Critique – Unbreakable Kimmy Schmidt – Saison 1

Unbreakable Kimmy Schmidt est la nouvelle série comique de Netflix, produite par Tina Fey et Robert Carlock. Ratage ou réussite? Verdict dans cette critique de la saison 1 !

Kimmy Schmidt (Ellie Kemper aussi vue dans The Office) est une jeune femme de 29 ans qui vient de passer 15 ans enfermée dans un bunker en Indiana. Elle y était retenue prisonnière avec trois autres femmes par un gourou (incarné par Jon Hamm, fameux Don Draper de Mad Men) qui leur faisait croire que le monde extérieur avait succombé à l’Apocalypse. Enlevée alors qu’elle n’était qu’une adolescente et récemment libérée de l’emprise sectaire par une unité du Swat, Kimmy Schmidt décide de vivre sa vie et de tout redécouvrir en s’installant à New York. Très vite, elle se met en colocation avec Titus Andromédon (Tituss Burgess), un comédien-chanteur gay qui n’a de cesse de rechercher le succès par tous les moyens possibles. Kimmy, qui ne veut pas faire étalage de son passé de « femme-taupe », se trouve également un job de femme à tout faire dans une riche famille de Manhattan régie par Jacqueline Voohres (Jane Krakowski, vue dans Ally McBeal ou 30Rock), une femme totalement barrée. Entourée de personnages aussi déjantés les uns que les autres, notre Unbreakable Kimmy Schmidt  (« incassable Kimmy Schmidt ») va reprendre sa vie en main, avec le sourire et l’envie qui la caractérise.

Affiche de la saison 1 d'Unbreakable Kimmy Schmidt

L’Unbreakable Kimmy Schmidt découvrant New York

Disons le tout de suite, Unbreakable Kimmy Schmidt est une série humoristique bien qu’avec un tel synopsis on aurait tout autant pu en faire une série dramatique. La série se place d’ailleurs naturellement sous le signe de l’humour puisqu’une des co-créatrices du show n’est autre que Tina Fey, la célèbre scénariste et comédienne qui a fait ses armes sur l’émission humoristique américaine du Saturday Night Live avant de jouer dans la sitcom 30Rock qui a duré pas moins de 7 saisons. Notons également qu’Unbreakable Kimmy Schmidt est un projet qui a été abandonné par NBC et que Netflix a repris à son compte.

Unbreakable Kimmy Schmidt ou l’art de la caricature et du cliché

Ce qui frappe d’emblée dans Unbreakable Kimmy Schmidt (hormis son nom à rallonge), c’est l’usage de la caricature et d’une apparente naïveté. En effet, la série nous présente des personnages complètement caricaturaux. Dans un premier temps, nous avons Kimmy, petite brunette aux allures de gamine avec son sac à dos et ses vêtements aux couleurs criardes qui sourit tellement qu’on croirait visionner une perpétuelle pub pour Freedent. Kimmy est une bouffée d’optimisme naïve qui s’émerveille de tout, sourit de tout, tout le temps, à tel point que c’en devient extrême. Si Ellie Kemper souhaitait muscler ses joues, c’est réussi. Son colocataire Titus est le stéréotype de l’homme gay, qui n’arrive pas à percer en tant qu’acteur et chanteur. Il en fait des tonnes en permanence. Kimmy Schmidt travaille pour Jacqueline, la femme d’un homme riche de Manhattan. Jacqueline est quelqu’un que l’on pourrait qualifier d’hystérique et qui tombe dans tous les clichés de la femme nantie américaine. C’est d’ailleurs un rôle qui convient parfaitement à l’actrice Jane Krakowski qui semble abonnée à ce genre de personnages très décalés. Venons en maintenant à la Lilian, la propriétaire de l’appartement dans lequel vivent Kimmy et Titus. Lilian est une junkie à la moralité douteuse. Vous l’avez deviné, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit là aussi d’un personnage complètement barré… et génial. Les traits des protagonistes sont très prononcés, ils sont exagérés. Unbreakable Kimmy Schmidt ne fait pas dans la subtilité et verse parfois tellement dans le « trop » qu’il n’est pas évident d’adhérer immédiatement à la série. Les personnages ont des traits tellement caricaturaux que l’attachement pour eux ne se produit pas instantanément.

Une série qui ne fait pas mouche tout de suite

Le premier épisode d’Unbreakable Kimmy Schmidt est particulièrement déroutant. Il faut appréhender cet univers où rien ne semble avoir d’épaisseur ni de profondeur. Tout semble superficiel. La vie est perçue comme quelque chose de simple et de coloré, on ne s’attarde pas sur des questions profondes, rien ne semble être pris au sérieux. Dans Unbreakable Kimmy Schmidt, le réalisme n’est pas de mise. La série baigne dans un arc-en-ciel de couleurs reflétant ainsi la vision neuve que Kimmy Schmidt pose sur le monde en opposition à l’aspect grisâtre et terne de son passé de femme-taupe. Pas simple pour le spectateur d’adopter une vision aussi naïve de notre société moderne. Dans le premier épisode, la question de la libération du bunker et du choix de Kimmy de vivre sa vie à New York sont des sujets traités avec une grande rapidité. Unbreakable Kimmy Schmidt se concentre très rapidement sur l’après-bunker, quand Kimmy s’évertue à retrouver une vie normale, loin de la secte et des médias. C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire sur l’ensemble des aventures de Kimmy Schmidt : le concept du bunker et de l’enfermement est finalement assez peu exploité. On ne sait jamais vraiment ce qui s’est passé durant ces 15 années souterraines. Des bribes peu significatives nous sont révélées. Il y a un réel manque, on aimerait en savoir plus et lever le voile sur ce mystère.

D’une manière générale, les premiers épisodes ne sont pas probants. Non seulement parce que les personnages sont extrêmement caricaturaux et manquent d’épaisseur comme nous l’avons vu, mais également parce que ce qui se veut être de l’humour ne fait pas vraiment rire. Il y a un réel manque de subtilité qui nuit à l’ensemble. De plus, l’univers de Kimmy Schmidt baigne dans une légèreté trop prononcée. Ce n’est qu’en avançant que la série démontre son potentiel. Les personnages deviennent plus attachants et touchants, l’humour fonctionne mieux… En quelques épisodes, Unbreakable Kimmy Schmidt atteint une vitesse de croisière et rend accro. Mieux dosés, les clichés, la folie des personnages, les situations et les gags finissent par amuser. La série parvient également à nous livrer des gimmicks, des moments cultes et des chansons difficiles à oublier. C’est notamment le cas de l’improbable clip « Peeno noir » de Titus qui vaut le détour ou du générique avec son air entêtant. En fin de saison, Unbreakable Kimmy Schmidt atteint même une dimension nouvelle lorsque vient l’heure du procès du gourou de la secte. Saluons d’ailleurs la prestation remarquable de Jon Hamm en tant que prêcheur de l’Apocalypse au charme irrésistible. Loin de son rôle du mystérieux et indéchiffrable Don Draper de Mad Men, Jon Hamm joue la comédie à merveille. Les derniers épisodes de la saison sont les meilleurs non seulement grâce à sa prestation mais aussi parce qu’il y a enfin un véritable enjeu. Qui du pasteur ou des victimes l’emportera dans ce procès grotesque?

Un humour décapant

Unbreakable Kimmy Schmidt est une série plus profonde qu’il n’y paraît. En effet, sous couvert d’un humour basé sur la caricature et d’une apparente légèreté voire naïveté, Unbreakable Kimmy Schmidt n’hésite pas à se montrer piquante envers divers sujets. Elle dénonce beaucoup et n’épargne personne. Tout le monde en prend pour son grade, que ce soient les riches, les avocats, les adolescents… Tous les petits travers de la société passent sous la loupe de Tina Fey et Robert Carlock. C’est assez jouissif. Au final, l’aspect grossier qui frappait dans les premiers épisodes ne dessert plus la série et finit par convaincre et même à faire rire. La caricature et les clichés contenus dans la série permettent de faire ressortir les défauts et les excès du monde. Essai transformé, Unbreakable Kimmy Schmidt remplit son objectif comique.

Pour conclure, Unbreakable Kimmy Schmidt est une série fraîche et drôle qui se regarde très rapidement puisqu’elle n’est composée que de 13 épisodes, ce qui laisse un goût de trop peu. Tout au long de la première saison, la série effectue une montée en puissance significative qui en fait un objet finalement assez sympathique et divertissant avec son atmosphère colorée, survitaminée et très rythmée. Une deuxième saison devrait voir le jour prochainement, nous nous retrouverons donc bientôt pour la critique du second volet des aventures de Kimmy.

Pour en savoir plus sur Unbreakable Kimmy Schmidt :

Critique - Unbreakable Kimmy Schmidt - Saison 1
Unbreakable Kimmy Schmidt met quelques épisodes avant de convaincre mais elle s'avère finalement être une série drôle et rafraichissante. Divertissant !
Scénario
Personnages
Acteur
Image et son
On aime bien
  • La prestation de Jon Hamm dans le rôle du pasteur
  • L'humour décapant
On aime moins
  • Les personnages parfois trop caricaturaux
  • Le manque d'approfondissement sur la vie dans le bunker
3.7L'avis
Note des lecteurs: (5 Votes)
  • Titre : Unbreakable Kimmy Schmidt
  • Année de sortie : 2015
  • Style : Humour
  • Réalisateur : Robert Carlock, Tina Fey
  • Synopsis : Kidnappée lorsqu'elle était adolescente, Kimmy a passé 15 ans au sein d'une secte, entourée de quatre autres filles de son âge, en pensant qu'elle était l'une des seules survivantes de l'Apocalypse. Le jour où elle est enfin libérée, c'est un tout nouveau monde qui s'ouvre à elle, rempli d'infinis possibilités. Devant ses yeux innocents et éblouis, New York lui semble gigantesque et c'est là qu'elle est bien décidée à refaire sa vie, même si elle n'a aucune idée de ce qu'elle veut en faire...
  • Acteurs principaux : Ellie Kemper, Tituss Burgess, Jane Krakowski
  • Saison : 1
  • Alexis

    Maintenant que la saison 2 est là, j’ai hâte d’avoir votre avis…