Critique – The Neon Demon

Critique de The Neon Demon, une sacrée création d’images. Comment faire autrement quand on parle du monde des mannequins?

Trois ans après Only God forgives, Nicolas Winding Refn revenait à Cannes avec son dernier opus : The Neon Demon, un film sur l’univers cruel du mannequinat. Rentré sans aucune récompense de la Croisette, The Neon Demon serait-il un film mineur du réalisateur danois? Notre critique voudra vous prouver le contraire…

Affiche du film The Neon Demon

Le monde cruel des top-models

Jessie, 16 ans à peine, débarque à Los Angeles pour tenter sa chance dans le mannequinat. Elle loge dans un hôtel miteux tenu par un personnage étrange et dangereux et elle ne connaît que son boyfriend Dean, photographe amateur, qui lui a fait ses premiers clichés. Très vite, The Neon Demon décrit la duplicité de Jessie et de sa beauté naturelle, pas surfaite à coups de Botox, de liftings ou de chirurgie esthétique, à la fois la proie d’une sélection sans merci et la consciente profiteuse des avantages que lui donne sa beauté. Sa lente prise de conscience de l’influence et du pouvoir, toutefois bien passager, parcourt le film. The Neon Demon évoque ce milieu cruel en insistant notamment sur la jalousie qui innerve finalement chacune de ses filles qui, du jour au lendemain, peut être virée sans aucun ménagement…où chacune doit bouffer l’autre…et cela va se vérifier sans tarder et avec une cruauté et une sauvagerie insoupçonnées, notamment grâce à une mise en scène parfaite et un parti pris d’images exceptionnel.

Une création d’images

The Neon Demon est un superbe laboratoire d’images comparable à ce qu’avait offert Jonathan Glaser dans Under The Skin. Noir chez Glaser, blanc chez Refn comme dans ce splendide panoramique où il passe en revue les différents postes d’un studio photo pour s’arrêter sur un grand espace blanc, dans lequel attend, tremblante, Jessie. Puis arrive le photographe qui s’approche d’elle, deux personnages s’agitant dans cette masse blanche qui les enveloppe moins qu’elle ne les désincarne, marionnettes dans un écrin d’une blancheur coupante. Et cette inventivité dans les plans, les éclairages, servis par une musique électronique tranchante, fait de l’image le vecteur principal de l’histoire dans laquelle Jessie dévore et sera dévorée. La dernière scène dans laquelle les deux mannequins posent dans un décor de palmiers et de piscine incarne parfaitement cette sidérante manifestation de la cruauté de ce monde d’apparences qui va plonger dans l’épouvante. Et, une fois sorti de ce conte cruel à l’esthétique irréprochable, les scènes restent en vous et s’y infiltrent tel le poison ambigu de la beauté : celle de ce blanc intense du studio photo, celle où Jessie se pâme d’aise dans un canapé sous une lumière à peine filtrée, et enfin celle terrible de ces deux mannequins, jalouses, envieuses, dévoratrices de la beauté de Jessie. Fascinant !

Pour en savoir plus sur The Neon Demon : http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2016/the-neon-demon-de-nicolas-winding-refn-la-beaute-ad-nauseam,142761.php

Critique - The Neon Demon
The Neon Demon décrit avec des images superbes l'ascension de Jessie dans le monde cruel du mannequinat.
Mise en scène
Scénario
Acteurs
Images et son
On aime bien
  • Elle Fanning
  • Des plans superbes
  • L'aspect conte cruel trash
On aime moins
  • Le générique de fin dans un désert
4.3L'avis
Note des lecteurs: (3 Votes)
  • saintthomas

    Je déconseille neon demon
    Ce film sans aucune subtilité est à peine fait pour des adolescents
    Son auteur pense avoir fait un grand film et se prend pour un grand cinéaste , dommage pour lui