Leïlah Mahi 1932 – Didier Blonde

Didier Blonde fait paraître son roman Leïlah Mahi 1932 aux éditions Gallimard. Une enquête assez singulière dont voici notre critique.

Didier Blonde poursuit sa recherche d’inconnus disparus dans les oubliettes de l’Histoire. Après Un amour sans paroles, consacré à Suzanne Grandais, une vedette du cinéma muet et L’inconnue de la Seine qui évoquait cette adolescente de 15 ans morte noyée et transfigurée « dans un moulage en plâtre reproduit à des milliers d’exemplaires comme autant d’œuvres d’art », Leïlah Mahi 1932 cherche à reconstruire la vie de cette femme dont l’auteur tombe sur la photo accrochée à une urne funéraire du columbarium du Père Lachaise. L’enquête commence et notre critique lui emboîte le pas.

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Une enquête en trompe-l’œil

Leïlah Mahi 1932 nous fait suivre dans un premier temps les recherches que mène l’auteur Didier Blonde pour obtenir des éclaircissements sur ce simple nom et cette date. On songe très vite au magnifique Dora Bruder de Patrick Modiano qui revendique le titre de roman. Mais là avec les traditionnels courriers adressés aux administrations, archives et services d’état-civil qui pourraient l’aider à éclaircir l’énigme Leïlah Mahi, l’auteur laisse sa sensibilité transparaître, ses questionnements personnels qui le ramènent à des œuvres antérieures notamment celle sur l’actrice Suzanne Grandais dont il avait retrouvé un des plus fous admirateurs. Une promenade personnelle et intellectuelle bien écrite mais qui ne nous apprend finalement peu, ou très peu sur cette dame comme si elle n’avait été peut-être qu’un motif trouvé là pour dévoiler quelque chose de plus profond chez l’auteur. Ce n’est pas un roman donc, mais plutôt une enquête incomplète qui se prolonge par un récit plus personnel.

La lente marche vers la création

Leïlah Mahi 1932 sort ainsi de l’enquête proprement dite qui devient même secondaire au fil des réflexions que livre Didier Blonde tout en poursuivant ses recherches. Une sorte d’auto-confession qui tourne autour des thèmes de femmes disparues sur lesquelles l’auteur s’est déjà penché et épanché lors de ses précédents livres.

De quoi ne nous souvenons-nous donc pas assez, je te le demande. A ces questions que je me pose depuis longtemps sans les formuler aussi nettement, qui me renvoient à moi-même, je le dis que si j’avais la réponse je cesserais d’écrire. (Leïlah Mahi 1932, pp.105-106)

Car très vite et, c’est dommage, peut-être de façon un peu trop discrète, comme un voile tendu à travers lui et son public afin de s’abriter, de se protéger, on sent que c’est l’écrire, la création même de ses livres que l’auteur souhaite ajouter à sa recherche sur cette Leïlah Mahi. Avec un goût plaisant, agréable mais qui ne reste pas en bouche.

Un autre avis sur Leïlah Mahi 1932http://www.lesinrocks.com/2015/10/06/livres/778427-11778427/

Leïlah Mahi 1932 - Didier Blonde
Leïlah Mahi 1932 raconte l'itinéraire d'un écrivain parti à la recherche d'une femme en même temps que les raisons pour lesquelles il écrit ce roman.
Histoire
Personnages
Style
On aime bien
  • L'originalité du sujet
On aime moins
  • La brièveté du livre
  • Le peu d'informations sur Leïlah Mahi
3.0L'avis
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