Critique – Le Pont des Espions

Steven Spielberg nous plonge au cœur de la Guerre Froide avec Le Pont des Espions. Notre critique.

Cela faisait plus de 10 ans que Tom Hanks et Steven Spielberg n’avaient pas travaillé ensemble. La dernière fois c’était pour Le Terminal, en 2004. Ambiance complètement différente ici puisque nous sommes à la fin des années 50, en pleine guerre froide, au cœur d’une affaire d’espionnage dont l’issue sera déterminante pour les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Union Soviétique. Avec Le Pont des Espions, Spielberg, à qui l’on doit tant de films cultes, va-t-il nous offrir un nouveau classique du cinéma ?

Son nom est Donovan, James Donovan

1957. A Brooklyn, James Donovan (Tom Hanks, Dans l’ombre de Mary, Capitaine Phillips) est un avocat spécialisé dans les assurances. Il est excellent dans son domaine mais il est très surpris d’être désigné pour défendre Rudolf Abel (Mark Rylance, The Gunman), accusé d’être un espion soviétique. Il n’a pas plaidé au pénal depuis des années mais, sérieux et impartial, il prépare au mieux la défense de son client. Il parvient à lui éviter la peine de mort, s’attirant les foudres de nombreux citoyens américains, qui, en ces temps troubles de guerre froide, réclamaient la chaise électrique pour l’espion étranger. Mais l’histoire va donner raison à Donovan car un échange d’espions va bientôt être proposé : Abel contre Powers (Austin Stowell), un jeune pilote de la CIA, détenu à Berlin Est. L’avocat est envoyé en Allemagne pour négocier la délicate affaire, et sans filet s’il vous plaît : il sera un simple citoyen américain sans couverture diplomatique.

le pont des espions

Le Pont des Espions, avec un scénario écrit à quatre mains par les frères Coen, est inspiré de la véritable histoire de Jim Donovan. C’est un film d’espionnage mais aussi l’histoire d’un homme droit et loyal qui se bat pour les valeurs auxquelles il croit et qui ne connaît pas le sens de « dommage collatéral ». L’histoire de l’échange sur le Pont de Glienicke, c’est avant tout le portrait d’un homme, un homme debout qui, par la seule force des mots, va sauver la diplomatie mondiale. Pas de gadgets, de voitures rapides ou de courses poursuites à vous coller au siège. Le Pont des Espions, c’est la tête plutôt que les muscles. Un pont plutôt qu’un mur.

Le Pont des espoirs

Même aux commandes d’un film sur la guerre froide, Spielberg promène un regard optimiste et plein d’espoir sur son œuvre. L’absurdité des procédures diplomatiques est contrecarrée par l’humour dont fait preuve le personnage principal. Il subsiste d’ailleurs toujours cette impression de facilité et de fluidité dans le déroulement de l’histoire, malgré le regard inquiet de Tom Hanks – qui s’oppose au flegme russe de l’espion :  « Vous n’êtes jamais inquiet? » demande sans arrêt Donovan. Ce à quoi Abel répond inlassablement par « Ça aiderait ? ». Les échanges entre les deux hommes prêtent à sourire, en dépit des tensions bien présentes. Sous la caméra bienveillante de Spielberg, que l’on sent très attaché à son héros (il est souvent le seul personnage à l’air humain, au milieu de visages inexpressifs), la guerre est pourtant là et on ne rigole pas avec les forces de l’ordre à l’Est du Mur fraichement construit. Les sautes d’humeur des policiers communistes se répercutent bien vite sur le citoyen lambda. La violence est éludée, à peine entrevue mais arbitraire et implacable.

Tom Hanks a interprété de nombreux personnages mémorables et son rôle dans Le Pont des Espions ne fera pas exception. C’est un père de famille déboussolé, avocat brillant et surtout un héros discret. Un rôle calibré pour une nomination aux prochains Oscars. On sort de la salle fasciné par la subtilité de son jeu, différent à chaque fois et par le fait que 2h12, c’est vite passé. Le Pont des Espions n’est pas un assommant traité d’histoire et la machine Spielberg est rôdée à l’exercice.

Une autre critique du Pont aux Espions ? C’est sur filmdeculte.

Critique - Le Pont des Espions
Un acteur irremplaçable dans un film d'espionnage très calme et ultra efficace.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Tom Hanks +++
  • L'humour et les sourires
  • Spielberg aux commandes : what else ?
On aime moins
  • Tellement fluide, que c'est presque trop facile
4.0L'avis
Note des lecteurs: (8 Votes)