Critique – Crazy Amy

Crazy Amy, ou comment éviter le grand amour à New York. Notre avis sur la nouvelle comédie de Judd Apatow.

Après 40 ans : mode d’emploi, qui avait reçu un accueil mitigé de la part des critiques, Judd Apatow va tenter de retrouver la recette du succès avec Crazy Amy (Trainwreck en VO), une comédie romantique dont l’héroïne est une jeune journaliste à la vie dissolue, interprétée par Amy Schumer. La comédienne, peu connue en France, est également auteure du scénario. Le film est-il aussi fou que son titre et son affiche nous l’indiquent ? Crazy Amy va-t-elle nous faire rire aux éclats ou nous mettre des petits cœurs dans les yeux ?

Love and Basketball

Amy (Amy Schumer) est journaliste à New York. Elle vit seule, aime le vin blanc (et le rouge aussi) mais déteste que les hommes dorment chez elle. Il faut dire qu’elle a un père allergique à la monogamie qui les avait briefées, elle et sa petit sœur Kim (Brie Larson, The Gambler), sur les bienfaits du changement de partenaires alors qu’elles étaient toutes petites. Et Amy, en digne fille de son père, papillonne sans se soucier du lendemain. Perchée sur de très hauts talons et décomplexée de la mini-jupe, elle ne comprend pas la vie rangée de Kim qui a épousé un homme vaguement gras du bide. Elle est un jour chargée par sa tyrannique patronne Diana (Tilda Swinton, Le Transperceneige) de faire le portrait d’Aaron Conners (Bill Hader, Supergrave), médecin du sport de son état, qui soigne notamment les basketteurs des Knicks (rien que ça). Il tombe amoureux d’elle et là, les choses se compliquent pour notre miss anti-engagement.

affiche de Crazy Amy

Une héroïne moderne

Amy Schumer est humoriste de stand-up et, accessoirement, meilleure pote de Jennifer Lawrence (actuellement à l’affiche dans Hunger Games : La Révolte partie 2). Avec Crazy Amy, elle est pour la première fois tête d’affiche d’un long métrage. Son personnage, une trentenaire fêtarde et un brin loufoque, est taillé sur mesure pour son talent de comique. Et la jeune femme est simplement parfaite dans son rôle. Elle a le côté à la fois girl next door et complètement original, une femme moderne et solaire qui bouscule les codes des héroïnes des comédies romantiques traditionnelles. Elle fuit le grand amour et fait tout pour ne pas créer de liens avec les hommes qu’elles rencontre. A ses côtés, Bill Hader, pâle et discret, semble être son parfait opposé. Et pas de coup de foudre entre la journaliste et le médecin du sport, mais une histoire chaotique et pas évidente. Bref, une rencontre qui nous parle, profondément humaine.

Un film en deux temps

Crazy Amy commence avec un humour très rentre-dedans et assez cru. On rit beaucoup devant les rencontres d’Amy, ses réveils difficiles et ses rencards au cinéma. Les répliques piquantes fusent entre la jeune femme et sa sœur ou sa boss – interprétée par une Tilda Swinton méconnaissable en fashionista méchamment sexy. Entre deux coups d’un soir, notre héroïne est aux prises avec son père dont la maison de retraite coûte un bras, et surtout avec Aaron, qui se montre très attaché à elle, ce qui vient contrer sa logique de relations sans lendemain. Après la comédie, place à la romance. Plus de douceur dans les rapports humains, un humour plus bon enfant. On a aussi, malheureusement, plus de bavardages. Par exemple, la scène dans laquelle Aaron discute avec – entre autres – Lebron James et Chris Evertt est trop longue, et du coup, on s’éparpille un peu.

Mais Judd Apatow et Amy Schumer s’en sortent très bien. Crazy Amy est une comédie pétillante qui bouscule nos habitudes et aborde discrètement de nombreux thèmes : retraite, dépendance, relations de travail, sport, … Et Amy Schumer prouve que le charme et l’humour peuvent allègrement remplacer les plastiques de poupées Barbie.

Pour un autre article sur Crazy Amy, c’est sur L’Express.

Critique - Crazy Amy
Une comédie réjouissante emmenée par une talentueuse comédienne.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Amy Schumer, parfaite
  • Les différentes visions du couple et des relations
  • New York, les Knicks, bref, l'ambiance en général
On aime moins
  • Des passages trop bavards
3.6L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)
  • Jofart

    Je crois que j’aurai préféré les Barbies^^, parce que là, je me suis horriblement ennuyé. A part les conseils rigolo du père dans l’intro’, je n’ai rien trouvé de bien dans se film.