n’a rien d’extraordinaire, il peut même s’avérer un peu tiré par les cheveux à certains moments. Mais le plus important ce sont les personnages. Des personnages qui grâce à nos choix deviennent de plus en plus attachants. Les 8 ados évoluent vraiment au fil de l’histoire. Au début ce sont des jeunes cons qui aiment se faire peur, parler de sexe et s’engueuler à la moindre occasion. Puis peu à peu, avec les événements, les personnages prennent sur eux, évoluent psychologiquement, et deviennent de véritables guerriers ou des lâches (en fonction de vos choix). Ils tiennent à leurs vies et ça se sent.

Malheureusement, certains personnages sont beaucoup trop mis en avant alors que d’autres comme Matt sont mis de côté. On aurait aimé suivre sa quête un peu plus.
Autre point négatif, c’est qu’à certains moments de l’intrigue, des éléments peuvent paraître sortis de nulle part. En fait, le tout s’explique dans un petit DLC. Si on ne l’a pas, on passe à côté de ces détails. Le DLC introduit également un peu plus les personnages d’Emily & Matt. Des personnages trop absents dans la version originale. C’est vraiment bête d’enlever une partie du scénario pour en faire un contenu bonus.

until dawn matt emily

Les graphismes & la bande-son

Pour en revenir sur les graphismes, à part quelques arrière-plans qui détonnent, le jeu est très beau. Les décors sont fouillés et le level design est crédible. On retrouve à peu près trois types de décors. L’intérieur du chalet, la montagne enneigée et les souterrains. Le tout se diversifie assez pour ne pas s’ennuyer un seul instant.
Comme dit plus haut, les expressions de visages sont réussies, même si parfois elles sont trop exagérées. Les textures et les détails sur les vêtements sont impressionnants et certaines parties de l’anatomie humaine n’ont jamais été aussi bien modélisées que dans ce jeu. C’est un détail… mais qui à toute son importance.

Pour la bande-son, c’est réussi. Il n’y aucun problème de ce côté là. Les bruitages comme les pas dans la neige sont bien retranscrits, les musiques nous font rentrer dans l’univers et les sons d’ambiances amènent une petite dose de stress.

Un jeu d’horreur ?

Pour ceux qui recherchent un jeu effrayant passez votre chemin. Moi qui suit plutôt du genre à sursauter toutes les 5 minutes ou à être sous pression pendant que je visionne un film d’épouvante, ici, je n’ai jamais eu réellement peur. Pourquoi ? Le type de jeu fait que l’on subit ce qui nous arrive, c’est inévitable, donc la sensation de danger ne se fait pas toujours sentir, même si certains moments se révèlent plus stressants que d’autres. Ce sont souvent les passages les plus prenants d’ailleurs. Ensuite, il y a trop de jumpscares (pas très efficace), ou de plans montrant que l’on est observé, et ça dès les premières secondes. A force de savoir que l’ennemi est proche de nous, la pression redescend.

Les influences

En dehors d’Heavy Rain, ou de la série Resident Evil, Until Dawn s’inspire de nombreux films d’horreur. Pour les fans de ce genre, vous allez être satisfaits, puisque les clins d’œils se font nombreux. Entre La cabane dans les bois, Saw, The Descent ou encore Paranormal Activity, vous allez être servis. Tous les genres d’épouvante sont présent dans ce Until Dawn.

La durée de vie

Le jeu dure entre 6 ou 7 heures si vous le parcourez normalement. C’est à dire sans trop tracer et en vous arrêtant de temps en temps pour fouiller les recoins cachés des environnements. Si vous voulez attraper tous les objets à collecter vous pouvez rajouter une ou deux heures de jeu.
Malheureusement une seconde partie n’apporte pas grand chose. Malgré les différents choix on retombe souvent sur ses pattes. Il faut savoir qu’on influence surtout sur la mort ou non de tel ou tel personnage à tel ou tel endroit. Mais le scénario reste le même. Les étapes de parcours également. J’ai trouvé les changements bien trop minimes entre mes deux parties. De toute façon ce type de jeu se vit qu’une seule et unique fois puisque la première fois est votre propre histoire.

Critique - Until Dawn
Encore une réussite dans le monde du film interactif. Until Dawn n'aura pas de mal à se ranger aux cotés des œuvres de David Cage.
Gameplay
Graphismes
Bande-Son
Ambiance
Durée de vie
On aime bien
  • La beauté des décors
  • Nos propre choix
On aime moins
  • Le DLC
  • Une fois fini, le jeu va directement au placard
3.7L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)