Critique – NoBank – Hugues Le Bret

En ces temps de crise, rien de tel qu’une critique bien placée sur la banque pour garder le moral. NoBank, une solution pour beaucoup de laissés-pour-compte.

228 pages nous mènent du passé des fondateurs à l’avènement d’un projet ambitieux et difficile pour offrir un compte bancaire à 5 millions de personnes potentielles minimum, la quatrième de couverture de ce livre fait rêver. Avant même sa lecture, j’ai envisagé plusieurs idées qui seraient développées dans NoBank : une investigation menée tambour battant par quelqu’un du milieu, la façon dont le système bancaire se prémunit contre ceux qui veulent casser les codes (un peu à la manière de Free dans les télécoms). Hugues Le Bret est un ancien de Boursorama et de la Société Générale, l’immersion peut être totale.

Couverture du livre NoBank par Hugues Le Bret

On passe à côté d’un sujet prometteur

Comme le titre l’indique, de la page 1 à 118, le sujet est évité. Pendant une cinquantaine de pages, l’auteur ne nous parle pas du projet NoBank mais de la création de son livre. A terme on comprend finalement qu’il ne s’agit pas du présent ouvrage mais du précédent. Ça commence avec son parcours qui pourrait être intéressant s’il n’était pas survolé et de ce que j’appelle sa crise de la cinquantaine, le fait qu’il choisisse la publication de son livre qui lui tient « aux tripes » plutôt que son avenir dans le métier. Pour les défenseurs, cela semble beau, comment un homme comme lui préfère la vérité à son boulot. Mais pour ma part, on frôle le ridicule, notamment les passages qui parlent de publication de livre, de vérité et de « les Français doivent savoir ».

Dans cette première partie de NoBank, on suit aussi la vie de Sakina et Heddi Boulanouar. On suppose ce dernier comme étant son associé à NoBank. Cependant après une trentaine de pages, il s’avère que l’on a mangé la vie de ce couple qui a quitté l’Algérie après la guerre, passé sur leurs déboires en France et même la manière dont ils ont retapé une maison, pour que finalement ce soit leur fils le fameux associé dans NoBank.

Avec de tels Cliffhangers et retournements de situation, le lecteur se dit deux choses. Premièrement qu’il a perdu un temps fou et deuxièmement que Mr Le Bret n’avait tellement rien à dire sur le sujet qu’au final il a dû meubler pour que NoBank dépasse 100 pages.

Le point positif reste une partie de la narration entre le rejet des anciens collaborateurs de Hugues Le Bret, son acharnement à remonter en selle et sa dévotion concernant ce projet innovant.

Une prose qui plombe l’ambiance

Petit aparté concernant la prose de l’auteur. C’est imbuvable, le texte est débité comme il parle et, entre les successions de listes indigestes et les détails superflus et/ou inutiles, l’exemple qui suit est représentatif de la prose de NoBank.

« Sakina a tenu à me préparer un couscous algérien, un vrai. Semoule cuite à la vapeur, légumes frais coupés en tronçons pour éviter qu’ils ne s’écrasent. Cuisson dans une marmite, court-bouillon. Huile d’olive et épices. Pois chiches. »

Le livre tourne en rond car à la fin on reparle de la jeunesse et de l’enfance de Ryad (l’associé de Hugues Le Bret), le problème étant que cela se superpose en partie avec ce qui est écrit au début de NoBank.

Clairement, Hugues Le Bret n’est pas fait pour écrire et c’est avec peine que j’ai terminé son livre. Même si NoBank n’a pas vocation à instruire, il devait être un ouvrage vulgarisé et, au final, il est un ouvrage écrit comme celui de Mme Trierweiler : j’écris comme je parle et j’ajoute deux mots snob pour dire que je suis encore dans le coup.

Les intervenants du livre NoBank

Le livre tourne surtout autour de l’auteur, mais aussi de Sakina, Heddi et Ryad Boulanouar, les parents du dernier, les 3 autres fondateurs du projet ont un petit paragraphe sur leur vie mais les trois premiers ont respectivement 40% et 30% du livre qui leur est consacré. Non pas que leur vie soit inintéressante, mais NoBank ne devrait pas avoir vocation à tant en parler et le rythme du livre en pâtit lourdement.

Dès que l’on attaque la dernière partie de NoBank, tout devient une succession de noms avec quelques mentions comme « un des premiers investisseurs de Meetic », c’est anecdotique mais tellement inutile : soit il introduit ces personnes correctement car elles parlent au lecteur, soit il laisse tomber.

Conclusion

Au final NoBank traite de son précédent livre, le fait qu’il l’ait publié envers et contre tous avec sa campagne de presse, sa déchéance et sa traversée du désert avant de rebondir avec le projet NoBank et d’une société qu’il monte. Comme le livre est court et qu’il n’y a que 228 pages, il survole les sujets intéressants, je note surtout que le titre et le sujet du livre sont mal choisis. NoBank s’arrête avant les premiers résultats de leur aventure et c’est assez frustrant même si une recherche internet permet de le voir de l’extérieur.

Voici deux critiques parues sur ce livre ici et ici.

Critique - NoBank - Hugues Le Bret
NoBank est un livre décevant car on passe à côté du sujet. Des descriptions inutiles, la vie de certaines personnes passées au crible sans comprendre pourquoi. Bref, la moitié du livre est à jeter et l'autre moitié n'est que médiocre.
Style
Personnages
Univers
On aime
  • La lutte acharnée pour leur projet
On aime moins
  • La prose
  • Le sujet trop peu traité
  • Le manque d'immersion dans l'univers bancaire
1.9L'avis
Note des lecteurs: (2 Votes)
  • Titre : No Bank
  • Année de sortie : 2013
  • Maison d'édition : Les Arènes
  • Auteur : Hugue Le Bret
  • Nombre de pages : 228