Critique – Presagio – Andrea Molesini

Presagio d’Andrea Molesini : critique d’un récit d’une morne tristesse.

Presagio est le second roman paru en France d’Andrea Molesini, un romancier italien dont le premier roman Tous les salauds ne sont pas de Vienne a remporté un vif succès dans son pays. Une plongée dans les mœurs de la Belle Époque en juillet 1914 au moment où le monde s’apprête à basculer dans la guerre. Une intrigue amoureuse. Tous les éléments d’une belle lecture sont en place dans Presagio. Mais tient-il toutes ses promesses?

 

Couverture du livre d'Andrea Molesini Presagio

Une histoire mille fois racontée

Combien de romanciers ont déjà, et avec un grand talent, décrit le crépuscule de cette société aristocratique qui arrive à bout de souffle, au bord du gouffre durant cet été 1914 : on pense à Sandor Marai, Stefan Zweig ou à Italo Svevo…. Alors ce récit qui se passe à l’Excelsior dont le directeur Niccolo Spada veille sur ces clients fortunés avec un soin méticuleux, dans lequel gravite notamment la marquise Maragerethe von Hayek, éternelle croqueuse d’hommes, on semble l’avoir déjà lu et relu. L’imminence de la guerre, la facilité rétrospective de dire qu’une société s’effondre et qu’un monde nouveau émerge est une ficelle d’autant plus grosse que Presagio l’utilise sans vergogne et avec un sentiment d’autosatisfaction déplacé.

Un style rarement original

Presagio aurait pu, malgré la redondance du sujet, trouver un angle d’attaque original. Mais la personnalité troublante de la Marquise von Hayek reste trop peu décrite dans ses contradictions profondes pour attirer le lecteur et laisser présager un de ces portraits de femme dont la littérature regorge. Là, on reste dans l’antichambre de ses étreintes amoureuses, dans la salle d’attente de ses obscures pulsions. Et comme le style reste tout de même assez classique et convenu, on se demande encore ce que Presagio peut apporter à ses futurs lecteurs, même si une intrigue se met péniblement en place à la page 65 du livre (quasiment en sa moitié). C’est donc l’ennui qui guette le lecteur, un peu à l’image de cette aristocratie languissante qui assiste à sa propre fin.

Un autre avis sur Presagio sur italieparis.net.

Critique - Presagio - Andrea Molesini
Presagio raconte la vie des pensionnaires cosmopolites de l'Excelsior quelques jours avant le déclenchement de la première guerre mondiale. Ennuyeux!
Histoire
Style
Personnages
On aime bien
  • Margarete von Hayek
On aime moins
  • Le style
  • L'histoire
1.6L'avis
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