Critique – Diary of a Teenage Girl

Notre avis sur le très audacieux Diary of a Teenage girl de Marielle Heller, qui sort directement en VOD.

Dans la collection OVNI de Sony (Objet VOD Non Identifies), je voudrais Diary of a teenage Girl, adaptation d’un  roman de Phoebe Gloeckner. A l’instar de 99 Homes dont nous vous parlions tout récemment, le premier film de Heller est inédit dans les cinémas de l’hexagone. Il va falloir s’habituer, semble-t-il, aux sorties en VOD et ce, quelle que soit la qualité de l’œuvre. Et justement, que nous réserve ce journal intime situé dans le San Francisco de 1976 et encensé par la critique aux Etats-Unis ?

Sexe, drogue et cassettes audio

Diary of a Teenage Girl, c’est l’histoire de Minnie Goetze (Bel Powley), une lycéenne qui vit avec sa petite sœur Gretel, sa mère Charlotte, sexy et dépravée (Kristen Wiig, Seul Sur Mars) et le petit ami de cette dernière, Monroe (Alexander Skarsgard). Comme toutes les filles de son âge, elle a les cheveux longs, des jeans pattes d’éph’ et les hormones en folie. Après sa « première fois », elle commence un journal intime qu’elle enregistre sur des cassettes audio. Afin que personne ne découvre son secret, elle planque tout ça sous son lit, forteresse imprenable s’il en est.

affiche diary of a teenage girl

Dans l’ensemble, Diary of a Teenage Girl est un film qui ose. Le langage est cru et sans fioritures, alors si vous détestez les gros mots ou tout simplement qu’on appelle un chat un chat, ça risque de vous chatouiller un peu les tympans. Les thèmes – des classiques du film d’apprentissage : l’éveil sexuel, la transgression des interdits, les complexes – sont abordés frontalement et sans filtre, tels que Minnie les ressent. Et, cerise sur le gâteau, nous avons droit à l’un des triangles amoureux les plus glauques qui soient. Préparez-vous à être un peu secoués, ce film ne fait rien comme les autres !

You’ll be a woman, soon

Minnie est  le personnage central et la narratrice de ce conte. Ses rêves de romantisme qui se mêlent à ses désirs et à son envie d’une sexualité riche et épanouissante ainsi que ses interrogations sur les relations humaines parleront surtout aux femmes, même celles qui n’ont pas connu la folie des seventies. La réalisatrice capture avec brio et justesse les moments de doute, de courage et les envie de grandeur de de cette jeune femme dont les yeux immenses reflètent à la fois la pureté, la détermination et l’innocence.

Ce qui est intéressant également dans Diary of a teenage Girl, c’est la progression artistique de Minnie. Son initiation sexuelle est complétée par l’affirmation de son style. En effet, elle dessine des comics et ses petits personnages viennent envahir notre écran, prenant ainsi le place des acteurs, ou complétant les posters de la chambre de l’adolescente. L’effet est étrange car ces incursions ne sont pas toujours bien intégrées aux images. Beaucoup de détails nous font vraiment sentir que c’est un premier film, comme les transitions approximatives et le scénario qui se disperse à peu près autant que le sens des responsabilité de la mère de Minnie. Le décor saturé de brun et de orange manque de subtilité et finit par rendre le film fatigant à suivre. Diary of a Teenage Girl marque les débuts derrière la caméra d’une réalisatrice qu’il faudra suivre de près. C’est très audacieux, malgré les maladresses.

Pour un autre article, nous vous conseillons celui de JuneTV, et pour prendre connaissance du catalogue des films OVNI, c’est sur AvoiràLire.

Critique - Diary of a Teenage Girl
Un film sur l'adolescence très osé et juste dans ses propos.
Acteurs
Mise en scène
Scénario
Images et son
On aime bien
  • La justesse du propos
  • Le trio d'acteurs
On aime moins
  • Trop "premier film"
  • L'overdose de couleurs chaudes
2.8L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)
  • Titre : Diary of a teenage girl
  • Année de sortie : 2015
  • Style : Drame
  • Réalisateur : Marielle Heller
  • Synopsis : Dans les années 70 à San Francisco, une adolescente a une aventure avec le petit ami de sa mère.
  • Acteurs principaux : Bel Powley, Alexander Skarsgård, Kristen Wiig