Zaz – Paris

Paris réussi pour Zaz ?

Seulement une année s’est écoulée depuis la sortie du second album solo de Zaz intitulé Recto Verso, et elle nous revient avec un album de reprises sur la ville de Paris, et intitulé fort judicieusement Paris. Qu’avons-nous pensé de cet album ?

zaz paris

Un album de reprises de vieux standards, c’est la mode me direz-vous ? C’est vrai, si l’on se souvient du Petit Bal Perdu réalisé il y a quelques mois par Sanseverino, non sans talent, entrain et inventivité. Zaz se frotte ici à un panel de chansons populaires faisant référence à la capitale, et nous rappelle que l’exercice est plus périlleux qu’il n’y paraît. Comme quoi, reprendre des chansons existantes, ce n’est pas du chiqué, cela demande un minimum de réadaptation… Ce que je déplore, et qui transpire de ses interprétations, c’est justement qu’elle ne semble nullement s’être approprié les titres de Paris.

Cet album est remuant, enjoué, rythmé… et à mon sens vraiment too much. Zaz en fait des caisses et surchante. Ce trop-plein d’entrain est souligné par sa voix –qu’on l’aime ou non- stridente, au point de massacrer les Champs Elysées de ce cher Dassin, toujours dans une surenchère vocale totalement inappropriée. Et ce n’est pas jojo. N’y avait-il pas, selon les propres dires de Zaz, une forme de légèreté à Paris sous l’occupation ?

Lors de ses duos, le contraste est troublant avec un Thomas Dutronc qui semble autrement plus concerné par la chanson, ou avec un Charles Aznavour nettement plus sobre et en place. La chanteuse se noie dans des vocalises, sans vraiment respecter les œuvres originales. Entendons-nous bien : respecter une œuvre musicale, ce n’est pas faire du copier-coller, c’est la visiter sous un autre angle, mais en conservant l’esprit que l’auteur a su y insuffler. Là où Zaz reproduit et caricature, Sanseverino retravaille, réinvente, dans le respect de l’œuvre. Deux démarches opposées nous sont proposées, et pas de chance pour Zaz, il n’y a pas photo entre celles-ci.

Maigre consolation sur cet album, l’orchestration jazz et les arrangements sont assez bons, entraînants, nous rappelant que Quincy Jones a œuvré sur l’album. Mais aussi génial soit l’arrangeur, il ne sauvera pas Paris du naufrage annoncé.  Fluctuat nec mergitur ? Pas si sur…

Zaz – Paris
Zaz nous fait passer un sale quart d'heure, dans un album difficile à terminer
Composition
Arrangements
Ambiance
On aime
  • Certains arrangements de Quincy Jones
On aime moins
  • Les interprétations de Zaz
  • Les Champs Elysées, un massacre
1.8Note Finale
Note des lecteurs: (5 Votes)
  • Anonyme

    pourquoi « avisdupublic » ?
    Au vu des articles de T Cocaire « réglementdecomptes » ou « problèmesdigestifs » semblerai un nom plus approprié.

    • http://www.avisdupublic.net Thibaut COCAIRE

      Merci pour ce commentaire courageux et constructif. Je tiens à rappeler qu’avisdupublic.net est un site sur lequel on publie des critiques (par définition subjectives) sur au sujet des oeuvres que l’on découvre au fil des jours. Il est donc normal de tomber parfois sur des choses décevantes, cela fait partie du jeu.
      Je constate que sur ce papier, vous avez pris soin de ne surtout pas parler du sujet de l’article en question. Si d’aventure vous aviez un avis sur cet album, il serait d’avantage le bienvenu que ce règlement de comptes à mon encontre, le seul que je vois ici.
      En ce qui concerne les règlements de comptes justement, je constate également que vous n’avez de mes critiques qu’une vision très biaisée, car sur le nombre d’articles que j’ai publié ici, il ne m’est que rarement arrivé de donner un avis si sévère que celui-ci.