Ibrahim Maalouf – Red & Black Light – Kalthoum

Red & Black Light, Kalthoum : Ibrahim Maalouf toujours aussi fort !

Ce 25 septembre sort les deux derniers travaux de l’hyper productif Ibrahim Maalouf : Red & Black Light et Kalthoum. Deux albums diamétralement opposés ?

Souvenez-vous, Ibrahim Maalouf nous avait quittés sur un très bon Au Pays D’Alice avec le rappeur Oxmo Puccino et la Maîtrise Radio France en Novembre dernier. Onirique et savamment orchestré, Au Pays D’Alice nous avait séduits par son exotisme et ce très bon équilibre entre musique symphonique et jazz moderne. Ici, Ibrahim dévoile deux albums touchant des publics tout à fait différents, mais pas incompatibles.

Red & Black Light et Kalthoum, les deux derniers albums d'Ibrahim Maalouf

Red & Black Light et Kalthoum, les deux derniers albums d’Ibrahim Maalouf

C’est Red & Black Light qui semble le plus proche de la précédente œuvre, avec la composition assez savante du jazz, mais avec des airs facilement mémorisables et des partitions d’instruments relativement « simples » lorsqu’ils sont séparés de l’ensemble. Mais ce qui frappe instantanément, c’est le son employé avec des touches électro, voire pop, qui viennent s’ajouter à l’univers musical déjà métissé d’Ibrahim. Même si le tout début de l’album peut étonner pour les puristes, Red & Black Light s’équilibre progressivement et nous gratifie de très belles instrumentations, sans perdre les oreilles du spectateur lambda non plus. On notera une parfaite gestion des temps forts et faibles, rendant l’album très agréable de bout en bout.

Comme se limiter à un seul genre ne semble pas lui plaire, Ibrahim a donc également composé Kalthoum en collaboration avec le pianiste Franck Woeste. Hommage direct à la chanteuse égyptienne, on a affaire ici à une formation de musiciens acoustiques : batterie, contrebasse, piano et cuivres. Dans un jazz beaucoup plus conventionnel, Ibrahim présente donc des compositions plus complexes et des improvisations plus fortement mises en avant. Evidemment, les compositions du libanais se trouvent toujours être à cheval entre ambiances orientales et occidentales, offrant un ensemble toujours très coloré.

Ibrahim Maalouf arrive encore à nous surprendre, bien que toujours fidèle à l’idée de ne pas s’enfermer dans une même bulle. Il nous offre ici deux très bon albums, l’un sur les traces d’Illusions de 2014 qui avait obtenu une Victoire de la Musique dans la catégorie « Musiques du Monde », ce qui montre sa capacité à créer des albums entièrement instrumentaux et grand public. L’autre plus sophistiqué techniquement et rythmiquement, en phase avec sa formation de musicien de jazz classique.

Ibrahim Maalouf - Red & Black Light - Kalthoum
Deux albums très solides et complémentaires, bien que Red & Black Light profitera d'un meilleur succès que Kalthoum.
Composition
Arrangements
Ambiance
On aime bien
  • Le mélange du jazz, de l'électro et de la pop dans le 1er
  • La technicité du second
  • Les couleurs orientales
On aime moins
  • Kalthoum assez stéréotypé
  • La présence de chant aurait pu être intéressant dans le 1er
4.0L'avis
Note des lecteurs: (25 Votes)
  • Titre : Red & Black Light - Kalthoum
  • Style : Jazz
  • Label : Universal
  • Auteur : Ibrahim Maalouf