Critique – Still Alice

Critique du film Still Alice, réalisé par le couple de réalisateurs Wash Westmoreland et Richard Glatzer

Still Alice raconte la dégénérescence progressive de la mémoire d’Alice Howland, une professeure de linguistique accomplie à l’université de Columbia, femme comblée et mère de trois grands enfants. Confrontées à une maladie d’Alzheimer précoce transmise par son père, Alice et sa famille vont assister, impuissants, à l’évolution d’une maladie contre laquelle il n’y a aujourd’hui aucun remède. Un portrait touchant et émouvant dont voici la critique.

Still Alice ou le portrait d’un combat émouvant au sein d’une famille américaine typique

Alice est le personnage principal de Still Alice : elle a cinquante ans, un mari aimant, une carrière sensationnelle, une jolie maison dans un quartier huppé de New-York, trois beaux enfants et deux petits-enfants en route. Ce qu’elle va apprendre, c’est qu’elle a aussi une déficience neurologique qui lui est diagnostiquée en secret par son neurologue comme une maladie d’Alzheimer précoce. Le début du film Still Alice la montre en effet atteinte de troubles amnésiques épisodiques, lorsqu’elle oublie des mots de la langue courante ou se perd en pleine ville lors de son jogging. Quand la sentence tombe, l’électrochoc se transmet au-delà de l’écran chez le spectateur, qui apprend en même temps qu’eux que ses enfants risquent d’être malades à leur tour. C’est la vie de cette famille comme il en existe des millions aux Etats-Unis qui va être bouleversée par la maladie, les enfants se chargeant de s’occuper de leur mère qui s’oublie et les oublie de plus en plus, et le mari tâchant de joindre les deux bouts et de maintenir la tête de tout ce petit monde hors de l’eau. Néanmoins, même si la performance de Julianne Moore dans Still Alice est exceptionnelle, et lui a valu à ce titre l’Oscar de la meilleure actrice au début de l’année, Alec Baldwin qui incarne son mari ainsi que Kristen Stewart, Kate Bosworth et Hunter Parrish sont assez insipides, exception faite de la dernière scène mère/fille entre Alice et sa fille jouée par Kristen Stewart.

Affiche du film Still Alice

Une réflexion sur la maladie et la perte

Lors d’un discours prononcé devant une association pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, Alice cite quelques vers d’un poème d’Elizabeth Bishop, « Un Art », consacré à la perte et la désolation. Ce qu’Alice va perdre au fur et à mesure, outre sa mémoire, c’est son identité. Les souvenirs s’effacent hormis quelques réminiscences de l’enfance avec sa mère et sa sœur disparues dans un tragique accident. L’une des scènes les plus poignantes du film Still Alice est celle dans laquelle Julianne Moore ne se reconnaît plus dans le miroir, mais retrouve une vidéo laissée par l’ancienne elle qui lui remémore ce qu’il est en train de se passer et lui donne des consignes pour mourir. Mais même ces consignes sont éphémères, comme 99,99% des choses qui se produisent autour d’elle. Seules les émotions restent, que ce soit celles d’Alice et de ses proches ou celles produites chez le spectateur durant le visionnage du film. L’on regrettera tout de même que, bien que les réalisateurs ne tombent pas dans l’un des travers qui s’offraient à eux avec un sujet pareil, à savoir le mélo-dramatique et le sentimental, le film ne montre pas dans toute leur violence les effets d’une telle maladie. L’on reste au contraire dans une certaine platitude puisque les deux hommes ont choisi de traiter la maladie au quotidien. Ce traitement peut en quelques façons nous rappeler l’excellent 50/50 dans lequel s’est illustré le tout aussi excellent Joseph Gordon-Levitt. Certaines scènes y sont, comme celles avec son meilleur ami, beaucoup plus violentes et plus crues, et montrent mieux les conséquences dévastatrices d’une maladie, qu’elle soit appelée cancer ou Alzheimer.

Critique - Still Alice
Still Alice met en scène une spectaculaire Julianne Moore qui a néanmoins tendance à rendre les autres personnages plutôt fades, malgré une manière de filmer très tendre.
Acteurs
Scénario
Mise en scène
Image et son
On aime bien
  • La performance de Julianne Moore
  • Le fait que le réalisateur ne soit pas tombé dans le mélo-dramatique
  • Une manière de filmer très poétique
On aime moins
  • Les personnages secondaires aux rôles assez insipides
2.5L'avis
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