Capucine – Blaise Hofmann

Capucine par Blaise Hofmann redonne vie à l’actrice hollywoodienne des années 50 et 60. Notre avis sur la biographie sortie aux éditions Zoé.

Germaine Lefebvre ou bien Germaine Hélène Irène Lefebvre alias Capucine, Cappy ou Cap. Qui est-ce? Un mannequin parisien, une star hollywoodienne. L’actrice française qui était amie d’Audrey Hepburn et a joué dans nombreux films hollywoodiens parmi lesquels La Panthère rose. Si, sans doute, l’écart de génération excuse mon ignorance de son nom ou de son pseudonyme d’actrice, le roman biographique Capucine de Blaise Hofmann commença par la lecture d’une page blanche – sans attentes ou avis particuliers et sans préjugés.

Nous découvrons une biographie inhabituelle.

Il ne s’agit pas d’une biographie tout à fait classique où l’on raconte la vie d’une personne de sa naissance à sa mort essayant de recréer son monde intérieure avec ses motivations, pensées, émotions et sentiments. Ce n’est pas une biographie qui permet au lecteur de se plonger dans le monde intérieur du personnage esquissé et s’identifier à lui. Au niveau de la structure, ce roman ressemble à un dossier d’écrivain que l’auteur rassemble pendant le travail de recherche précédant l’écriture et qui, d’habitude, ne parvient pas aux lecteurs. Le récit sur la vie de Capucine s’alterne avec des extraits des articles de journal, des lettres, des souvenirs de tierces personnes et les passages qui nous révèlent le travail de recherche et des efforts de l’auteur pour suivre son héroïne. Blaise Hofmann entrouvre la porte à l’atelier de l’écrivain et nous laisse jeter un coup d’œil à sa méthode de travail.

Capucine Blaise Hofmann blivre couverture Zoe

Une relation avec le lecteur altérée

En revanche, ce style d’écriture nous éloigne davantage de Capucine qu’il ne nous en rapproche. Elle reste distante : pas seulement dans le temps, mais aussi dans ses envies, ses souhaits, ses désirs, ses aspirations, ses joies, ses misères, ses souffrances… On ne ressent pas son intérieur, elle reste inapprochable. Cela a sans doute été l’intention de l’auteur : ne pas lui attribuer des pensées et des sentiments qu’elle n’a peut-être jamais vécus, ne pas créer une biographie lisse où tous les vides sont remplis et où toutes les questions ont une réponse. Comme il est impossible de savoir comment elle pensait vraiment, l’auteur a préféré la peindre telle qu’elle apparaissait aux autres, au monde. On sent aussi que l’auteur se questionne sur le genre dans lequel il écrit : il se demande quels sont ses droits d’aborder  cette actrice qui n’est plus parmi nous et avec qui il n’a aucun lien.

Parallèlement à la question de distance, se pose la question de l’oubli. « Qui se souvient encore de Capucine ? » se demande l’auteur en cherchant ses traces à Saumur où elle a passé son enfance – rien ne l’indique. La même question se pose à la fin de sa carrière d’actrice. Le monde du cinéma hollywoodien est ingrat et Capucine ne s’est laissé approcher par personne. Malgré ses conquêtes, elle n’a pas réussi à construire des relations durables. Il ne lui reste que la solitude et les souvenirs. D’où l’oubli.

Il ne reste plus qu’à espérer que le roman de Hofmann parvient à sortir Capucine de cet oubli et nous fera découvrir ou redécouvrir cette femme qui s’est écrit dans l’histoire du cinéma.

Si vous voulez en savoir plus sur Capucine de Blaise Hofmann, je vous propose les liens suivants :
http://www.editionszoe.ch/livre/capucine
http://litterature-romande.net/capucine-blaise-hofmann/

Capucine - Blaise Hofmann
Capucine de Blaise Hofmann reste une lecture intéressante.
Style
Histoire
Personnages
On aime bien
  • Le style réfléchi de l'auteur
On aime moins
  • Le manque de points d'identification avec l'actrice
2.9L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)