Critique – Glue

Glue, la série de Jack Thorne qui met du rouge sang dans la verte campagne anglaise sort en DVD chez Wild Side. Notre critique.

Présentée comme un mélange de Broadchurch et Skins, Glue est une mini-série britannique de 8 épisodes créée par Jack Thorne, à qui l’on doit justement quelques épisodes de Shameless, le film The Scouting Book for Boys et, justement, quelques épisodes  de la sulfureuse série Skins. Nous sommes ici à Overton, petite ville tranquille, nichée dans la campagne anglaise. L’herbe verte s’y étend à perte de vue et tout le monde se connaît. Un matin, le corps du jeune Caleb Bray (Tommy Knight) est retrouvé, gisant dans la boue. Les habitants sont sous le choc, à commencer par sa bande de potes, des jeunes qui traînent ensemble depuis toujours et considéraient Cal comme leur frère. L’affaire réveille la police locale, peu habituée à tant d’agitation. Et bientôt, le mystère s’épaissit. Il semble que tout le monde cache de terribles secrets et que personne ne soit digne de confiance. Nous avons 8 fois 45 minutes pour démêler le vrai du faux et espérer que le suspense de Glue soit insoutenable.

Sexe, drogue et silo à grains

Il fait nuit et un adolescent court nu à travers champs. Il grimpe tout en haut d’un silo et saute dedans. Un plongeon dans les grains qui le submergent, le recouvrent et l’avalent, avant que l’un de ses amis ne lui tende la main pour l’en extraire. C’est ainsi que débute Glue.

affiche de glue

Des jeunes gens qui s’éclatent, bravent le danger et gobent d’étranges pilules colorées pour tromper l’ennui. Aux soirées de folie succèdent les lendemains qui déchantent. Tina (Charlotte Spencer), Rob (Jordan Stephens, membre du duo Hip Hop Rizzle Kicks), Annie (Jessie Cave), James (Billy Howle) et Janine (Faye Marsay) reprennent leurs activités. Seul Caleb manque à l’appel. C’est le plus jeune de la bande, il a 14 ans et est issu de la communauté des gens du voyage. Et c’est James qui fait la macabre découverte. L’enquête s’ouvre et les portes se ferment. La population d’Overton se montre sous un jour différent. Ce ne sont plus de tranquilles éleveurs de bovins ou de chevaux. Mais tous de potentiels assassins.

Pour Glue, Jack Thorne emprunte un chemin bien balisé : celui emprunté par les scénaristes de Broadchurch, de Desperate Housewives et en France, de Disparue, où les proches de la victimes sont tous des suspects et n’ont pas un passif très net. Au fil des épisodes – qui portent le nom des personnages – on s’enfonce dans le mystère, chaque ami de Caleb dissimulant un lourd secret. Le format mini-série se prête bien à l’exercice. C’est suffisant pour nous happer et ne pas nous lasser. Le scénario ne perd pas de temps et nous sommes tout de suite plongés au cœur de l’action, comme téléportés au milieu de ce groupe de jeunes gens que l’on apprend très vite à connaître. Sans négliger l’enquête, Thorne parvient à peindre avec soin et précision le quotidien des protagonistes, leurs histoires d’amour, leur travail à la ferme et leurs galères familiales.

Le bon goût du glauque

Revenons un peu sur le titre. Glue. C’est assez improbable pour une série à suspense. Ce n’est ni un indice de lieu ou d’action. On peut supposer qu’il s’agit de montrer comment tout ce qui « collait » les personnages les uns aux autres vole en éclat avec le meurtre, ou alors que l’enquête va permettre de recoller les pièces d’un puzzle macabre. Il existe aussi certains types de colle fabriqués à partir de carcasse d’animaux, notamment de chevaux, animaux occupant une place prépondérante dans la série. L’idée d’un titre pas évident et opaque me plaît. Et la série elle-même est originale. Le décor champêtre, des jeunes un peu désœuvrés, qui doutent de l’avenir, des mères adolescentes (voire très jeunes adolescentes, à en juger par l’âge des comédiennes) et des familles brisées… le crime sur fond de petite vie parfois presque misérable, fonctionne très bien. Pas de glamour, pas d’enfants modèles ou de schémas rassurants.

Avec le déroulement de l’enquête vient le déballage de secrets plus ou moins glauques sur les personnages. Entre trahisons, vengeances et souvenirs surgissent des détails un peu « too much », qui, sans gêner le plaisir que l’on prend à suivre la série, sont inutiles. Le passé des personnages est assez trouble pour qu’on vienne y ajouter des choses qui n’ont rien à voir avec la découverte de l’assassin de Cal.

Si le premier épisode est un peu « timide », Glue trouve rapidement son rythme de croisière jusqu’à un épisode final très réussi. Les comédiens, inconnus en France, sont enthousiastes et apportent chacun nuance et subtilité à leur personnage. Tournée dans le bucolique Berkshire, la série, est haletante et divertissante. Juste ce qu’il faut de frisson.

Pour en savoir un peu plus sur Glue, un petit tour sur le site de Canal +. Et comme nous l’évoquions plus haut, voici le site du groupe Rizzle Kicks.

Critique - Glue
Sexe, drogues et meurtres : Glue est une série qui tient ses promesses, à quelques détails près.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Les jeunes acteurs convaincants
  • Le décor, le lieu de tournage
On aime moins
  • On frôle l'excès de petits secrets
  • L'âge de certains acteurs
3.5L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)