Tuto – Overclocking

Tuto – Overclocking

Il y a une discipline en informatique qui regroupe un grand nombre d’amateurs : l’overclocking. Cette pratique a longtemps été décriée par les pro-informatique car elle détruirait les composants. Au final, si utilisée dans de bonnes conditions, elle permet d’utiliser à fond son ordinateur. Voyons comment faire.

L’overclocking, qu’est-ce que c’est ?

Si on traduit littéralement, c’est l’augmentation de l’horloge. En terme électronique, augmenter la fréquence du CPU (processeur) ou GPU (carte graphique). Ici on parlera des techniques d’overclocking sur le CPU (les GPU nécessitent soit un flashage soit un soft dédié à cela). Si ce tuto est amené à vous convaincre de l’utilité d’une telle pratique, je ne peux que vous mettre en garde. L’équipe entière d’avisdupublic.net dédouane toutes responsabilités sur ce que vous ferez à votre matériel ! Vous êtes seuls responsables en cas de problème.

Overclocking à quoi ça sert ?

Il faut savoir que nos amis les fabricants de CPU (INTEL et AMD) nous vendent des CPUs qui tournent à une certaine fréquence X alors qu’ils peuvent  être à une fréquence Y sans aucun problème. Au final, pouvoir utiliser son ordinateur à uniquement 75 % est assez révoltant, surtout lorsqu’on sait qu’il peut faire beaucoup plus. Dans cet exemple, je parlerai de comment mon I7 2600K est passé de sa fréquence @stock (native) de 3.4 GHz à 5.15 GHz. Si on prend la calculette, cela fait une augmentation de 50 %… ce n’est pas rien.

Un peu de vocabulaire

La communauté des gens de l’overclocking utilise des termes souvent très techniques, voici leurs définitions.

Coefficient : Le coefficient multiplicateur associé à votre CPU. Prenons un exemple avec un CPU qui tourne à 3GHz. Il existe plusieurs possibilités d’obtenir cette fréquence :

a) 3 GHz = 150  *  20 à 150 est la fréquence de FSB et le multiplicateur est 20

b) 3 GHz = 100  *  30 à 100 est la fréquence de FSB et le multiplicateur est 30

FSB : Le Front Side Bus est un nombre qui associe fréquence du CPU (le 150 de l’exemple précédent) et la mémoire ram. Une augmentation du FSB jouera sur le CPU et la fréquence des barrettes de RAM.

Vcore : Tension du CPU

Vram : Tension des barrettes de RAM

OCCT : Logiciel de test de stabilité

Hardware Monitor : Logiciel de monitoring

CPU-Z : Logiciel de vérificatation de fréquence et tension

Ventirad : Ventilateur du CPU

Le fait d’augmenter la fréquence du CPU va le faire chauffer (peu mais un peu). Mais il y a l’augmentation du Vcore qui fera une grosse augmentation de la chaleur. Pour ma part, en pleine charge, un CPU NE DOIT JAMAIS dépasser 85 °C. Inutile de vous dire qu’overclocker avec le ventirad fournit par le constructeur est dangereux. Je n’ai pas d’action pour l’entreprise NOCTUA mais à mes yeux, ils sont le meilleur rapport performance/cout/bruit pour un ventirad. Mon NH U12P-SE2 me permet d’être à 4.2 GHz pour 55 °C à pleine charge.

Noctua NH-U12P-SE2

L’overclocking

Pour cela il y a deux méthodes sur les CPUs INTEL (on parlera uniquement des CPUs Intel). Soit le coefficient est modifié, le cas le plus simple, soit le FSB (Front Side Bus) l’est. Le top étant dans un premier temps, de modifier le coefficient puis de finaliser avec une modification du FSB. Avant toute chose, je vous invite à télécharger les logiciels suivant : CPUz, OCCT et Hardware Monitor. OCCT nous servira à tester la stabilité de la bécane. Hardware Monitor, comme son nom l’indique est un logiciel de monitoring (Tension, Température) et CPU servira à vérifier les fréquences des RAMs et du CPU. 

Dans le reste de ce Tuto, toutes les manips se font dans le BIOS.

1 – Overclocking avec le coefficient

Overclocker avec le coefficient est très simple, on augmente le coefficient d’un cran et l’on vérifie la stabilité avec un test de stabilité de 30 minutes d’OCCT. On reprend l’exemple du début : 150*20. On rajoute un cran au coefficient, sans toucher le FSB, à savoir, coeff = 21 et FSB reste à 150.

On va faire 150*21 avec un OCCT de 30 minutes et Hardware Monitor ouvert pour vérifier les températures. Puis la même chose avec 150*22, etc … A un moment soit l’ordinateur va réagir de manière étrange, voici les possibilités : Ecran noir lors du reboot après le changement de coefficient. Soit, une fois arrivé sur l’écran de démarrage de windows il y a un écran bleu et l’ordinateur redémarre. Dans les deux cas, parfois l’ordinateur ne redémarre pas du tout. Pas de panique. On éteint l’alimentation derrière et on reste appuyer 10 secondes sur le bouton démarrer. Cela va vider les condensateurs et on revient … soit à zéro (ça arrive …) soit à la dernière version correcte. Troisième possibilité, plantage ou « coin-coin » lors de l’OCCT.

La solution est assez simple, augmenter le Vcore, la tension du CPU. On l’augmente de 5 % environ et si ça ne suffit on monte jusqu’à 10%. Parfois augmentation de 5% du Vram peut aider à passer le col. Une fois vérification que l’on a une configuration stable, on recommence à monter le coefficient, jusqu’à arriver au même problème (instabilité). Cette fois ci, on ne touche plus à rien. Le vcore, augmenté de 10 % est déjà beaucoup. Imaginez un CPU qui doit avoir une tension de 1.30 V et prend 1.43 V, c’est beaucoup. Si on part du principe que l’on augmente de 10 % le Vcore, on doit arriver à un gain d’environ 25 % sur le CPU ce qui ferait, ici au moins 4GHz. Attention toutefois cela n’est pas une généralité. Alors comment arriver à 5 GHz ?

2- Et le FSB dans tout ça ?

Et bien on va maintenant jouer sur le FSB, en faisant de petites augmentations. Attention cela va influer sur la fréquence des rams, il faudra parfois faire attention à les underclocker (Si les rams sont de 1600 MHz, on aura le choix entre différentes fréquences, choisir la plus proche de celles de départ, et à privilégier celle du dessous ; 1233/1533/1833, ici choisir 1533 MHz). Voilà, vous savez tout pour peaufiner votre overclocking.

La méthode par FSB est plus lente mais elle a deux avantages : Plus propre (moins de tension sur le VRAM et le VCore) et elle s’applique à tous les processeurs. Ce dernier point est important car certains processeurs ne possèdent pas de coefficient à moduler, il faut tout faire par le FSB.

Au final, vous serez très fiers et contents de pouvoir utiliser votre CPU pleinement, autour de 4 GHz (pour un départ à 3 GHz), sans trop le faire chauffer. Le gain sur les jeux peut parfois être réel, de l’ordre 10-15 FPS.  

 

    • Thibaut COCAIRE

      Testé et approuvé !