Supergirl – Le Pilote

Pour sa rentrée 2015, CBS s’élance avec Supergirl, une nouvelle série de superhéros dans un planning du genre déjà bien chargé. Entre Arrow chez CW et Daredevil chez Netflix, Supergirl va-t-elle convaincre ?

Présentation de Supergirl

Faites la connaissance de Kara Danvers, une jeune femme presque comme les autres. Son grand secret ? De son vrai nom Kara Zor-El, elle est la cousine de Superman et possède les mêmes pouvoirs que lui, à la différence près qu’on lui a appris à ne pas les utiliser. Employée dans un grand média de la ville de National City, elle laisse la vérité éclater au grand jour et devient Supergirl, une super-héroine !

Supergirl Melissa Benoist

Pour clarifier les choses en ce qui concerne Supergirl, non, il ne s’agit d’un spin-off officiel du film Man of Steel, même si l’on aperçoit brièvement Superman. Contrairement aux séries Marvel, comme Agents of SHIELD ou encore Agent Carter, les séries DC Comics sont indépendantes des sorties cinéma. Mais Melissa Benoist (vue à partir de la saison 4 de Glee) qui interprète Kara ne devrait peut-être pas rester seule à National City. En effet, si Supergirl est diffusée sur CBS et Arrow et The Flash sur CW, l’idée d’un cross-over reste envisageable… et envisagée : CW est une chaine détenue par la CBS Corporation, et deux producteurs de Arrow et The Flash, Greg Berlanti et Andrew Kreisberg, sont également présents sur le projet Supergirl. Reste à attendre la nouvelle officielle pour confirmer cet univers partagé, qui verra peut-être le jour avec la future série DC’s Legends of Tomorrow.

Quel avis sur Supergirl ?

Si en soit, l’univers partagé n’est pas une mauvaise idée, notamment aux vues du succès chez Marvel, Kara peut-elle s’intégrer dans l’équipe d’Oliver Queen et Barry Allen ? Sincèrement, cela risque d’être compliqué. Là où les films et les séries issus de comics deviennent plus sérieux voire sombres, Supergirl prend l’exact contrepied de ce genre d’ambiance dès son épisode pilote. Supergirl, cela ressemble plutôt à un cupcake rempli d’humour potache à la sitcom, avec un glaçage plein de jolies couleurs et fourré d’un scénario format post-it.

Commençons par le commencement : le personnage de Kara. Incarnée par Melissa Benoist, Kara est une jeune femme parfaitement banale presque nunuche sur les bords qui, si elle peut résister aux balles et soulever des voitures, se préoccupe plus de la longueur de la jupette de son costume que de son rôle en tant que super-héroïne. Oui, cet épisode pilote comporte même un passage en « clip-show », c’est-à-dire une ellipse accompagnée d’une bande-son, pour illustrer l’évolution de son costume. Si le clin d’œil aux anciens costumes de l’héroïne est mignon, il enrobe cette nouvelle Kara d’un effet trop enfantin, trop « girly ». Il s’agit ici de toute la contradiction de Kara/Supergirl soulevée dès cet épisode pilote. Elle est une super-héroïne, et non un super-héros. Bien qu’elle soit une femme, elle est aussi forte que Superman lui-même. Ce propos clairement féministe, prévisible, mais dans l’air du temps, est littéralement gâché par l’écriture du personnage principal qui est pour l’instant insipide en tant que Kara, et transparente en tant que Supergirl. Dans les faits, rien n’amène vraiment Kara à devenir Supergirl si ce n’est pour faire comme Superman, comme si la décision ne venait pas vraiment d’elle. Kara/Supergirl n’existe que pour être un homologue féminin de Superman. On ne demandait pas non plus un monologue shakespearien « To be or not to be Supergirl ?”, mais un minimum de psychologie permet à un personnage d’être crédible. Avec une telle ambiguïté entre ce que le propos veut exprimer et ce que la caméra reflète vraiment, difficile de la prendre au sérieux. L’introduction façon Le Diable S’Habille En Prada n’arrange rien non plus, avec Kara en Anne Hathaway façon godiche et sa patronne en fausse Miranda Priestly, mais sans Meryl Streep. Un tel manque d’originalité dans la réalisation appuie cet aspect ersatz de Superman.

Malgré tous ces défauts, ici, il n’y a rien de méchant en soi, si ce n’est une déception plutôt palpable. L’ennui, c’est le manque de cohérence et de crédibilité vis-à-vis des univers auxquels cette série Supergirl est censée se raccrocher. Son ambiance rappelle plutôt Superman Returns que Man of Steel. Pas de souci en soi, mais cela ne correspond en rien avec les environnements de The Flash et Arrow. Difficile de croire qu’un univers partagé est soi-disant en préparation. Loin de nous l’idée de vouloir tirer sur l’ambulance, on espère malgré tout que ces vilains défauts seront gommés dans la suite de cette première saison pour que Supergirl ne fasse pas partie de ces projets annulés aussi vite qu’ils ont été annoncés. Pour les personnes perplexes, nous vous invitons à vous faire un premier avis avec ce trailer officiel.