Critique – Enragés

Un braquage de banque qui tourne mal, une course-poursuite qui se transforme en road movie. Critique du film Enragés de Éric Hannezo qui aurai pu être un bon remake de Cani arrabbiati.

Exercice difficile que de se lancer dans un remake pour un jeune réalisateur. C’est pourtant le pari qu’a fait Éric Hannezo avec son film Enragés, une mise au goût du jour du film italien Cani arrabbiati. Malheureusement, notre avis se tourne plutôt vers un échec de réalisation.

Partir d’une bonne base ne fait pas tout

Avec une présentation à Cannes en 2015 puis une sortie en salles en automne dernier, Enragés n’a pas fait mouche. Basé sur le film italien Cani arrabbiati (Les Chiens enragés en version française) de Mario Bava sorti en 1974, le long métrage suit un groupe de truands dont le braquage tourne mal. Dans la panique, ils prennent des otages et l’aventure tourne mal. Le chef de la bande est joué par Guillaume Gouix. Nous retrouvons également d’autres visages connus : Lambert Wilson qui est avec son enfant et Virginie Ledoyen formeront le trio d’otage.

Dans sa première version, tout comme ce remake ici, le film se veut être une immersion, un suivi proche dans un environnement restreint des actions, des émotions des braqueurs et de leurs otages. Nous voulons ici comprendre ou, en tout cas, mettre en scène la transformation de comportement face aux évènements imprévus. Les masques tombent à la fois visuellement à l’image mais aussi dans l’attitude. C’est en tout cas ce que la première version semblait avoir réussi. Ce remake va passer totalement à coté de cette approche.

Enragés Éric Hannezo 2015 Lambert Wilson Guillaume Gouix

La mise en scène d’Enragés n’est pourtant pas mauvaise, même si assez grossière : de l’action et du sang, ça tire beaucoup. On se croirait presque dans un Tarantino. Une musique et des bruitages assez actifs permettent de plus ou moins s’immerger dans l’histoire. Le format correspondrait presque mieux à une série qu’à un film. Les décors sont peut-être ici trop poussés, trop exagérés, aseptisés, déconnectés de notre réalité et perdent de réalisme. Tourné au Canada, nous nous rapprochons pourtant de quelque chose de très « américanisé » bien que les dialogues soient en français – québécois.  Le gros point noir du film commence dans l’approche des personnages et du rythme du long métrage. Toute la psychologie des ravisseurs s’efface devant des rebondissements assez prévisibles et nous perdons rapidement la route de ce road movie. Le duo Guillaume Gouix – Lambert Wilson ne s’en sort pas trop mal mais j’ai personnellement trouvé le rôle de Virginie Ledoyen assez insipide.

Enragés est un coup d’essai pour Éric Hannezo qui s’essaie au délicat remake. Il est sorti de son terrain qu’est la télévision pour se focaliser sur le cinéma. Une mise en scène plutôt convaincante ne viendra malheureusement pas rehausser le manque d’intérêt général du film.

Si vous voulez en savoir plus sur le film Enragés de Éric Hannezo, je vous propose les liens suivants:
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/sorties/enrages-en-cavale-au-canada-227853
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/09/29/enrages-un-remake-sans-mordant-des-chiens-enrages-de-mario-bava_4776200_3476.html

Critique - Enragés
Enragés manque d'intérêt...
Acteurs
Mise en scène
Images et son
Scénario
On aime bien
  • Le duo Gouix - Wilson
  • La fin
On aime moins
  • Les décors trop exagérés
  • Les personnages sans profondeur
2.2L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)