Critique – Wet Hot American Summer : First Day of Camp

La colonie de vacances Firewood reprend du service dans la mini-série Wet Hot American Summer : First Day Of Camp. Prêts à (re)plonger dans un univers totalement absurde? Critique de la nouvelle venue de Netflix.

Lorsque débute Wet Hot American Summer, nous sommes de retour à l’été 1981 et c’est le premier jour de vacances à la colonie de vacances Firewood. Première activité de la journée : le briefing des animateurs âgés de 16-17 ans par les dirigeants de la colo. Très vite, les enfants (aussi appelés les « colons ») arrivent à Firewood et sont accueillis par les monos. Alors que tout semble bien démarrer, Mitch (H. Jon Benjamin), Beth (Jeanine Garofalo) et Greg (Jason Schwartzman) découvrent l’existence d’une réserve liquide de déchets toxiques qui se déverse dans l’eau du camp. Cette découverte inquiétante risque de les mener à la révélation d’un complot mené par le président Reagan lui-même. Vont-ils parvenir à sauver la vie des vacanciers? D’un autre côté, la colo Firewood de Wet Hot American Summer est en conflit avec la colo de la griffe du Tigre située non loin de là et exclusivement constituée de « fils à papa ». Le conflit se trouve exacerbé quand Andy (Paul Rudd : Ant-man, Friends) tente de séduire Katie (Marguerite Moreau), une monitrice de Firewood qui sort avec un des garçons de la Griffe du Tigre. Par ailleurs, Susie (Amy Poehler) et Ben (Bradley Cooper : American Sniper, Serena, American Bluff) tentent de monter la comédie musicale Electro City en quelques heures mais le casting et les répétitions s’avèrent éprouvants. Pendant ce temps, Lindsay (Elisabeth Banks), une jeune journaliste de 24 ans, décide de s’introduire dans le camp et de se faire passer pour une animatrice afin d’écrire un article sur la colo pour le magazine de rock pour lequel elle travaille. Elle ne tarde pas à découvrir qu’une rockstar vit dans un des bungalow abandonné de Firewood ce qui attise aussitôt sa curiosité de journaliste. En parallèle de tout cela, les animateurs et vacanciers doivent composer avec leurs espoirs et leurs envies sexuelles, ce qui n’est pas de tout repos. La colo de Wet Hot American Summer va t-elle survivre à son premier jour d’existence?

Affiche de Wet hot american summer : first day of camp

Préquel de Wet hot american Summer (2001)

Les origines de Wet Hot American Summer : First Day of Camp

C’est en 2001 que sort le film Wet Hot American Summer, un long-métrage parodiant les films adolescents des années 1980.  Il raconte de manière absurde et complètement folle la dernière journée de la colonie de vacances Firewood. Si elle ne rencontre pas un succès immédiat, la comédie créée par David Wain et Michael Showalter finit par devenir culte aux Etats-Unis, bien que cette réussite ne traverse pas l’Atlantique. En 2014, Netflix décide de lancer une mini-série de huit épisodes de trente minutes qui fera office de préquel pour le film. Wet Hot American Summer : First Day of Camp commence de la même manière que le film avec la fameuse séquence des animateurs vivant une soirée arrosée autour d’un feu de camp au son d’un morceau de rock. La série se calque en tous points sur le modèle du film et se déroule sur une journée en nous permettant ainsi de suivre ce qui se passe heure par heure.

Si la série peut se regarder indépendamment, elle ne prend réellement son sens que quand on a visionné le film Wet Hot American Summer. La mini-série permet de mieux comprendre comment les personnages sont devenus ce qu’ils sont dans le film. Dans ce préquel tout se met en place pour préparer la fin, à savoir ce qui se passe dans le film original et c’est assez marrant d’assister au commencement (qui se déroule dans un laps de temps très réduit) quand on a connaissance de la conclusion.

Des acteurs connus en veux-tu en voilà !

Wet Hot American Summer : First Day of Camp est un vrai vivier d’acteurs connus. Dans le film original nous avions affaire à des acteurs qui n’avaient pas encore un grand succès à l’époque mais qui ont fait du chemin depuis. Tous ont accepté sans difficulté de revenir jouer dans la série. Parmi eux il y a Bradley Cooper qui joue le rôle de Ben, un animateur qui cache son homosexualité. Ben sort officiellement avec Susie, incarnée par Amy Poehler, une comédienne et humoriste qui s’est fait connaître dans le Saturday Night Live aux côtés de Tina Fey et qui tient un rôle important pendant 7 saisons dans la série Parks and Recreation. Paul Rudd qui joue Andy, un moniteur rebelle et séducteur, est également de la partie. Celui qui a tenu pendant quelques années le rôle du mari de Phoebe dans Friends s’est illustré depuis dans Ant-Man. A ces noms prestigieux nous pouvons rajouter celui d’Elisabeth Banks qui incarne Lindsay, une journaliste qui s’invite au sein du camp Firewood afin d’y rédiger un article. L’actrice a été vue dans la comédie 40 ans toujours puceau et dans la saga The Hunger Games dans laquelle elle n’est autre qu’Effie Trinket. Enfin, Wet Hot American Summer est aussi l’occasion de voir Christopher Meloni (New York Unité Spéciale) dans un rôle à contre-emploi. Il y incarne un ex-militaire du Vietnam légèrement perturbé mais incroyablement drôle. Dans le film original, de nombreux autres acteurs accompagnent ceux que je viens de citer. Comme je l’ai dit, tous ont accepté de reprendre leur rôle quinze ans après malgré le fait que certains aient pris un petit coup de vieux. Au-delà de ce déjà beau casting, la série accueille des guests tout aussi prestigieux. Ainsi, John Hamm nous délivre une prestation très drôle et aux antipodes de son célèbre Don Draper. Tout comme dans Unbreakable Kimmy Schmidt, l’acteur s’en donne à cœur joie lorsqu’il s’agit de jouer la comédie. Notons également la présence dans Wet Hot American Summer de Kirsten Wiig (La vie rêvée de Walter Mitty), Chris Pine (Star Trek), John Slattery (Desperate Housewives), Jason Schwartzman (Rushmore, Dans l’Ombre de Mary) et Michael Cera (Juno, Scott Pilgrim) pour ne citer qu’eux.

Dans Wet Hot American Summer, les acteurs qui ont tous la quarantaine, portent moultes perruques toutes plus ridicules les unes que les autres. Malgré leur âge ils incarnent des ados de 16-17 ans, ce qui créé évidement un décalage qui sert la comédie. Ils ont également une grande tendance à surjouer et à user de simagrées pour accentuer l’aspect parodique de la série. Dès le début il en résulte une sensation de grand n’importe quoi dans lequel les acteurs semblent s’amuser et prendre beaucoup de plaisir à ne pas se prendre au sérieux.

Wet Hot American Summer, une comédie entre absurdité et joyeux bazar

Wet Hot American Summer : First Day of Camp est une pure comédie parodique puisqu’on y retrouve tous les codes détournés des années 1980. Le comique de la série, à l’instar du film d’ailleurs, ne vole pas toujours très haut et les répliques à base de « prout », « b*te », « pet » ou « chatte » sont clairement fatigantes. Au delà de cette vulgarité qui s’avère très lourde et peu concluante en matière d’humour, la série peut tout de même faire rire et marque des points quand elle reste dans son domaine de prédilection : l’absurde. Si vous n’aimez pas l’humour absurde, passez votre chemin, vous risquez de détester.  Par contre, si le fait de savoir qu’un des personnages se transforme en boîte de conserve vivante ne vous fait pas peur, foncez ! Wet hot American Summer a recours à tout les procédés du genre : situations loufoques, personnages déjantés, anachronismes, dialogues illogiques et fous… et ça fonctionne ! Wet Hot American Summer est une série caricaturale à prendre au 1000ème degré. N’y cherchez rien de logique car rien ne l’est et c’est ce qui fait tout son charme. L’humour décalé (certains le qualifieront de crétin) et les situations complètement barrées mènent à une impression de joyeux bazar. Mais un joyeux bazar agréable et auquel on adhère totalement. Malgré tout, si le film Wet Hot American Summer partait un peu dans tous les sens, la série semble au contraire trouver une vraie consistance et développe des intrigues plus construites. De plus, les personnages, qui représentent chacun un archétype bien précis, sont touchants et attachants, ce qui ne gâche rien.

Pour conclure, Wet Hot American Summer : First Day of Camp est une série très plaisante et sans prise de tête qui fonctionne sans doute mieux que le film original. Au final, si les premiers instants de visionnage ne sont pas concluants, le show finit par s’avérer addictif et le format en huit épisodes favorise même le binge watching (gavage télévisuel) qui laisse un goût de trop-peu lorsqu’arrive la fin. Si on accepte l’absurdité totale de Wet Hot American Summer et son côté too-much voire kitsh, on finit par adorer ce show.

Et pour finir en beauté, rappelez-vous de cette phrase d’Andy : « On voit beaucoup moins bien avec les yeux mi-clos ». A méditer.

Pour en savoir plus sur Wet Hot American Summer :

Critique - Wet Hot American Summer : First Day of Camp
Préquel au film culte de 2001, la série baigne dans un humour absurde et déjanté qui en réjouira plus d'un.
Acteurs
Scénario
Image et son
Mise en scène
On aime bien
  • La ribambelle d'acteurs connus
  • L'humour absurde et la parodie qui en font une série meilleure que le film
  • La performance de Christopher Meloni
On aime moins
  • L'humour parfois trop vulgaire
  • Une saison trop courte
3.7L'avis
Note des lecteurs: (2 Votes)
  • Titre : Wet Hot American Summer: First Day of Camp
  • Année de sortie : 2014
  • Style : Humour
  • Synopsis : Grand besoin de changer d’air ? Ça tombe à pic, le mythique camp Firewood vient d’ouvrir ses portes. Entre rivalités, secrets qui n’en sont plus, débauche d’hormones et coeurs brisés, passez un été 1981 inoubliable ! Préquel du film Wet Hot American Summer, sorti en 2001.
  • Acteurs principaux : Janeane Garofalo, David Hyde Pierce, Molly Shannon
  • Saison : 1