Critique – London House

Notre avis sur le thriller London House, avec Clémence Poesy en jeune mère angoissée.

London House (The Ones Below, en V.O) est le premier long métrage du scénariste et metteur en scène de théâtre David Farr. Thriller flirtant parfois avec le genre horrifique, le film nous emmène dans un quartier résidentiel de Londres où nous faisons connaissance avec un couple très « jeunes cadres dynamiques », Kate et Justin, qui attendent un heureux événement et de potentiels voisins. Ces derniers arrivent enfin : Jon et Theresa  sont minces, beaux et discrets. Tout pour plaire a priori.

Fenêtre sur jardin

Kate (Clémence Poesy, Demain tout commence) et Justin (Stephen Campbell-Moore) s’aiment et vont bientôt être parents. Ils vivent à Londres, où, prix de l’immobilier oblige, les maisons sont souvent divisées en lots. Ils occupent le premier étage d’une maison bourgeoise et attendent impatiemment l’arrivée de nouveaux voisins. Lorsque ces derniers arrivent enfin, Kate se lie très vite d’amitié avec la jeune femme, Theresa (Laura Birn), enceinte elle aussi. C’est en effet toujours sympathique d’avoir des points communs, surtout un aussi évident.

London House affiche

Mais voilà, le premier dîner chez Kate et Justin oscille entre malaise et lourds silences et se termine très mal. Kate, qui admirait sa belle voisine, la perçoit bientôt comme une menace pour elle et surtout pour son fils, Billy.

Légère angoisse

David Farr joue la carte Rosemary’s Baby avec les menaces réelles ou pas, qui planent sur l’innocent enfant. Très vite , le réalisateur nous montre le côté obscur des voisins trop parfaits. Le brushing impeccable de Theresa cache des blessures profondes et Jon (David Morrissey) n’est pas le Dandy so British que l’on croit. Le générique de début donne le ton : images sombres, ombres mystérieuses et musique frissonnante. Le réalisateur met l’accent sur le contraste entre les deux foyers : l’un est vivant, avec une cuisine en bazar et un lit défait tandis que l’autre est sans tâche avec ses couleurs froides et son jardin digne de la photo d’un catalogue.

Les conversations sont toujours tendues et rares sont les sourires qui éclairent le visage des personnages. La peur envahit l’écran : celle palpable de la jeune mère et l’autre, non-dite, tapie, latente, de Jon et Theresa. Pour les spectateurs qui attendraient un enfant, London House cristallise toutes les peurs que peuvent éprouver de jeunes parents (et je n’en dirais pas plus !). J’ai frissonné avec Clémence Poésy mais pas assez à mon goût. David Farr n’a pas poussé au bout ses idées d’angoisse et la fin du film est trop téléphonée pour être une apothéose. Dommage car les idées sont bonnes et l’ambiance huis-clos est très réussie.

C’est un peu court, M. Farr

London House est un thriller efficace dans l’ensemble et en dehors de ne pas être assez stressant, j’ai trouvé que certains points auraient gagnés à être développés. Par exemple, j’aurais aimé en savoir plus sur les voisins si parfaits qui tentent de dissimuler leurs fêlures et défauts. Mais on ne voit même pas un bout de leur passé. Même chose pour l’histoire familiale de Kate, qui pourtant semble peser énormément sur ses choix de vie. Il y aurait pourtant eu de la place pour caser plus d’élément étant donné la courte durée du film (1h26 seulement).

Clémence Poésy est la seule actrice du casting que je connaissais. Et elle s’est révélée la plus (la seule?) charismatique. A ses côtés, son gentil mari est inexistant et même l’inquiétant Jon ne parvient pas à marquer suffisamment le spectateur. La jolie frenchie porte London House sur ses fines épaules et sa performance est  remarquable.

Si vous souhaitez lire un autre article sur London House, je vous conseille celui de Cinefil.

Critique - London House
London House est un film qui sait capter l'attention mais qui manque de profondeur.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Clémence Poésy
  • Un thriller efficace
On aime moins
  • Un peu court
  • Pas assez stressant
3.0L'avis
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