Critique – Black Sea

Plongée en eaux troubles avec notre critique de Black Sea. Avec Jude Law et des sous-marins.

Apparition discrète en France le 21 octobre 2015 pour Black Sea de l’Ecossais Kevin MacDonald (réalisateur du Dernier Roi d’Écosse) puisque le film sort directement en VOD et autres Blu-ray sans passer par la case salles obscures. Dans ce thriller psychologique étouffant nous suivons une expédition sous-marine lancée à la recherche d’un trésor oublié, tâché par le sang et la honte. 12 hommes enfermés dans une cage de métal où personne ne peut les entendre crier . Déjà claustrophobes ?

Mer Noire et or jaune

Robinson (Jude Law, Spy) est capitaine de sous-marin. Un métier difficile qui l’a éloigné de sa femme et de son jeune fils qui, peu à peu, l’ont effacé de leur vie. Aussi s’effondre-t-il lorsqu’il est brusquement licencié par la compagnie qui l’emploie. Mais un jour, alors qu’il est au pub avec deux anciens collègues, l’un d’entre eux a un plan qui peut rapporter beaucoup d’argent. La mission est périlleuse mais le jeu en vaut la chandelle : il s’agit de « récupérer » un trésor, des lingots d’or qui dorment au fond de la mer noire, oubliés dans un sous-marin nazi.

affiche Black Sea

Étant donné le caractère quelque peu illégal de l’opération, elle doit rester top secrète et c’est un certain Lewis (Tobias Menzies), richissime homme d’affaires peu recommandable, qui finance le tout. Robinson, qui avait la mine triste et l’œil éteint, retrouve sa motivation d’antan et forme une équipe mi-russe mi-britannique qui se partagera le butin de façon équitable. Ils sont 12 hommes, tout les oppose – parce que c’est toujours comme ça dans les films – et les rivalités ne vont pas tarder à pointer le bout de leur couteau.

Le souci du détail

Kevin MacDonald est un homme de documentaire mais aussi – et surtout – l’homme qui a réalisé en 2006 l’excellent Dernier Roi d’Ecosse, avec Forest Whitaker (Le Majordome) et James McAvoy (X-men : Days of the Future Past). Depuis, ses films passent presque inaperçus. Black Sea n’échappe pas à la règle. Et pourtant ! Cette chasse au trésor contemporaine a de quoi séduire les amateurs d’aventures et de frissons. Les films relatant des expéditions sous-marines ne sont pas très courants et constituent une base solide pour un thriller où la tension règne. Black Sea propose de très belles images de plongée et une esthétique léchée. A l’intérieur du sous-marin (si vous vous procurez le DVD, vous pourrez en visiter un virtuellement), monstre de métal et de rouille, peu de clarté, des espaces exigus et humides, mais sans excès de lumières rougeâtres non plus, on sait rester sobre côté photographie. Si abus il y a, il faut le chercher du côté des personnages et d’un scénario qui a du mal à décoller.

Black Sea : un film inégal

Le film s’ouvre sur le licenciement du personnage principal, avec des dialogues hésitants. Un style qui perdure pendant toute la première moitié du film, durant laquelle on se dit que c’est assez logique que le film fasse un Direct To Video, malgré la promesse de la belle aventure et la belle affiche avec Jude Law dessus. Les hommes recrutés pour descendre au fond de la mer noire ont tous « la gueule de l’emploi ». Fraser (Ben Mendelsohn) est décrit comme un psychopathe et arbore un air machiavélique de bout en bout, Tobin ( Bobby Schofield) est le jeune innocent de la bande et bien entendu, hérite du subtil sobriquet de « puceau ». Et j’en passe. Car les personnages secondaires sont nombreux et au début, on a du mal à savoir qui est qui (dans une moindre mesure que dans Everest, quand même).

Mais, si on attend la chasse au trésor proprement dite, Black Sea accélère la cadence et révèle sa vraie valeur. L’intrigue est prenante et va enfin nous scotcher ! Les personnages vont nous montrer leur vrai visage, celui que la soif de l’or a transformé. Jude Law est d’ailleurs remarquable dans l’expression de cette dualité. Le film de MacDonald ne nous lâche plus, jusqu’au final, brillant et digne des plus grands thrillers. On se dit alors qu’une sortie au cinéma aurait été bien méritée.

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Critique - Black Sea
Une première partie trop lente mais une deuxième vraiment captivante.
Acteurs
Mise en Scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • Les images de plongée
  • Toute la deuxième moitié du film
  • La fin, surprenante (dans le bon sens du terme)
On aime moins
  • Les dialogues maladroits du début
  • Toute la partie avant la mission sous-marine
2.9L'avis
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