Critique – Les deux amis

Les deux amis. Une amitié suspendue au fil de l’amour.

Présenté à Cannes dans la catégorie Semaine de la critique, Les deux amis est le premier film de Louis Garrel, le fils de Philippe Garrel (L’ombre des femmes dont on a parlé ici). Il s’agit plutôt de son premier long-métrage puisqu’il avait réalisé avec les mêmes acteurs un court-métrage intitulé La règle de trois. Ayant vu Les deux amis totalement par hasard puisque je me suis retrouvé par erreur dans la salle qui le projetait, ce film m’a-t-il réservé une bonne surprise?

 

Affiche du film Les Deux Amis

Les deux amis, un remake des Caprices de Marianne

Assez proche de la pièce de Musset par l’intrigue puisque Clément (Vincent Macaigne), amoureux éconduit par Mona (Golshiftey Farahani), demande à son ami Abel (Louis Garrel) d’aller la trouver pour lui demander de le recevoir, Les deux amis s’en démarque sur plusieurs points : Mona a un secret que le spectateur connaît avant les personnages. Elle se trouve en liberté conditionnelle et doit réintégrer chaque soir la prison, elle n’est pas mariée et la fin, comme nous le verrons par ailleurs, n’est pas du tout dans le même registre. Abel tombe amoureux de Mona et force Clément, être fragile, à un acte héroïque stupide : empêcher Mona de prendre le train qui la reconduira à la prison afin d’avoir une explication franche avec elle et la convaincre de son amour.  Mais par son acte, il la transforme en fugitive et il ne récolte qu’un aveu ferme de Mona : elle ne l’aime pas.

Un film qui sombre dans un certain narcissisme

Vont s’ensuivre des chevauchées à travers Paris, dans lesquelles chacun des deux amis poussent ses pions en direction de Mona au risque de briser leur bonne entente et leur amitié. Chacun tire avantage des caractéristiques de son personnage, Clément de sa fragilité et son amour idéalisé et Abel joue de la séduction et d’une certaine duplicité par rapport à Clément. Ce trio amoureux classique parvient à sortir des cadres habituels du genre par l’excellent jeu d’acteurs avec une mention spéciale à Vincent Macaigne, encore sensationnel comme dans la scène dans l’escalier où, en présence de Mona, il lâche son ami Abel en lui reprochant son égoïsme sans savoir qu’Abel a trahi sa confiance. Le film fait circuler le désir entre les trois personnages mais pèche par un excès inutile de mise en lumière d’Abel en séducteur invétéré, phénomène d’autant plus désagréable que Louis Garrel est le metteur en scène, et que le traitement intéressant de ce trio amoureux aurait sans doute mérité davantage de profondeur dans les sentiments. Dommage car le film gâche par ce travers narcissique toute l’originalité qu’il avait laissé entrevoir, comme s’il n’avait osé franchir le seuil du tragique comme dans Les Caprices de Marianne où l’amoureux meurt, pris pour un autre.

Vous pouvez trouver un autre avis sur Les deux amis sur Critikat.

Critique - Les deux amis
Clément aime Mona qui n'aime pas Clément mais va aimer Abel venu la rencontrer pour aider son ami Clément.
Mise en scène
Acteurs
Scénario
Image et son
On aime bien
  • Le trio amoureux plutôt bien rendu
  • Vincent Macaigne
On aime moins
  • L'auto-célébration de Louis Garrel
2.9L'avis
Note des lecteurs: (1 Vote)
  • Marilyne breant

    Je suis fan de ton introduction « je me suis retrouvé là par erreur » 🙂