N’éteins pas la lumière – Tome 3 – Bernard Minier

N’éteins pas la lumière, le troisième roman de Bernard Minier est paru en 2014. Il vient de sortir aux éditions Pocket.

N’éteins pas la lumière est le dernier opus très attendu de Bernard Minier, publié après Glacé et Le cercle. Face au succès rencontré avec ses deux précédents tomes, la pression devait être forte pour Bernard Minier, auteur de thriller connu et reconnu. Allait-il récidiver ?

N’éteins pas la lumière, le troisième polar très documenté de Bernard Minier traite de l’emprise, la manipulation mentale, la violence faite aux femmes et la vengeance. Il nous emmène dans les coulisses d’une radio (beaucoup plus active que Radio France actuellement 😉 ), mais également dans le secteur de l’aéronautique, plus particulièrement dans la cité des étoiles près de Moscou, centre d’entraînement des spationautes.

N’éteins pas la lumière, un roman qui nous plonge dans les ténèbres

« Tu l’as laissée mourir… »
Le soir de Noël, Christine Steinmeyer, animatrice radio à Toulouse, trouve dans sa boîte aux lettres le courrier d’une femme qui annonce son suicide. Elle est convaincue que le message ne lui est pas destiné. Erreur ? Canular ? Le lendemain, en direct, un auditeur l’accuse de ne pas avoir réagi afin d’éviter le suicide de cette inconnue. Il n’est plus question de malentendu. Et bientôt, les insultes, les menaces, puis les incidents se multiplient, comme si quelqu’un cherchait à prendre le contrôle de son existence.

Celle-ci repéra tout de suite le numéro 1 sur la liste. Trente-cinq ans. Architecte. Célibataire. La coordinatrice l’avait annoté avec enthousiasme : « Intelligent, question pertinente, voix agréable, facilité d’élocution, léger accent : parfait. » Comme d’habitude, elle décida de le garder pour la fin. Elle fit signe à Igor d’ouvrir la ligne 2.
– Première question, dit-elle. Nous accueillons Reine. Bonjour, Reine. Vous habitez Verniolle, vous avez quarante-deux ans et vous êtes institutrice.
L’auditrice de la ligne 2 fournit quelques sommaires données biographiques, comme on lui avait demandé de le faire, puis elle posa sa question. Le psychiatre se jeta dessus avec gourmandise. Sa voix ronronnait. Christine allait le regretter quand il serait parti pour un destin national.
Elle invita ensuite le psy à répondre à un SMS. Puis elle donna la parole à Samia, ligne 3.
– Merci, dit Christine quand le psy eut une nouvelle fois répondu. Une dernière question ? Mathias, c’est à vous.
Le numéro 1.
9 h 30. Elle fit signe d’ouvrir la ligne.
– Ça ne te gêne pas d’avoir laissé quelqu’un mourir ?
Pendant une fraction de seconde, la stupeur la cloua sur place. La voix était puissante et insinuante. Un timbre bas, chaud et profond à la fois, des inflexions vaguement sifflantes. Elle évoquait une bouche prompte à murmurer des confidences ou des menaces dans le creux de l’oreille – et une personnalité capable de les mettre à exécution… Quelque chose de rampant et de glissant… Sans savoir pourquoi, elle eut l’impression que le type qui parlait était dans le noir, dans l’obscurité. Un long frisson la parcourut et elle se demanda si son cerveau n’était pas tout simplement en train de déformer des paroles beaucoup plus anodines.

Tout ce qui faisait tenir Christine debout s’effondre. Avant que l’horreur ne fasse irruption. Dans les ténèbres qui s’emparent de sa vie, la seule lueur d’espoir pourrait bien venir d’un certain Martin Servaz. Oui mais voilà, dans N’éteins pas la lumière, Martin Servaz est à bout. Depuis sa dernière enquête, il a perdu la raison. Diagnostic : dépression sévère.  Il a atterri dans une maison de repos où il sombre. Mais le jour où il reçoit un paquet contenant une clé magnétique, son instinct de flic se réveille. Il s’agit d’une clé d’une chambre d’hôtel dans laquelle un an plus tôt une femme s’est suicidée. Un lien entre les deux affaires. Parviendra t-il à faire toute la lumière ?

N'éteins pas la lumière, tome 3  de Bernard Minier avis critique

N’éteins pas la lumière, un polar lumineux

Martin Servaz va alors rencontrer Christine et reprendre ainsi officieusement du service. C’est alors un défilé de personnages qui débute et autant de suspects possibles qui vont nous mener des ondes à l’espace. Dans N’éteins pas la lumière, tout s’enchaîne. Les chemins des uns et des autres se croisent, s’entrecroisent et nous voici baladés par Bernard Minier au cœur de l’intrigue, le tout bercé au rythme des airs d’opéra.

Ayant quitté un Martin Servaz en piteux état dans Le cercle, on était en droit de se demander comment Bernard Minier allait le faire revenir au premier plan dans ce 3ème opus N’éteins pas la lumière. Justement, même s’il est toujours présent Martin Servaz reste subtilement en retrait, le temps pour lui de se refaire une santé. Même si ce retrait m’a un peu gênée, je dois bien reconnaître que l’intrigue de N’éteins pas la lumière est extrêmement bien ficelée, à tel point qu’il est impossible d’en anticiper la fin. Cette pauvre femme, Christine, est tellement broyée par les évènements, que cela en devient suffoquant.

Je dois bien le reconnaître, N’éteins pas la lumière est une réussite.

3 romans et 3 succès. Pas de doute, la recette de Bernard Minier qui privilégie les atmosphères oppressantes, la violence psychologique et les personnages complexes, fonctionne à merveille et N’éteins pas la lumière le prouve. Non, Bernard Minier n’a rien à envier aux grands écrivains de thriller, il en est lui-même un. Il est de ceux qui méritent le succès qu’il a et gagne à être lu.

Lisez N’éteins pas la lumière.
Et le 23 avril prochain le prochain roman de Bernard Minier est annoncé sans Martin Servaz.
Wait and see !

N'éteins pas la lumière - Tome 3 - Bernard Minier
N'éteins pas la lumière, dernier opus de Bernard Minier, la suite de Glacé et du Cercle est un très bon thriller qui permet à Bernard Minier d'assoir sa notoriété dans le milieu du polar. Dans ce tome 3 son personnage principal, Martin Servaz qui a sombré dans la dépression reprend peu à peu du service.
Style
Personnages
Intrigue
On aime bien
  • L'intrigue toujours très bien ficelée
  • La musique toujours omniprésente
  • La plume de Bernard Minier
On aime moins
  • Le début du livre qui peine à trouver son rythme
  • La mise en retrait de Servaz
3.6Note Finale
Note des lecteurs: (3 Votes)
    • http://avisdupublic.net/ @AimeCinema

      Tiens, ce troisième tome paraît un peu en retrait. Pas grave, tu m’as clairement donné envie de m’intéresser à cet auteur, notamment le précédent…