Marcus Miller – Afrodeezia

Afrodeezia, un hommage à l’Afrique par un des mieux placés pour parler de groove : Marcus Miller.

Marcus Miller, fils spirituel de Miles Davis, sort Afrodeezia, un hommage à l’Afrique trois ans après le gros succès de Renaissance. A cette occasion est également annoncé un documentaire rétrospectif de la carrière d’un des plus grands bassistes de tous les temps.

Dans le milieu, c’est bien simple, Marcus Miller fait partie de ces musiciens dont la seule évocation de leur prénom suffit pour savoir de qui on parle. Il se définit comme un musicien de funk avec une énorme connaissance du jazz. Sa carrière commença dans les années 80, lorsqu’un certain Miles Davis le prit sous son aile, détectant son potentiel, et en fit un de ses disciples. Marcus en a toujours une énorme reconnaissance, en revendiquant que c’est Miles Davis qui lui appris à créer son propre univers : « Quand on est musicien de studio à New York, il faut savoir tout jouer. Mais j’étais bien conscient que pour être digne de Miles, je devais trouver quelque chose de nouveau. Je ne voulais pas jouer comme un autre bassiste » déclarait-il dans une interview du Point. Marcus lui composa d’ailleurs un album et collabora presque dix ans avec lui, comme plusieurs autres jeunes musiciens de l’époque (dont John Scofield).

Image de la critique de l'album Afrodeezia (Marcus Miller)Depuis cette époque, il ne cessa d’inspirer le respect de tous ses pairs et pères, de par ses projets solos, ses collaborations très nombreuses (David Sanborn, Aretha Franklin, George Benson, Eric Clapton, Quincy Jones, etc…) et ses interprétations d’univers musicaux très différents, allant de Jimi Hendrix à Beethoven. C’est au fil du temps qu’il affina son propre style, un jazz fusion (initié notamment par Miles Davis) parfois très proche du funk voire rock dans le son, et d’autres fois beaucoup plus lyrique et progressif. Il est aujourd’hui considéré quasi-unanimement comme un des meilleurs musiciens de groove du siècle, de par sa précision et sa technique.

Récemment nommé artiste de l’Unesco pour la paix et porte-parole du projet La Route de L’esclave, Marcus décida donc de rendre hommage à l’Afrique dans Afrodeezia et de s’inspirer de tous ses voyages et collaborations sur le continent qui est pour lui « la source des rythmes et qui font la richesse de notre héritage musical ». Il s’en ressent tout au long de l’album, mais on sait que c’est du Marcus, car peu d’artistes sont capables de rendre un album aussi riche d’influences et aussi cohérent à la fois. On y trouve un jazz parfois très « smooth », et d’autres fois beaucoup plus groovy, comme avec la reprise de The Temptations « Papa Was A Rolling Stones ». Tout l’ensemble étant en soi très axé jazz, mais des rythmes, des chants, des airs, nous évoquent de façon plus ou moins subtile, le continent africain. Si le style de Marcus est parfois très calibré, jazz oblige, il devient également très instinctif, propre au funk, et c’est là qu’il est le meilleur. Afrodeezia tend moins vers cela, à cause (ou grâce) aux rythmes et sonorités purement africaines qui habite cet album. C’est ce qu’on pourrait éventuellement regretter, mais c’est aussi cela qui était recherché.

Marcus Miller - Afrodeezia
Un album peut-être moins efficace que précédemment, mais très propre et qui a sa propre personnalité.
Compositions
Arrangements
Ambiance
On aime
  • Beaucoup de couleurs
  • Propreté globale
  • La basse
On aime moins
  • Moins groovy?
3.8Note Finale
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