Critique – Un Homme Idéal

Un Homme Idéal, le crime parfait ?

Après avoir embauché Zoé Félix dans Captifs en 2009, le réalisateur français Yann Gozlan embauche le jeune (et joli) Pierre Niney pour incarner l’Homme Idéal de son tout nouveau Thriller. Le jeune acteur, qui vient de quitter la comédie française et de recevoir un César pour Yves Saint Laurent, se glisse ici dans la peau de Mathieu Vasseur, aspirant écrivain qui gagne sa vie comme déménageur. Son travail l’ennuie et il passe tout son temps libre à écrire. Cependant, aucune maison d’édition n’accepte de le publier. Aussi la tentation est-elle grande de s’approprier du « déjà-fait » lorsqu’il trouve, chez un vieil homme solitaire venant de décéder, le journal de ce dernier, relatant sa vie de soldat durant la guerre d’Algérie. Il hésite un instant et décide de recopier le journal qu’il intitule alors Sable Noir. Et là, tout se passe très vite : il signe chez un éditeur, fait des interviews, rencontre une brillante jeune femme (Ana Girardot) et reçoit même le prix Renaudot. Mais son second livre se fait attendre, son entourage devient soupçonneux et un mystérieux individu découvre la vérité au sujet du roman à succès…

Homme idéal, acteur idéal

Pierre Niney porte cet Homme Idéal sur ses jeunes épaules et son personnage séduit les cercles littéraires à grands renfort de mensonges et subterfuges. Après avoir gagné le cœur de Virginie Efira dans 20 ans d’écart et de Guillaume Gallienne dans Yves Saint Laurent, il charme dans le film de Gozlan la belle Ana Girardot, qui décidément, aime bien les hommes compliqués ! Elle était en effet tombée amoureuse de Guillaume Canet dans La Prochaine Fois je Viserai le Cœur, où celui-ci incarnait un gendarme doublé d’un tueur en série. Ici, l’homme idéal est un écrivain, qui vit d’ imposture et de copier-coller et auquel le spectateur va pourtant d’emblée s’attacher.affiche du film Un Homme IdéalMathieu Vasseur est un monsieur-tout-le-monde, qui a des rêves et se bat pour les réaliser, depuis la tour de sa cité. L’identification est facile tant la fraude paraît simple et l’idée belle. Tête d’affiche et reléguant tout le monde au second plan, Pierre Niney « fait le job ». Mais pas seulement. Tour à tour jeune homme timide, gendre et fiancé rêvé puis usurpateur, il passe de l’un à l’autre avec talent, ses immenses mirettes brunes reflétant aussi bien l’angoisse que le charme. A ses côtés, la gracile Ana Girardot (Alice) a la fraîcheur d’une future victime collatérale. Toute en robes fleuries et cheveux dans le vent, elle s’affiche comme l’atout naïveté de L’Homme Idéal. Cependant la force du film de Gozlan ne réside pas seulement dans le choix de son acteur principal, mais s’appuie également sur une intrigue qui capte notre intérêt dès les premières images.

Sable Noir et bleu piscine

Pour son thriller, le réalisateur choisit une recette efficace comme un remède de grand-mère : l’imposture. Sujet maintes fois traité et qui marche quasiment à tous les coups. Et en plus, Gozlan connaît ses classiques. Impossible en  effet de ne pas penser à La Piscine, de Jacques Deray, lorsque le héros, caché derrières ses lunettes noires, observe sa fiancée profitant au bord de l’eau des rayons du soleil, ou encore à Plein Soleil, de René Clément. La mise en place de l’intrigue est très réussie, depuis le « vol » du texte jusqu’à l’arrivée dans la villa des parents d’Alice. La thématique de l’usurpation est une base solide pour un thriller, et le début de l’Homme Idéal est stressant à souhait et possède une troublante touche hitchcockienne. Le spectateur est partagé entre son attachement au personnage principal et son impatience de voir éclater la vérité. Enfin, surtout de savoir si elle va éclater. Le décor paradisiaque et la musique soignée viennent étayer le scénario. Seulement, les références assumées et la bonne idée de départ ne tiennent pas la distance. Les péripéties s’accumulent, les invraisemblances aussi. Les problèmes deviennent trop nombreux et prévisibles, et on s’approche plus d’un brouillon que d’un classique d’Hitchcock. A trop tirer sur la corde du suspense, Yann Gozlan gâche le joli potentiel de son film. Alors, si vous voulez rencontrer Un Homme Idéal, allez-y pour Pierre Niney et les coups d’adrénaline du début.

Encore une critique ? c’est par ici : http://www.atlantico.fr/decryptage/homme-ideal

Critique - Un Homme Idéal
Pierre Niney est l'Homme Idéal de Yann Gozlan, dans une sombre histoire d'imposture pleine de promesses mais aussi d'incohérences.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et Son
On aime bien
  • Pierre Niney, un choix idéal
  • Le suspense bien mené du début
On aime moins
  • L'enchaînement de péripéties qui fait perdre en crédibilité
  • La fin trop prévisible
2.7La note
Note des lecteurs: (2 Votes)
  • Eve Lyne

    je n’ai pas du tout aimé ce film, trop d’invraissembleance